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Ce qu'il faut retenir de l'entretien d'Emmanuel Macron au Point

logo de BFMTV BFMTV 31/08/2017 Robin Verner avec AFP
© Fournis par BFMNews

Jusqu'ici Emmanuel Macron était resté bien mutique devant la presse.

Visiblement, il était désormais question pour lui d'écarter cette critique et de s'étendre, plus en longueur, sur ses premiers mois à l'Élysée, ses intentions, sa vision de la présidence de la République. Le magazine Le Point, diffusé ce jeudi, publie un entretien-fleuve du chef de l'État mené par trois de ses journalistes. Emmanuel Macron, particulièrement disert, a évoqué de nombreux sujets, dont huit retiennent particulièrement l'attention.

La réforme du Code du travail

Ce jeudi n'est pas seulement la date de parution de cet entretien, elle est aussi celle de l'annonce des ordonnances gouvernementales rédigées pour réformer le Code du travail. Emmanuel Macron a consacré une bonne part de son propos à développer cette thématique. Pour lui, il importait d'assurer que l'essentiel ne tiendrait pas aux textes eux-mêmes: "Le but de l'action n'est pas de réformer le Code du travail ou de réduire les déficits publics, de transformer la gestion de l'État ou de réformer la fiscalité. Ce sont des moyens, des instruments, pour parvenir à autre chose : la libération des énergies".

Il a justifié sa politique économique et sociale en explicitant son approche de la situation économique actuelle: "Nous vivons un mouvement inéluctable de transformation du travail, car nous sommes entrés dans une économie de l'innovation, des compétences et du numérique. La norme qui consistait à travailler toute sa vie dans le même secteur, voire dans la même entreprise, est révolue." Il a poursuivi: "Les parcours seront moins linéaires, connaîtront plus d'évolutions, parfois de manière heurtée. Le chômage n'est plus un accident de la vie, mais un risque d'autant plus prégnant que le besoin de transition professionnelle s'accentue. C'est une révolution copernicienne."

La hausse de la CSG

Emmanuel Macron a aussi détaillé une autre page de son programme financier: sa volonté de baisser les cotisations salariales grâce à une hausse de la CSG. "Les contributeurs nets (de la hausse de la CSG) seront les 60% de retraités les plus aisés -dont la plupart s'y retrouveront avec la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des Français", a-t-il dit.

Il a voulu étayer cette orientation: "Les pauvres d'aujourd'hui sont souvent moins les retraités que les jeunes. Je leur demande donc, pour les plus aisés, un effort, je l'ai dit. Et leur effort permet de récompenser le travail".

La baisse des APL

Un sujet polémique s'est invité dans la discussion: celui de la baisse de cinq euros des APL. Il a expliqué envisager d'aller plus loin mais "seulement dans le cadre d'une transformation profonde qui doit faire baisser les loyers". Il s'agit, selon le président de la République, de contrebalancer ces efforts par un "choc d'offres" qu'il a brossé à grands traits: "Il faut libérer le droit de l'urbanisme, les procédures, réduire les coûts, les normes, libérer le foncier public et parapublic plus fortement en permettant de vendre à bas prix, simplifier ces règles en ciblant en particulier les zones tendues, c'est-à-dire le Grand Paris, Lyon et la frontière suisse, ainsi qu'Aix-Marseille".

L'université

Mais l'annonce-surprise était ailleurs. Au détour de ces propos économiques, Emmanuel Macron n'a pas hésité à parler d'une "révolution de l'éducation" pour "cette rentrée, puis lors de la suivante". "Nous ferons en sorte que l'on arrête, par exemple, de faire croire à tout le monde que l'université est la solution pour tout le monde. Et on ne tirera plus les gens au sort !" a-t-il lancé, semblant rouvrir le débat sur la sélection à l'entrée de l'université.

L'affaire du général Pierre de Villiers

Emmanuel Macron est également revenu sur une controverse qui a éclaté au coeur de l'été: l'affaire du général Pierre de Villiers, le chef d'État-major des Armées, démissionnaire le 19 juillet dernier du fait de son opposition à la politique budgétaire à laquelle les forces françaises se retrouvaient astreintes pour l'exercice 2017. Emmanuel Macron a cherché à relativiser l'ampleur de l'inquiétude des militaires:

"Non, il y a eu une tempête dans un verre d'eau car les gens ont perdu le sens de ce qu'est la Ve République et de son fonctionnement. D'ailleurs, si je n'avais réagi comme je l'ai fait, les mêmes auraient dit que j'étais un chef des armées faible. Nous sommes dans un système – voulu par un homme dont la formation première était militaire – où l'autorité militaire rend compte à l'institution civile et politique, et non le contraire", a-t-il déclaré.

Sa formule, "Je suis votre chef!", prononcée devant des membres de l'armée a parfois été mal perçue, la regrette-t-il? "Pas de regret, je l'assume totalement", a-t-il répondu.

La lutte contre le terrorisme

L'armée est, entre autres, mobilisée pour lutter contre le terrorisme sur notre territoire et sur les théâtres d'opérations extérieures. Emmanuel Macron a aussi dit son mot concernant cette menace. Il a d'abord livré une définition du phénomène jihadiste: "D'un côté, dire que le terrorisme que l'on connaît aujourd'hui n'a rien à voir avec un islamisme politique est faux. Mais, de l'autre, dire que c'est un terrorisme 'islamique ', comme le proclament certains responsables politiques, est une erreur".

Il a ensuite ajouté: "C'est pourquoi notre réponse au terrorisme ne peut être que multiple, afin d'y inclure toutes ces dimensions. Elle doit être à la fois sécuritaire, économique, culturelle et éducative."

Politique étrangère et Europe

Emmanuel Macron a posé qu'il espérait que la France redevienne "une grande puissance tout court". Il a peu après lié ce désir au sujet européen: "La France doit permettre à l'Europe de devenir leader du monde libre." Il a aussi commenté son échange tendu, la semaine dernière, avec l'exécutif polonais qui ne veut pas revoir la directive sur le travail détaché, contrairement au président français.

"La Première ministre polonaise, alors même que nous menons des discussions constructives sur le travail détaché et que je suis en Roumanie pour évoquer ce sujet, déclare qu'elle ne changera pas sa position d'un millimètre. Je dénonce sans détour cette approche et, plus largement, une politique très préoccupante du gouvernement polonais, qui remet en cause la solidarité européenne et même l'État de droit", a posé Emmanuel Macron.

Pour le reste, il a assuré qu'il "parlait à tout le monde" parmi les chefs d'État et de gouvernement, de Donald Trump à Vladimir Poutine, en passant par le Turc Recep Tayyip Erdogan. S'il a évoqué un "différend absolu" avec son homologue russe à propos de l'Ukraine, il a aussi fait état de progrès dans le dossier syrien: "Si Vladimir Poutine m'aide à avancer sur ces sujets, nous pourrons avoir des points de convergence. Nous avons avancé sur les armes chimiques. J'ai le sentiment que la position russe a changé depuis notre conversation à Versailles. C'est cela, ma stratégie : avoir un discours de vérité et de pragmatisme."

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