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Les aides sociales coûtent "un pognon de dingue" ? Ce qu'a vraiment dit Macron

logo de La TribuneLa Tribune 13/06/2018 Jérôme Cristiani

Dans la vidéo d'une réunion de travail diffusée mercredi, Emmanuel Macron dit que les aides sociales coûtent "un pognon de dingue". Des propos qui lui ont valu de nouvelles critiques sur les réseaux sociaux sur le thème du "président des riches". Sauf que la réalité est un peu plus complexe...

Capture d'écran de la vidéo mise en ligne avec le message de la directrice de la communication de l'Elysée. © Fournis par La Tribune Capture d'écran de la vidéo mise en ligne avec le message de la directrice de la communication de l'Elysée.

Emmanuel Macron estime dans une vidéo d'une réunion de travail diffusée mercredi que les aides sociales coûtent "trop de pognon", des propos susceptibles de lui valoir de nouvelles critiques sur le thème du "président des riches". Et c'est l'interprétation qui semble dominer dans les médias et sur les réseaux sociaux. Sauf que.

Sauf qu'il ajoute aussitôt, et la deuxième partie de l'argumentation est cardinale : c'est "trop de pognon" parce que ces aides échouent à sortir "les gens de la pauvreté". On comprend alors que ce n'est donc pas trop d'argent qui est mis dans les aides sociales et que le président veut simplement dire - très explicitement, il suffit de réécouter la vidéo, ci-dessous - que l'Etat dépense trop d'argent sans résultat. Si mépris du peuple il y avait chez Macron, cette dernière saillie du chef de l'Etat ne serait donc pas le bon exemple.

Il aurait pu utiliser d'autres formules du même acabit : "Ça ne sert à rien de casquer en pure perte", et l'on note que Jupiter évite le registre mythologiques alors qu'il y avait toute prête cette formule : "Les aides sociales, c'est le tonneau des Danaïdes".

Trouver "le truc qui permet aux gens de s'en sortir"

Cet enregistrement (à réécouter ci-dessous) a été diffusé par sa conseillère en communication Sibeth Ndiaye sur Twitter dans la nuit, quelques heures avant un discours "stratégique" du chef de l'Etat devant le 42e congrès de la Mutualité française, à Montpellier, censé "redonner de la cohérence à l'approche sociale" de l'exécutif.

"On met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif", (...) "Donc, toute notre politique sociale, c'est qu'on doit mieux prévenir, ça nous coûtera moins ensemble, et on doit mieux responsabiliser tous les acteurs", dit-il dans cet enregistrement d'une réunion de travail à l'Elysée.

"On met un pognon de dingue dans des minima sociaux, les gens, ils sont quand même pauvres, on n'en sort pas. Les gens qui naissent pauvres restent pauvres, ceux qui tombent pauvres ils restent pauvres. On doit avoir un truc qui permet aux gens de s'en sortir", ajoute-t-il. "Sur la santé c'est pareil."


Et il semble clair qu'un des objectifs de cette mise en scène est atteint : celui de capter l'intérêt des médias et donc de mobiliser un maximum d'attention dans le pays avant ce discours qualifié de "stratégique".

Soins remboursés à 100% : inquiétudes dans l'opposition

Le chef de l'Etat devait notamment confirmer à Montpellier sa promesse de prise en charge à 100% des lunettes, prothèses dentaires et auditives en 2022.

La réforme du système social, jugé "inefficace" par Emmanuel Macron et son Premier ministre, Edouard Philippe, suscite des inquiétudes dans l'opposition et des réserves dans les rangs de la majorité présidentielle. Des craintes que l'enregistrement diffusé mercredi risque d'alimenter.

Bruno Le Maire d'accord sur une politique sociale généreuse mais efficace...

Interrogé par RTL, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a pour sa part pris la défense du chef de l'Etat, à qui il a donné raison.

"Sur le fond, je pense qu'il a raison", a-t-il dit. "On met beaucoup d'argent dans notre politique sociale, et tant mieux, parce que je pense que c'est ce qui fait justement le contrat social français."

Il ajoutait :

"Mais il faut que cet argent soit bien employé, c'est-à-dire qu'il permette à tous ceux qui en bénéficient de sortir de la pauvreté, de sortir du chômage, de sortir de l'inactivité et c'est là que le bât blesse" (...) "Ce n'est pas le cas et c'est exactement ce que le président de la République veut régler et ce que nous voulons tous régler."

Mantra du gouvernement : que ça marche mieux en coûtant moins cher

Il a rejeté l'idée que les propos enregistrés du chef de l'Etat puissent être considérés comme une provocation.

"C'est une réunion de travail, il ne s'adresse pas aux Français. C'est un langage de réunion de travail où on se dit les choses librement", a fait valoir Bruno Le Maire.

Le ministre de l'Economie et des Finances n'en a pas moins redit que le gouvernement entendait passer au crible toutes les dépenses publiques, y compris les dépenses sociales et les aides aux entreprises, pour faire des économies.

"J'ai déjà dit que si nous voulions faire des économies, il faudrait regarder toutes les dépenses publiques (...) Mais à chaque fois avec un objectif : que ça marche mieux", a-t-il dit.

Quant à lui, s'exprimant via Twitter, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, préfère donc choisir la première interprétation  :

"Comme d'habitude, Macron flatte les égoïsmes et surfe sur les clichés - les pauvres ne font pas d'efforts, trop d'aides - afin de promouvoir une politique libérale qui ne fera qu'accroître la détresse et pauvreté."

(Avec Reuters)


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