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Faits divers - Incendie au Portugal : tristesse et colère dans la communauté portugaise

logo de Le Parisien Le Parisien 19/06/2017 Nicolas Jacquard, à Créteil (Val-de-Marne)

A Créteil dimanche, la grande fête annuelle de la communauté portugaise en France a été empreinte de gravité et de peine.

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C'est habituellement l'événement de l'année pour la communauté portugaise : la fête organisée par Radio Alfa réunissait dimanche près de 15 000 personnes sur l'île de loisirs de Créteil. Une 15e édition dont l'ambiance a forcément pâti des nouvelles venues du pays. Dans la matinée, beaucoup n'avaient pas encore pris conscience de l'ampleur du drame. Mais au fur et à mesure que le bilan s'alourdissait, les cœurs se sont noués. «On a vu brièvement les infos, au réveil, à notre hôtel», explique Leonel. Soit un peu avant que lui et son groupe, Folklorico, originaire de l'Algarve, dans le sud du pays, ne se produise dans la matinée sur la grande scène. «Nous étions invités, il nous fallait danser, mais beaucoup pensaient à ce qui se passait là-bas.»

«Plus de 60 morts ? Vous êtes sûrs ? souffle Carlos, attablé avec quelques amis sous un parasol. C'est un choc.» Alors que la journée avance, l'incendie s'insinue dans les conversations. Un œil sur la scène, l'autre sur son smartphone, Armando navigue entre I24news.tv, un site d'information portugais, et Facebook, pour prendre des nouvelles de ses amis au pays. «Pour l'instant, tout va bien, mais jusqu'à quand ?»

«J'ai beau chercher, c'est du jamais-vu», souffle Catarina, dont la famille est originaire d'une ville à 100 km au nord des foyers meurtriers. «J'ai eu les miens en ligne. Le feu se trouve à dix kilomètres seulement du village d'origine de mes parents, explique Ayrton. Les gens ont peur, ça continue à avancer. On sait que le feu peut parcourir la distance en un rien de temps.»

Choqués du nombre de victimes

Sur la grande scène, la teneur des discours inauguraux tranche avec la météo estivale, dont beaucoup sont venus profiter en famille. «Aujourd'hui est un jour triste», lance à la tribune le consul général du Portugal. Armand Lopes acquiesce. Cet entrepreneur, figure de la communauté, est le président de Radio Alfa. «Leiria, c'est ma ville, confie-t-il. Et c'est sa région qui a fourni le plus d'immigration à la France. J'ai eu au téléphone beaucoup de gens qui sont là-bas. Ils sont dans tous leurs états. Le drame est beaucoup plus grave qu'annoncé initialement, et il n'y a pas de solution qui se profile pour l'instant...»

«Cette région, côté températures, c'est un four, décrit Carlos. Mais autant de morts, on se demande quand même comment cela a pu se produire. La route sur laquelle les victimes se sont fait piéger aurait dû être coupée.» L'homme sait de quoi il parle. L'an dernier, la nièce de son beau-frère avait fait la une de la presse portugaise. Cette jeune maman, pompier, n'avait pas survécu au feu de forêt contre lequel elle luttait non loin de Lisbonne.
 

La désertification pointée du doigt

L'un des voisins de Carlos est plus catégorique : «J'ai honte d'être portugais. Il n'y a que chez nous qu'un tel bilan peut être enregistré. Pourquoi ? Parce que nos autorités ne sont pas à la hauteur.» Un peu plus loin, un verre de Super Bock en main, ces trois copains ne disent pas autre chose. «Ce bilan, c'est autant celui de l'incendie que celui de la désertification, accuse Kevin. Pourquoi on ne paie pas des gens pour débroussailler ? Mais non, il n'y a pas d'argent, alors tout le monde émigre et la nature reprend ses droits.»

«J'ai vu un reportage sur les Canadair portugais, reprend l'un de ses amis. Il y en a, mais il n'y a pas d'argent pour les faire voler.» «Et maintenant ? Eh bien l'Europe nous envoie les siens, enchaîne Kevin. C'est avant qu'un drame de ce genre ne se produise qu'elle devrait se rappeler que nous en faisons partie...»

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