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La centrale nucléaire de Flamanville sous surveillance renforcée, une mesure rare

logo de L'Express L'Express il y a 3 jours lexpress.fr
L'EPR de Flamanville (Manche), en construction, le 16 novembre 2016 © afp.com/CHARLY TRIBALLEAU L'EPR de Flamanville (Manche), en construction, le 16 novembre 2016

C'est une décision inhabituelle. Après la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher), c'est un autre site de production d'énergie nucléaire qui a été mis sous surveillance renforcée ce mercredi par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), celui de Flamanville, dans la Manche. L'Express fait le point sur ce changement de statut.

Que signifie une surveillance renforcée ?

C'est un cas rare. Sur les 19 centrales nucléaires du parc français, deux sont sous surveillance renforcée, celle de Flamanville donc, et celle de Belleville-sur-Loire, depuis septembre 2017, avec prolongation de ce statut en avril 2019. "La mise sous surveillance renforcée décidée par l'ASN se traduira notamment par des contrôles supplémentaires et par une attention particulière portée à la mise en oeuvre du plan d'action défini par EDF à la suite de la convocation du directeur de la centrale", a indiqué l'ASN ce mercredi, au sujet de Flamanville.

A peu de chose près, les mêmes termes avaient été employés au moment du maintien sous surveillance renforcée du site de Belleville, l'autorité parlant d'"inspections et de contrôles supplémentaires dans les domaines où l'exploitant doit progresser". La centrale de Belleville-sur-Loire a fait l'objet de ces mesures du fait d'une "dégradation du niveau de sûreté constatée depuis 2016". Mais depuis, l'ASN a constaté que les pratiques sécuritaires de la centrale "se sont de manière générale améliorées en 2018", tout en maintenant le site sous ce type de surveillance dans l'attente d'améliorations supplémentaires.

Que reproche l'ASN à EDF et à la centrale de Flamanville ?

L'actuelle centrale nucléaire de Flamanville est composée de deux réacteurs de 1300 mégawatts, mis en service en 1985 et 1986. Le réacteur 2 est actuellement à l'arrêt, dans le cadre d'une visite décennale. Le réacteur 3 de type EPR sur le même site, dont la construction connaît un retard important en raison notamment de soudures défectueuses, n'est pas concerné par l'audition menée par l'ASN sur les réacteurs 1 et 2.

Le directeur du site avait été auditionné à deux reprises en juillet 2019, "à la suite des difficultés rencontrées sur ce site par EDF depuis mi-2018". Verdict de l'ASN sur la gestion de l'exploitation : déficience dans la maîtrise de certains gestes techniques d'exploitation, défauts de maintenance et de surveillance des prestataires, problème de qualité sur des documents, qui ont conduit à cette surveillance renforcée. Le directeur général adjoint de l'ASN, Julien Collet, expliquait en juillet que "le site a des difficultés à faire face à un programme de travail et cette situation de fragilité commence à perdurer depuis un an". Les causes, multiples, sont à identifier. "Le directeur a été convoqué pour que nous puissions avoir son appréciation. Il a pris la mesure des difficultés", selon Julien Collet, pour qui ce genre de mise en garde n'est "pas si courant".

Des incidents par le passé à Flamanville

La centrale a connu plusieurs problèmes ces dernières années. Une fuite radioactive avait été constatée le 24 octobre 2012, à l'intérieur du bâtiment d'un réacteur en maintenance dans laquelle elle était restée confinée,sans conséquence extérieure. Le 23 juin 2013, un autre incident sans conséquence environnementale s'était déroulé, avec une importante fuite de vapeur d'eau dans la salle des machines de la centrale, sur l'un des transformateurs qui alimente la turbine du réacteur n°2. Elle est restée confinée au réseau secondaire, séparé de la partie nucléaire, mais avait émis un "fort sifflement" qui avait alerté les riverains, rapportait alors France Bleu.

Le 7 avril 2015, l'Autorité de sûreté nucléaire avait rendu publique une anomalie dans la composition de l'acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l'EPR de Flamanville. Enfin, le 9 février 2017, un départ de feu entraînant une explosion était survenu"hors zone nucléaire". "Cinq personnes ont été légèrement intoxiquées", avait indiqué la préfecture de la Manche.

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