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Benalla règle ses comptes avec les services de sécurité du président

logo de Le Figaro Le Figaro 26/07/2018 Le figaro.fr

Dans son interview au Monde, l'ancien membre du cabinet d'Emmanuel Macron estime que le Groupement de sécurité de la présidence de la République (GSPR) est «l'enfant terrible de l'Élysée».

figarofr: Alexandre Benalla derrière Emmanuel Macron, le 11 juin 2017. © PHILIPPE WOJAZER/REUTERS Alexandre Benalla derrière Emmanuel Macron, le 11 juin 2017.

Alexandre Benalla n'a pas sa langue dans sa poche. Ses commentaires peuvent même se faire acerbes, surtout lorsqu'il aborde le domaine dont il était considéré comme l'expert au cabinet présidentiel: la sécurité du président. Dans l'interview qu'il a donnée au Monde, jeudi matin, il n'est pas tendre avec le Groupement de sécurité de la présidence de la République (GSPR) et Service de la protection (SDLP).

Le GSPR, composé de policiers et de gendarmes, est le responsable officiel de la sécurité du président. C'est à lui seul que revient cette mission, et «personne d'autre», rappelle Alain Le Caro, fondateur de ce service bien particulier. «Ça ne peut pas se partager. C'est lui qui définit avec les autorités, et notamment les préfets, les mesures générales à prendre lors des déplacements.» Un rôle qui semble parfois se recouper avec les missions de «coordination» que l'Élysée avait attribuées à Alexandre Benalla. Une situation qui semble avoir créé certaines tensions au Palais. L'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron juge ainsi que «le GSPR, c'est l'enfant terrible de l'Élysée».

Frictions

Benalla explique que ses fonctions l'obligeaient à être «toujours présent» pour «s'occuper des affaires privées du président». Et ce, aux côtés du GSPR. Sauf que les hommes qui le composent «ne sont pas du tout dans l'organisation. Eux ne prennent en compte que la sécurité. Par exemple, si le président va au théâtre, moi je vais tenir compte de la tranquillité du couple présidentiel, de l'image du président.»

Une proximité qui entraîne parfois des frictions, «sous forme de non-dits». Au Monde, Benalla explique: «Moi, j'ai toujours fait les choses, non pas pour ma personne, mais dans l'intérêt du président. Mais il y a des gens qui sont formatés d'une autre façon. On fait le sale boulot. Et on s'expose forcément. Et quand on s'expose face à ce type de personnes, ils vous disent “oui” avec un sourire, mais ils n'oublient pas… Je ne fais pas partie du club. Je le ressens mais je dois en faire abstraction, car la seule chose qui compte c'est que le président soit bien.»

Réorganisation

Celui qui n'est pas du sérail juge ainsi qu'il y a des «incohérences» qui sont «complètement incroyables» dans l'organisation de la sécurité présidentielle. «Si demain il y a une cohabitation, vous avez la sécurité qui est sous la main du ministre de l'intérieur», tacle-t-il.

Il n'oublie pas dans ces critiques le Service de la protection (SDLP), qui chapeaute le GSPR. Il explique que le SLDP «n'a pas accès aux déplacements du président de la République, c'est leur rêve, ils nous appellent dix fois par jour pour être dans l'avion avec le président. Ils n'ont qu'un pouvoir de nuisance qu'ils savent mettre en œuvre si vous ne leur donnez pas ce qu'ils veulent, le SDLP.»

Si Alexandre Benalla n'est pas tendre avec la sécurité présidentielle, c'est aussi qu'il pense qu'il leur doit sa chute. Il estime que la réorganisation en cours de la sécurité du président n'a pas plu à certaines personnes «autour» de Gérard Collomb. «Des politiques et des policiers, précise-t-il. On avait bien avancé [dans le projet], mais on avait en face un ministère de l'Intérieur qui refusait de participer à l'élaboration de cela.»

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