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Bannon-Le Pen : les coulisses d'une explication

logo de Le Figaro Le Figaro 12/10/2018 Charles Sapin

figarofr © PHILIPPE HUGUEN/AFP figarofr

L'ancien conseiller de Donald Trump et la présidente du RN se sont rencontrés à Paris, jeudi matin, pour une mise au point.

L'explication était inéluctable. Peut-être en raison de la douceur du temps romain, lundi dernier, mais Steve Bannon n'avait pas vraiment anticipé la foudre que lui destinait, ce jour-là, la capitale italienne. «Bannon n'est pas issu d'un pays européen, il est Américain [...] La force politique qui naîtra des élections en Europe c'est nous, et nous seuls, qui la structurerons. Car nous sommes attachés à notre liberté et à notre souveraineté», lui avait asséné Marine Le Pen depuis Rome, lors d'une conférence commune avec le chef de la Ligue, Matteo Salvini. Une fin de non-recevoir sans aucune ambiguïté au projet de «fondation» de l'ancien conseiller de Donald Trump, ayant initialement pour but de créer des ponts entre les partis de la droite radicale en Europe, dont il défendait encore les bases, le matin même dans une interview au Figaro.

Une sortie, dont la retranscription dans les médias, a été assez mal vécue par l'intéressé. Pour cause, l'homme a été habitué à plus de bienveillance venant du Rassemblement national. Ce parti qui a fait de lui l'invité vedette de son dernier congrès en mars, et dont l'influent député des Pyrénées-Orientales, Louis Aliot, assurait encore au mois de septembre dans l'Opinion: «Il a fait gagner Trump et si demain il peut nous aider à faire de même […] nous adhérerons très certainement à son projet.» 

Un malentendu linguistique

Très vite après les propos de Marine Le Pen, Steve Bannon a partagé par mail son incompréhension avec l'entourage de la députée du Pas-de-Calais. «Il y a un sujet, il faut qu'on se voit», signe-t-il. Cela tombe bien, la cheffe de file du Rassemblement national a, parallèlement à ses propos publics, formulé en privé le souhait de rencontrer le conseiller américain pour «une clarification». «Ils avaient besoin de se rencontrer. Il fallait faire un point rapidement d'autant que Bannon n'est pas souvent en France, concède Jérôme Rivière, membre du bureau national du RN, qui en raison de sa proximité avec Steve Bannon, joue les intermédiaires. Il fallait s'assurer qu'on disait bien tous la même chose. Il n'est pas question pour Bannon de fonder ou d'avoir l'action d'un parti politique. Les partis nationaux ont suffisamment d'expérience pour mener campagne. Mais il veut mettre son expérience de l'analyse des sondages, des données, au service de ce projet d'Europe des Nations.»

L'homme d'affaires conservateur a donc fait l'aller-retour par avion, jeudi matin depuis Londres, pour échanger à Paris avec Marine Le Pen, comme l'a rapporté Louis Aliot sur BFMTV ce vendredi matin. L'entretien, qui a duré un peu plus d'une heure, s'est déroulé dans un lieu neutre, ni à l'Assemblée nationale, ni au siège du parti à Nanterre. «Il m'a confirmé sans ambiguïté que son intention n'est pas d'intervenir politiquement en Europe, mais de créer un think tank qui permette des recherches, des études et des colloques sur des sujets importants qui touchent à des préoccupations communes [...] comme la mondialisation sauvage, la financiarisation de l'économie, les migrants», livre la patronne du RN à l'AFP.

«C'était une très bonne réunion, confirme Jérôme Rivière, également présent. Bannon veut en fait créer une sorte d'ONG qui va organiser des dîners, des débats, des conférences avec des personnes qui sont dans le périmètre large de la politique. Il y a eu un malentendu peut-être en raison du nom qu'il veut donner à sa fondation, The Movement, qui en anglais, veut dire justement tout l'inverse d'un parti politique. C'est typiquement un faux ami en français.»

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