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Comment Emmanuel Macron et Angela Merkel ont relancé le "moteur franco-allemand"

logo de leJDD leJDD il y a 5 jours Redaction JDD
Passé inaperçu du fait de la visite surmédiatisée de Donald Trump à Paris, le Conseil franco-allemand de jeudi a permis de relancer des chantiers cruciaux. © Reuters Passé inaperçu du fait de la visite surmédiatisée de Donald Trump à Paris, le Conseil franco-allemand de jeudi a permis de relancer des chantiers cruciaux.

Passé inaperçu du fait de la visite surmédiatisée de Donald Trump à Paris, le Conseil franco-allemand de jeudi a permis de relancer des chantiers cruciaux.

En allemand, l'expression "couple franco-allemand" n'existe pas. Trop romantique sans doute. Dans la langue de Ferdinand Porsche ou de la famille Daimler, on préfère parler de "moteur franco-allemand". Un moteur qui vrombit après des années de ronronnement, estime la presse à l'issue du 19e Conseil des ministres commun aux deux pays, organisé jeudi à Paris. La métaphore est filée d'autant plus facilement dans l'ensemble des médias outre-Rhin que ce Conseil a été marqué par l'annonce d'un projet d'avion de combat commun. "À plein gaz vers plus de coopération" écrit le Frankfurter Allgemeine Zeitung, "un moteur hurlant et l'idée européenne prend de la hauteur", selon la chaîne de télévision ARD.

Au-delà de la volonté d'intensifier la coopération matérielle, avec la perspective de se doter des mêmes avions de combat de nouvelle génération, mais aussi d'engins de transport de troupes, de chars ou de drones, ce coup d'accélérateur est très symbolique et politique. Il fait écho aux propos d'Angela Merkel après le G7 de Sicile, selon lesquels les États-Unis de Donald Trump n'étant plus un partenaire fiable, elle avait invité les Européens à "prendre eux-mêmes leur destin en main".

"Chacun déborde d'idées et d'initiatives"

Pour l'Allemagne, double avantage : tout en partageant les coûts, c'est aussi un moyen de rattraper un pressant retard d'équipement. Pour Georg Wilhelm Adamowitsch, le patron de la fédération allemande des industries de sécurité et d'armement, ces efforts vont permettre d'en finir avec des incohérences européennes : "L'Eurofighter et le Rafale, construits et vendus en parallèle pendant des années? C'est un luxe que l'Europe ne peut plus se permettre."

À côté des questions de défense, le moteur franco-allemand se débride aussi dans les domaines des échanges linguistiques et culturels. "Les acteurs disent tous qu'on vit un moment exceptionnel, chacun déborde d'idées et d'initiatives", témoigne un diplomate français. Un momentum parfaitement illustré par la visite symbolique d'Angela Merkel et d'Emmanuel Macron en marge du Conseil de jeudi à Paris d'un atelier linguistique de l'Office franco-allemand pour la jeunesse (Ofaj). Dans une ambiance détendue, ils se sont essayés aux jeux inventés par les jeunes pour apprendre à communiquer dans la langue du partenaire. La vidéo a fait le buzz en Allemagne.

"On a beaucoup glosé sur la disparition des classes bilangues en France il y a quelques années et leur retour à la rentrée est un excellent signal. Mais parallèlement, l'Allemagne doit faire son inventaire", pointe Anne-Marie Descôtes, la nouvelle ambassadrice de France à Berlin. Seuls trois Länder sur 16 obligent les élèves à garder deux langues vivantes après la classe de seconde. En Basse-Saxe par exemple, le nombre de lycéens apprenant le français a été divisé par dix à la rentrée dernière!

Hélène Kohl, correspondante à Berlin (Allemagne)

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