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Le sandwich causerait plus d'accidents de la route que l'alcool et le téléphone

logo de Challenges Challenges il y a 5 jours Eric Bergerolle

La somnolence au volant causerait près d'un accident sur trois. Rien d'étonnant, lorsqu'on sait qu'ingurgiter un hamburger ou un jambon-beurre suffit à émousser les réflexes et à allonger les distances de freinage. Inquiétant.

Des automobilistes s'accordent une pause sur une aire d'autoroute © Image © PHILIPPE DESMAZES / AFP Des automobilistes s'accordent une pause sur une aire d'autoroute


Chacun sait par expérience qu'ingurgiter un repas trop copieux favorise la somnolence. C'est une question de quantité d'aliments comme de calories. Voilà pourquoi l'association Prévention Routière recommande à l'automobiliste de manger léger et équilibré, et de boire de l'eau en quantité suffisante. Il n'y a là rien de bien sorcier ni de bien nouveau.

Pourtant, il manquait en France une étude scientifique pour vérifier et quantifier ce que chacune d'entre nous sait par expérience. L'association Attitude Prévention (financée par les assureurs) a demandé au Docteur Frédéric Saldmann, cardiologue et nutritionniste à l'hôpital Georges-Pompidou d'observer l'évolution de la posture et des mouvements des globes oculaires chez trente-deux hommes et femmes qui s'installèrent aux commandes d'un simulateur de conduite. Une manière fiable de mesurer le niveau de vigilance et le temps de réaction chez ces automobilistes volontaires.

La formule entrée-plat-dessert est fatale pour nos réflexes de conducteur

Les résultats de l'étude sont sans équivoque : un repas "hypercalorique" (soit au moins 1.500 kilocalories) diminue significativement la vigilance chez 60 % des conducteurs. Pas moins de17,5 % d'entre eux ont même atteint le niveau maximal d’extrême somnolence. Cette hypovigilance se traduit par des réflexes émoussés, qui allongent le temps de réaction et la distance de freinage chez la totalité des sujets et dans 100 % des cas.

Ces chiffres sont d’autant plus alarmants que l’expérience s’est déroulée sur des parcours longs de 40 minutes seulement, soit un temps bien inférieur à la durée moyenne des trajets en période de vacances.

Il faut manger léger ou bien s'accorder la sieste réparatrice

Plus grave encore, le repas dit hypercalorique au sens de cette étude n'a rien du gueuleton des jours de baptême. A en croire les chercheurs, il suffit d'ingurgiter un hamburger ou bien d'un sandwich au saucisson sec accompagné de chips et d'une part de moelleux au chocolat pour dépasser les 1.500 kilocalories. On mesure donc le caractère pernicieux du piège qui s'ouvre devant l'automobiliste.

Le conducteur qui aurait le bon sens de s'en tenir à un en-cas de 500 kilocalories s'en tire beaucoup mieux. Avec 350 grammes d'émincé de poulet, accompagnés de légumes à l’italienne (343 Kcal) et d'un yaourt (90 Kcal) pour un total de 533 Kcal, les cobayes conservent des réflexes mieux aiguisés : ils sont altérés chez 75 % des sujets, sans que cela n'ait d'impact significatif sur les distances d'arrêt.

Quant au groupe de conducteurs qui circulaient à jeun (aucune prise d'aliment depuis la veille au soir précédant le trajet), aucun n’a dépassé le niveau dit "légèrement somnolent". Peut-être parce que le jeûne favorise la sécrétion d'hormones de la vigilance et de la concentration.

Limiter les calories, c'est bon pour sa ligne comme pour sa sécurité

"La vigilance au volant commence dans son assiette", conclut le Docteur Frédéric Saldman. "L’étude démontre, pour la première fois, qu’un repas léger et une bonne hydratation augmentent la vigilance. Les repas trop copieux sont à proscrire car ils ont tendance à aggraver la somnolence. A éviter aussi, les aliments trop gras et trop sucrés et mangez lentement pour améliorer la digestion. Plus on sera vigilant, moins il y aura d’accidents."

Que doit-on entendre par repas sain et équilibré ? A midi et le soir, le médecin suggère le menu suivant, que les restaurateurs en bord de route seraient bien inspirés de suggérer à leurs clients : une salade ; un sandwich ou un plat chaud contenant une portion de féculents, de légumes et de poisson ou viande ; un fruit ou un yaourt non sucré. Entre les repas, une petite collation est autorisée : une barre de céréales peu sucrée ; un fruit ou des fruits secs (abricots, figues). Au petit-déjeuner, deux tranches de pain complet iront de pair avec un fruit de saisons et un produit laitier non sucré.

En complément, il est indispensable de dormir suffisamment la veille du départ et de faire régulièrement des pauses sur la route, au moins toutes les deux heures et aux premiers signes de somnolence.



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