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Déconfinement : Le grand rush des sociétés de nettoyage

logo de Paris Match Paris Match 29/05/2020 Anne-Sophie Lechevallier

Les entreprises de propreté deviennent des acteurs incontournables du déconfinement.

© Eric Hadj / Paris Match

La pénurie de masques est à peine résolue qu’une autre apparaît. Désormais, les entreprises de nettoyage ont du mal à se procurer des gants en plastique et des surblouses. Or, avec le déconfinement, les interventions des sociétés de nettoyage se multiplient dans les entreprises, les écoles, les transports… «Jamais nous n’avions connu un tel afflux de demandes de désinfection et de décontamination», remarque Stéphane Point, président du réseau de services Onet, leader du secteur. «On l’a vu avec le rush précédent le 11 mai, la propreté va être déterminante pour la reprise économique.» Faire nettoyer et désinfecter les lieux est devenu essentiel pour rassurer les salariés, même si des bureaux inoccupés pendant deux mois ne devraient présenter comme danger que des couches de poussière. De même il se révèle inutile, et même dangereux, de javelliser les rues comme certaines mairies l’ont fait, a prévenu le Haut Conseil de santé publique.

«S’il n’y a pas encore de consensus scientifique sur la durée de vie du virus, il est établi qu’il reste plus longtemps actif sur le métal et qu’il faut laisser, autant que possible, les locaux vides au moins cinq jours avant une intervention», précise Floréal Peix, directeur technique d’Elior Services. Passées les opérations de déconfinement, les clients demandent des passages plus fréquents. «C’est le retour des prestations d’hygiénisation, qui avaient été gommées des cahiers de charges pour baisser les coûts», observe Philippe Jouanny, président de la Fédération des entreprises de propreté. Poignées de porte, boutons d’ascenseur, rampes d’escalier sont désormais nettoyés régulièrement. Toutes les deux heures parfois, comme dans cette agence de communication, Hopscotch, où la PME Ekoklean (ex-Artupox), son prestataire de ménage, est mobilisée. «Le Covid a mis nos métiers sur le devant de la scène et pourrait renforcer notre activité, considère Gilles Rafin, président d’Elior Services. Le marché de la propreté est déjà externalisé à 55%. Certains acteurs se sont rendus compte que, grâce à leur savoir-faire technique et social sur les opérations quotidiennes, mais aussi en étant capables de déployer des moyens importants pour des opérations spécifiques comme la désinfection, des professionnels sont mieux armés et plus à même de sécuriser le résultat en matière de propreté.» Les formations spéciales Covid mises en place par la profession ont été utilisées par plus de 500 entreprises pour adapter les pratiques. Plus question par exemple d’utiliser des pulvérisateurs qui pourraient déplacer le virus sur une autre surface.

Une chute d'activité estimée à 60% pendant le confinement

Mais la frénésie actuelle ne permet pas encore de compenser la perte de chiffre d’affaires liée au confinement. Pendant cette période, le nettoyage des hôpitaux, des Ehpad, des usines agroalimentaires ou des supermarchés continuait, tandis que le reste était à l’arrêt. Plus question, en effet, d’entretenir des immeubles de bureaux, des aéroports, des salles de concert, des hôtels ou des parcs de loisirs, que plus personne ne fréquentait. Résultat, la chute d’activité est estimée à 60% pour ce secteur aux 12 000 entreprises et aux 550 000 salariés -dont bon nombre à temps partiel. «Aucune entreprise, petite ou grande, n’est épargnée par la crise. Fin avril, 5% des sociétés étaient certaines de déposer le bilan et 15% se posaient la question», indique Philippe Jouanny. Comme ailleurs, lorsque l’Etat réduira les mécanismes d’activité partielle, les conséquences de la crise seront visibles. «Nous avons des craintes pour l’emploi. Avec la généralisation du télétravail, il y aura aussi moins d’heures à faire», s’inquiète Olivier Guivarch, secrétaire général de la fédération des services de la CFDT.

A lire :Comment RATP et SNCF font face au déconfinement

Environnement : des désinfections non toxiques

Le guide de déconfinement du ministère du Travail le précise : la désinfection ne signifie pas «une opération de désinfection sur des micro-organismes beaucoup plus résistants, rencontrés par exemple en milieu de soin ou dans des laboratoires médicaux». Un nettoyage classique suffit donc contre le coronavirus. Nul besoin d’employer des virucides même si les entreprises les réclament pour rassurer les salariés. «C’est prendre un lance-flammes pour tuer une mouche. Ces produits ont des effets toxiques avérés alors que ce virus à coque dont l’enveloppe lipidique est sensible aux détergents», alerte Claire Grolleau, présidente de Label Vie. Les sociétés de nettoyage, dont les politiques RSE (responsabilité sociétale des entreprises) existent depuis 2007, emploient aussi des solutions raisonnées. «Nous équipons des établissements de machines qui utilisent le principe de l’électrolyse de l’eau, avec uniquement de l’eau et du sel, pour fabriquer des détergents désinfectants ne comportant aucune substance pétrochimique», souligne Floréal Peix, d’Elior Services. Chez Onet, des écoles, des moyens de transport, des industries sont désinfectés à l’ozone par voie aérienne, ce qui détruit «tous les pathogènes ou contaminants par oxydation».

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