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Après un 28e suicide dans leurs rangs, les policiers tirent la sonnette d'alarme

logo de BFMTV BFMTV 19/04/2019 Ambre Lepoivre

Au lendemain de l'annonce du 28e suicide de policier en France depuis le début de l'année, tous les syndicats des forces de l'ordre appellent à la mobilisation. Rassemblés devant les commissariats, les forces de l'ordre réclament une amélioration de leurs conditions de travail, du management et attendent que cesse la haine anti-flic.

Des agents de police. (Photo d'illustration) - © AFP Des agents de police. (Photo d'illustration) -

"Policiers en deuil." Sur des pancartes, les policiers portent ce vendredi la mort de leurs 28 collègues qui se sont suicidés depuis le début de l’année. A l’appel de tous les syndicats des forces de l’ordre, ils sont nombreux à s’être rassemblés devant les commissariats du pays pour réclamer des mesures concrètes au gouvernement et ainsi endiguer le fléau des suicides qui touche tous les secteurs de la police.

"C'est l'hécatombe"

Jeudi, un agent de l'unité d'éducation et d'information routière âgé de 25 ans s’est donné la mort à son domicile de Villejuif. Le même jour, un capitaine de police de la sûreté départementale de l’Hérault s’est suicidé dans son bureau de Montpellier tandis que dimanche 14 avril un officier de la direction de l'ordre public et de la circulation s’est tué à Paris.

"C’est l'hécatombe depuis le début de l’année, du jamais vu", déplore au micro de BFMTV Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative police.

En seulement 4 mois, 28 policiers se sont suicidés contre 35 sur toute l’année 2018. "Les agents n’en peuvent plus d’avoir un week-end de repos seulement toutes les six semaines. On réclame un week-end entier de repos une semaine sur deux et un jour de repos par semaine, une semaine sur deux. Il faut s’attaquer aux causes en amont au lieu de parler des conséquences", explique-t-il.

"Fonctionnements inhumains"

Au rythme de travail harassant s’ajoutent "des fonctionnements inhumains. On n’a pas le temps de prendre des cafés pour créer du lien avec les collègues, il faut sortir et rédiger des mains courantes pour augmenter les statistiques et montrer qu’on est dehors", dénonce Linda Kebbab, déléguée nationale Unité SGP Police-FO.

La jeune femme reproche également aux dirigeants de la police de faire peser sur les effectifs une pression difficile à supporter alors que les policiers accumulent fatigue et heures supplémentaires. Un rapport sénatorial rendu en juin 2018 indique que les forces de l’ordre ont accumulé 21,82 millions d’heures supplémentaires, soit, en moyenne, 158 heures par agent. "On nous traite comme des numéros", tance Linda Kebbab.

Pour faire entendre leurs doléances, les policiers de tout l’Hexagone étaient donc mobilisés ce vendredi. Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat SGP Police-FO, se réjouit de cette action commune: "C’est la première fois que nous nous retrouvons tous grades et services confondus pour lutter contre ce fléau." Le syndicaliste attend que soit "diagnostiqué le mal qui ronge les rangs de la police pour trouver le remède".

Mesures concrètes

"On veut un plan d’urgence. Le ministre a annoncé quelques pistes de travail et nous allons y être très attentifs car les policiers souffrent sur le terrain et dans leur commissariat. Il faut endiguer ce phénomène infernal", prévient Olivier Hourcau, secrétaire général adjoint d’Alliance.

La semaine dernière, le ministre de l’Intérieur a fait quelques propositions. Il souhaite notamment mettre en place un numéro de téléphone accessible 24 heures sur 24. Il a également promis l’accélération de la mise en œuvre d’un plan anti-suicide qui avait déjà été lancé par son prédécesseur.

Mais les forces de l'ordre restent sceptiques. Ce week-end, 60.000 policiers et gendarmes seront encore mobilisés pour accueillir le 23e samedi de mobilisation des gilets jaunes qui s’annonce tendu, avec un possible retour des casseurs. "Les collègues vont encore aller au casse-pipe", appréhende Linda Kebbab.

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