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Face aux "gilets jaunes", Emmanuel Macron et Edouard Phillippe semblent coincés

logo de leJDD leJDD 20/11/2018 Michaël Bloch

Emmanuel Macron et Edouard Philippe cherchent la parade face à la montée en puissance du mouvement des "gilets jaunes". Elle semble toutefois difficile à trouver.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe cherchent la parade face à la montée en puissance du mouvement des "gilets jaunes". Elle semble toutefois difficile à trouver. © Reuters Emmanuel Macron et Edouard Philippe cherchent la parade face à la montée en puissance du mouvement des "gilets jaunes". Elle semble toutefois difficile à trouver.

Que peuvent faire Emmanuel Macron et Edouard Philippe pour apaiser la colère des "gilets jaunes"? L'exécutif, confronté à ce mouvement social inédit, semble coincé. D'une part, il semble difficile pour Emmanuel Macron de reculer. Le président de la République a construit son engagement politique sur sa capacité à tenir ses engagements. Contrairement à son prédécesseur, lui ne céderait pas face aux premières protestations de la rue. En 2014, François Hollande et la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal avaient en effet décidé d'abandonner l'écotaxe alors qu'il étaient confrontés à la colère des bonnets rouges en Bretagne.

Le Premier ministre ne s'y est pas trompé dimanche soir en insistant sur ce point : "Si aujourd’hui on a un problème de financement des infrastructures, c’est sans doute parce qu’à l’époque le gouvernement a été impressionné par les bonnets rouges", a-t-il noté. Ségolène Royal a tout de suite répliqué sur Twitter : "Non! Je n’ai pas été impressionnée, j’ai écouté, travaillé et découvert un projet injuste et aberrant signé par François Fillon et aux financements étranges. En savoir plus p.144 de mon livre CE QUE JE PEUX ENFIN VOUS DIRE. Édifiant! Quand une réforme est mauvaise, humilité de la changer."

Une mesure annoncée durant la campagne présidentielle

L'autre risque pour Emmanuel Macron, c'est d'apparaître comme entêté, arrogant et éloigné des Français s'il ne cède pas à la revendication principale des "gilets jaunes" : l'annulation de la hausse des taxes sur les carburants en janvier. Mais s'il le faisait, sa politique en matière d'écologie perdrait toute cohérence. D'autant qu'Emmanuel Macron s'était engagé durant la campagne présidentielle à aligner la fiscalité de diesel sur celle de l'essence. Et il n'a cessé de défendre cette mesure. "J’assume parfaitement que la fiscalité due au diesel soit au niveau de celle de l’essence et je préfère la taxation du carburant à la taxation du travail", a-t-il par exemple assuré début novembre. 

Une autre des difficultés que doit gérer l'exécutif est la difficulté à trouver un interlocuteur légitime pour négocier. "Il n'y a pas d'organisation stable et institutionnalisée. Il n'y a pas de table de négociation autour de laquelle s'asseoir. Le Premier ministre ne peut que dialoguer par médias interposés. Il y a quelque chose d'étrange dans cet exercice", analyse Daniel Mouchard, spécialiste des mouvements sociaux et professeur de science politique à l'université Sorbonne-Nouvelle.

Emmanuel Macron a refusé de s'exprimer sur le sujet lundi

Sur la forme, Edouard Philippe et Emmanuel Macron ont choisi de ne pas réagir sous la pression. Le Premier ministre a attendu 24h avant de venir à la télévision pour annoncer qu'il ne comptait pas "changer de cap". En amont de la manifestation, il avait annoncé à la radio plusieurs mesures censées apaiser la grogne des "gilets jaunes". La tactique a fait long feu. 

De son côté Emmanuel Macron a refusé de répondre à une question sur le mouvement, lors d'un déplacement à Bruxelles. "J'y répondrai en temps voulu mais ce n'est pas le lieu aujourd'hui", a indiqué le président de la République. "Macron avait donc deux solutions : s'exposer plus encore en réagissant lui-même ; temporiser en restant en retrait. L'inefficacité voire le danger de la première relevant de l'évidence, il a choisi la deuxième", notait déjà lundi matin dans Le Figaro le journaliste Guillaume Tabard.


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