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Le théologien René Laurentin est décédé

logo de Le Figaro Le Figaro 13/09/2017 Jean-Marie Guénois

DISPARITION - Ce spécialiste des questions mariales, qui fut également chroniqueur religieux au Figaro, allait avoir 100 ans.

figarofr: René Laurentin © Jean Claude LAFOREST/CIRIC/Jean Claude LAFOREST/CIRIC René Laurentin

Il allait avoir 100 ans. Et avait écrit plus de cent soixante livres! L'abbé René Laurentin est décédé le 10 septembre. Les sanctuaires de Lourdes s'apprêtaient à fêter, le 19 octobre prochain, l'anniversaire de ce théologien spécialiste des questions mariales, de renommée internationale. Il fut expert au concile Vatican   II (1962-1965) et chroniqueur religieux, notamment auFigaro, où il a abondamment écrit durant de longues années.

«Ce que nous retenons et admirons, dit de lui le père André Cabes, recteur des sanctuaires de Lourdes, c'est la solidité du théologien, le sérieux de l'historien, l'agilité du journaliste, capable de transmettre ce qu'il avait si profondément travaillé. Je voudrais souligner la ferveur du croyant, témoin du bonheur de l'autre monde, promis par Marie à Bernadette.»

Ordonné prêtre en 1946, à son retour de captivité, il commença aussitôt à travailler sur la Vierge Marie. Ses travaux sur les apparitions de Lourdes - et sur tant d'autres phénomènes comparables en France et dans le monde - resteront comme une référence mondiale dans le corpus de la spiritualité moderne. Son histoire des apparitions de Lourdes notamment, en six volumes, demeure une référence en la matière. Sa précision avait été saluée à l'époque par l'évêque de Lourdes, Mgr Théas, par cette phrase célèbre, parce que ce prélat voulait une histoire de Lourdes très solidement établie: «Lourdes n'a besoin que de vérité!»

Selon les théologiens, l'abbé Laurentin a créé une méthode de discernement qui a fait école: «Avec une rigueur rationnelle, il a mis en évidence le fait que Marie intervient dans l'histoire concrète des hommes et de l'Église, explique le père Bernard Peyrous, spécialiste de l'histoire de la spiritualité. Sa méthode d'analyse a permis à l'Église de s'affranchir d'une approche purement dévotionnelle de la place de Marie dans la spiritualité catholique. Il a fait prendre à l'Église un véritable tournant sur ces questions. Le tort serait d'enfermer l'œuvre immense de ce théologien dans la seule problématique de Medjugorje qui n'a été qu'un épisode dans sa recherche. Il a été violemment attaqué sur ce dossier où son enthousiasme l'a peut-être un peu dépassé.»

On lui reprocha en effet une certaine indulgence sur les phénomènes de Medjugorje, mais l'Église elle-même, très partagée, tente encore aujourd'hui d'y voir clair. Cet homme de conviction, très courageux, aurait été également pour beaucoup dans la réhabilitation de la mystique bretonne Yvonne-Aimée de Malestroit.

Benoît XVI lui attribua le titre de «prélat de Sa Sainteté», en reconnaissance de la portée théologique de ses travaux. Officier de la Légion d'honneur, il était aussi médaillé de la croix de guerre 1939-1945 (il servit en 1940 comme officier d'infanterie). Pendant ses études, il avait eu Maritain comme professeur de philosophie et été en relation avec Bergson.

Ses obsèques seront célébrées vendredi 15 septembre, à 10 h 30, en la cathédrale d'Évry. Elles seront présidées par Mgr Michel Dubost, évêque d'Évry-Corbeil-Essonnes, en présence notamment de Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes.

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