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Ils démissionnent d’En marche, les macronistes y voient une tentative "d’affaiblir le mouvement"

logo de leJDD leJDD 14/11/2017 Sarah Paillou

100 adhérents de La République en marche annoncent leur démission du parti pour protester contre le fonctionnement du mouvement d'Emmanuel Macron. LREM dénonce leur chef de file, déjà exclue.

100 adhérents de La République en marche annoncent leur démission du parti pour protester contre le fonctionnement du mouvement d'Emmanuel Macron. LREM dénonce leur chef de file, déjà exclue. © Reuters 100 adhérents de La République en marche annoncent leur démission du parti pour protester contre le fonctionnement du mouvement d'Emmanuel Macron. LREM dénonce leur chef de file, déjà exclue.

Ce sont les 100 premiers à quitter le navire avec fracas. "100 démocrates", comme ils se définissent, qui ont annoncé mardi à franceinfo qu'ils ne seront plus membres de La République en marche (LREM), la formation d’Emmanuel Macron. Le moment choisi pour annoncer ce départ ne doit rien au hasard : le congrès de LREM se tient en effet samedi à Lyon. Un huissier de justice apportera leurs lettres de démission au siège du parti à la veille de l'événement. Le surnom qu'ils ont choisi vaut accusation : selon ces Marcheurs, simples adhérents pour la plupart, mais aussi quelques responsables locaux et élus, le parti d'Emmanuel Macron "offense les principes fondamentaux de la démocratie avec un mode d'organisation digne de l'Ancien Régime." Dans leur viseur, le fonctionnement de LREM, et notamment l'élection samedi comme délégué général du parti, de Christophe Castaner, seul candidat.

Dans une tribune, ils regrettent donc l'absence "d'élections démocratiques". A Lyon, Christophe Castaner, désigné par Emmanuel Macron, sera élu par le "Parlement" du mouvement. Soit seulement 200 Marcheurs tirés au sort pour faire partie du Conseil (en plus des députés, membres du gouvernement, référents territoriaux…), et non l'ensemble des adhérents, comme c'est le cas dans la plupart des partis.

Les statuts de LREM pourraient évoluer

Du côté de LREM, on rappelle que "les statuts ont été votés par les adhérents eux-mêmes", qu'il fallait "une forme d'efficacité pour installer rapidement la personne qui succédera à Emmanuel Macron", une nécessité pour ce "jeune mouvement". On assure aussi que l'organisation du mouvement pourrait évoluer au fil des années. L'absence de concurrent face à Christophe Castaner "n'a rien à voir" avec la question démocratique dit-on encore : "Les conditions pour se présenter n'excluaient personne, la question était plus de savoir qui, politiquement, se sentait de prendre la tête du parti."

"On est dans un processus qui n'est pas démocratique. C'est de la politique à l'ancienne"

"On est dans un processus qui n'est pas démocratique, insiste pourtant sur franceinfo Emmanuel Drouin, l'un des démissionnaires. C'est de la politique à l'ancienne [...] Je ne crois pas qu'en restant à l'intérieur de cette organisation on puisse changer les choses. Car c'est décidé par une sorte de politburo qui va décider de l'orientation et qui va avoir besoin des adhérents uniquement pour distribuer des tracts au moment des élections."

L'une des démissionnaires est déjà exclue du mouvement

Parmi les signataires se trouve Tiphaine Beaulieu, la présidente de la "Confédération des Marcheurs de la République", qui réclamait depuis cet été une plus grande transparence dans les arcanes du parti. Sauf que celle qui compte démissionner officiellement vendredi… est en fait déjà exclue de LREM, comme on l'explique au sein du parti : "La commission des conflits du mouvement a pris cette décision notamment parce que Thipaine Beaulieu avait organisé une manifestation au mois de juin, contre le mouvement, avec Debout La France et le Front national".

"C'est la dernière manière de Tiphaine Beaulieu de chercher à affaiblir le mouvement"

Les "100 démocrates" reprennent les arguments de la frondeuse, ajoutant le manque de dialogue aux reproches déjà mentionnés. Selon eux, les marcheurs du mois d'août n'ont reçu que "mépris et arrogance", "menaces ou tentatives d'intimidation". "La République en marche est tout sauf bienveillante et empathique". "C'est la dernière manière de Tiphaine Beaulieu de chercher à affaiblir le mouvement, ce qu'elle fait depuis qu'elle a rejoint En marche, en avril 2017", évacue-t-on chez LREM. Le mouvement précise aussi que la chef de file des "Marcheurs de la République" a été reçue cet été au QG du mouvement pour présenter ses réclamations.

"Comment expliquer que les comités se soient vidés de leurs marcheurs cinq mois seulement après l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron?", questionnent encore les signataires. Une baisse démentie sur Public Sénat par le futur patron de LREM, Christophe Castaner, qui revendique "170.000 nouveaux adhérents depuis 6 mois". Le mouvement revendique au total 386.000 militants, autant de personnes qui ont au minimum signé la charte des valeurs de LREM. Mais selon les confidences faites par Arnaud Leroy, membre de la direction intérimaire du parti, à L'Opinion, "autour de 120.000" personnes seulement seraient effectivement actives au sein du mouvement d'Emmanuel Macron.

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