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JO 2024 : le pari gagné d'Anne Hidalgo

logo de leJDD leJDD 13/09/2017 Arnaud Focraud
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En première ligne pour la candidature de Paris aux Jeux olympiques, Anne Hidalgo voit ses efforts récompensés. Il y a deux ans, l'élue PS était pourtant sur une toute autre position...

Anne Hidalgo tirera-t-elle des bénéfices politiques de l'attribution des JO à Paris en 2024? La maire de la capitale a signé en tout cas une victoire personnelle, après l'annonce officielle mercredi du CIO au Pérou. Derrière le duo Bernard Lapasset-Tony Estanguet, c'est elle qui s'est le plus impliquée dans le dossier, poussée par François Hollande à l'Elysée et soutenue depuis quelques mois par le nouveau Président, Emmanuel Macron. Pourtant, il y a un peu plus de deux ans encore, la socialiste était loin d'être convaincue par ce projet. Surtout qu'Anne Hidalgo a longtemps gardé en mémoire l'échec des Jeux de 2012, lors de la désignation de Londres en 2005, alors qu'elle était la première adjointe de Bertrand Delanoë.

Tout commence au printemps 2014, juste après son élection à la mairie de Paris. Une candidature aux Jeux olympiques de 2024, cent ans après la dernière édition dans la capitale, est alors une perspective lointaine. Le sujet n'a été que peu abordé au cours de la campagne. Et fin mai, lors d'un déplacement à New York, Anne Hidalgo se montre très réticente : "Je n'ai pas porté ce projet dans ma campagne. Les Parisiens attendent de moi (...) du logement, des équipements, de la justice, de la facilité économique", lançait-elle à côté du maire de la "Grosse Pomme", qui venait de décliner cette candidature. Hidalgo renvoyait donc à plus tard : "J'aime beaucoup la compétition sportive, je sais ce qu'elle apporte comme rêve et part d'énergie dans une société et dans une ville. Mais aujourd'hui nous sommes les uns et les autres dans des contraintes financières et budgétaires qui ne me permettent pas de dire que je porte cette candidature. J'attendrai de voir ce que les athlètes et groupes de travail diront sur l'opportunité ou non d'y aller, et je ferai connaître ma position à l'issue de ce travail", expliquait-elle.

Le tournant de 2015

Pourtant, à l'Elysée, François Hollande est à ce moment-là bien plus motivé. Et en novembre 2014, le chef de l'Etat force la main de la maire de Paris en se déclarant sur TF1 "favorable" à une candidature olympique. Anne Hidalgo s'agace de cette prise de parole et convoque dès le lendemain une conférence de presse pour lui répondre. "Rien ni personne ne me fera changer de calendrier ni de méthode", coupe l'élue, se disant hostile aux "décisions hâtives prises sous le coup de l'émotion". 

La maire socialiste n'allait pourtant pas tarder à changer d'opinion. En février 2015, l'élue reçoit les conclusions de l'étude d'opportunité. L'équipe formée autour de Bernard Lapasset et la solidité du dossier - notamment sur l'épineuse question budgétaire - font évoluer son jugement. Les attentats de janvier et la grande marche du 11 se montrent également décisifs. Anne Hidalgo voit le projet de 2024 comme un moyen de rassembler les Parisiens. En mars, elle choisit de privilégier cette candidature olympique à celle de l'Exposition universelle en 2015. Mais elle conditionne ce choix à une "grande consultation" de sa population l'année suivante... Initiative qui a fait long feu. 

Hidalgo espère pouvoir être encore maire en 2024

Une fois lancée, Anne Hidalgo s'est ensuite muée en première supportrice de ces Jeux et n'a pas ménagé ses efforts. En tant que maire de Paris et 1ère vice-présidente de la métropole du Grand Paris, elle a surtout insisté sur la nécessité de créer du lien entre les Parisiens et le reste des Franciliens. La transformation de la Seine-Saint-Denis, au coeur du projet olympique, fait partie de ses priorités. Son discours en novembre 2016, en espagnol, à l'attention des membres du CIO à Doha, a également marqué les esprits. Elle y évoquait la faculté d'intégration de Paris, ville qui s'est choisi une femme, née étrangère, pour maire. Ces derniers mois, l'élue socialiste est également restée intransigeante dans la négociation sur la double attribution des JO de 2024 et 2028, arguant que la candidature française ne valait que pour la première échéance. 

A Lima, Anne Hidalgo a pu célébrer ce succès avec l'une de ses adversaires politiques, la présidente LR d'Ile-de-France Valérie Pécresse. Quant à Emmanuel Macron, actif dans ce dossier depuis son arrivée à l'Elysée, il a renoncé à se rendre au Pérou. Aux observateurs qui lui prêtent d'autres ambitions d'ici à 2024, Anne Hidalgo s'est voulue transparente la semaine dernière : "J'espère pouvoir être maire en 2024, cette ville m'habite autant que je l'habite", a-t-elle répondu sur RMC et BFMTV. Un objectif qui passerait donc par une réélection en 2020. "On est encore un peu loin de l'échéance. Je n'annonce pas ma candidature aujourd'hui", a toutefois précisé l'élue PS. Une éventuelle candidature à la présidentielle de 2022, elle, apparaît plus lointaine encore.

En première ligne pour la candidature de Paris aux Jeux olympiques, Anne Hidalgo voit ses efforts récompensés. Il y a deux ans, l'élue PS était pourtant sur une toute autre position... © Reuters En première ligne pour la candidature de Paris aux Jeux olympiques, Anne Hidalgo voit ses efforts récompensés. Il y a deux ans, l'élue PS était pourtant sur une toute autre position...
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