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La polémique entre Emmanuel Macron et le général de Villiers en cinq actes

logo de Franceinfo Franceinfo 17/07/2017 Franceinfo

La crise est ouverte entre le président de la République et le chef d'état-major des armées sur fond de réduction du budget de la Défense, ils doivent se rencontrer vendredi pour "prendre une décision".

Rien ne va plus entre le président de la République et le chef d'état-major des armées. Emmanuel Macron a recadré publiquement à plusieurs reprises le général Pierre de Villiers en raison de ses réserves sur les économies demandées à la Défense. La question d'une démission du chef d'état-major est désormais posée, de l'aveu même du porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, lundi 17 juillet sur franceinfo. Retour sur les épisodes de cette crise majeur entre l'exécutif et l'armée.

Acte 1 : la confirmation des coupes budgétaires fait réagir l'armée

Dans un entretien accordé au Parisienmardi 11 juillet, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, annonce que l'Etat doit réaliser 4,5 milliards d'euros d'économies en 2017. Dans ce cadre, le budget de la Défense se voit contraint de respecter l'enveloppe déjà votée par le Parlement avec une réduction des dépenses de 850 millions d'euros. Autrement dit, l'Etat n’assumera pas les surcoûts des opérations extérieures, comme le prévoit la loi, et les armées devront économiser cette somme sur leurs équipements, détaille Challenges.

La nouvelle prend par surprise les responsables des armées. Pendant sa campagne, Emmanuel Macron s'est engagé à porter le budget de la Défense à 2% du PIB en 2025. Résultat, l e 12 juillet, le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, proteste devant le président de la République, lors d'un conseil de Défense. Il va plus loin lors d'une audition à huis clos devant la commission de la Défense de l’Assemblée, en menaçant de mettre sa démission dans la balance. Selon une fuite que rapporte Le Monde, il lâche alors sa colère et se fait applaudir par les députés : "Je ne me laisserai pas baiser comme ça !" La fronde est lancée.

Acte 2 : le recadrage public de Macron

Emmanuel Macron réagit dès le lendemain et publiquement, lors du traditionnel discours aux armées, le 13 juillet à l'Hôtel de Brienne. Sans nommer le général de Villiers, le chef d'Etat estime qu'il n'est "pas digne d'étaler certains débats sur la place publique" et rappelle les militaires à leur "sens du devoir et de la réserve". Pour tenter d'arrondir les angles, le président promet quand même une hausse de l'effort de Défense dès 2018 .

J'ai pris des engagements. Je suis votre chef.

Emmanuel Macron


Acte 3 : la mise en garde du général publiée sur Facebook

La situation semble s'apaiser le 14-Juillet avec le traditionnel défilé où le président et le généralde Villiers s'affichent ensemble sur le même char. Mais le chef d'état-major décide de remettre une pièce dans la machine. Dans une publication Facebook, diffusée le 14 juillet au soir, il répond de manière implicite au président : "Parce que la confiance expose, il faut de la lucidité. Méfiez-vous de la confiance aveugle ; qu’on vous l’accorde ou que vous l’accordiez. Elle est marquée du sceau de la facilité."

Parce que tout le monde a ses insuffisances, personne ne mérite d’être aveuglément suivi.

Pierre de Villiers

facebook

"La confiance est une vertu vivante. Elle a besoin de gages. Elle doit être nourrie jour après jour, pour faire naître l’obéissance active, là où l’adhésion l’emporte sur la contrainte", conclut le général. La lettre est ensuite appuyée de tweets publiés sur le compte officiel de l'état-major des armées, toujours implicites sur le thème de "la confiance".

Acte 4 : Macron ouvre la porte à un départ du général

© Fournis par Francetv info

La réponse de l'exécutif ne tarde pas. Dans leJDD du 16 juillet, Emmanuel Macron se montre une nouvelle fois très ferme et ouvre la porte à une possible démission du chef d'état-major. "La République ne marche pas comme cela", indique le chef d'Etat. "Si quelque chose oppose le chef d'état-major des armées au président de la République, le chef d'état-major des armées change."

Emmanuel Macronrappelle malgré tout qu'il a reconduit le général de Villiers dans ses fonctions le 1er juillet. "Il a donc toute ma confiance", à condition de "savoir quelle est la chaîne hiérarchique et comment elle fonctionne, dans la République comme dans l’armée".

Acte 5 : une rencontre programmée vendredi

Selon l'agenda d'Emmanuel Macron communiqué samedi 15 juillet par l'Elysée, le président et Pierre de Villiers doivent se rencontrer vendredi prochain à 18 heures à l'Elysée. A cette occasion, Emmanuel Macron et le général "vont prendre une décision ensemble", a déclaré lundi sur franceinfo le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. Pour certains observateurs, un maintien du général à son poste devient difficile. Selon France 2, une démission du chef d'état-major des armées serait inédite sous la Ve République.

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