Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Municipales à Paris : ce qu'il faut savoir sur le renoncement de Benjamin Griveaux

logo de leJDD leJDD 14/02/2020 Aude Le Gentil
Candidat de La République en marche à la mairie de Paris, Benjamin Griveaux renonce à se présenter après la diffusion d'une vidéo à caractère sexuel. Un rebondissement dans la campagne des municipales, un mois seulement avant le scrutin, et une nouvelle déconvenue pour le parti présidentiel. © AFP

Candidat de La République en marche à la mairie de Paris, Benjamin Griveaux renonce à se présenter après la diffusion d'une vidéo à caractère sexuel. Un rebondissement dans la campagne des municipales, un mois seulement avant le scrutin, et une nouvelle déconvenue pour le parti présidentiel.

Candidat de La République en marche à la mairie de Paris, Benjamin Griveaux renonce à se présenter après la diffusion d'une vidéo à caractère sexuel. Un rebondissement dans la campagne des municipales, un mois seulement avant le scrutin, et une nouvelle déconvenue pour le parti présidentiel.

Ce qu'il s'est passé. Benjamin Griveaux, candidat de La République en marche (LREM) aux élections municipales à Paris, a retiré vendredi sa candidature après la diffusion d'une vidéo à caractère sexuel. C'est pour protéger ses proches et son camp politique, dit-il, qu'il a fait ce choix. "Un site internet et des réseaux sociaux ont relayé des attaques ignobles mettant en cause ma vie privée. Ma famille ne mérite pas cela. Personne, au fond, ne devrait jamais subir une telle violence", a-t-il déclaré en début de matinée au siège de l'AFP.

Le désormais ex-candidat a indiqué s'être entretenu, tard jeudi soir, avec le président Emmanuel Macron pour lui faire part de sa décision. Selon lui, l'intéressé l'a assuré de son soutien. "Cette décision me coûte mais mes priorités sont très claires. C'est d'abord ma famille, vous l'aurez compris", a ajouté Benjamin Griveaux.

La diffusion de cette vidéo revendiquée par un artiste russe. A partir de mercredi soir, une vidéo intime et des messages explicites, adressés à une femme, ont été relayés sur les réseaux sociaux. Sur le site internet de Libération, l'artiste contestataire russe Piotr Pavlenski, connu pour avoir incendié la façade d'une succursale de la Banque de France en 2017, revendique la mise en ligne de ces images. "Il affirme tenir cette vidéo d'une 'source' qui avait une relation consentie avec Benjamin Griveaux", écrit le journal. L'artiste dit avoir voulu "dénoncer l'hypocrisie" du candidat, "qui s'appuie en permanence sur les valeurs familiales".

Un coup de tonnerre pour En marche. Ce renoncement met La République en marche dans une très mauvaise posture, un mois seulement avant les élections municipales des 15 et 22 mars prochains. Dans la capitale, où Macron a été plébiscité en 2017, le parti présidentiel était mal parti. Le dernier sondage du JDD donnait Benjamin Griveaux troisième derrière Anne Hidalgo et Rachida Dati.

Si le parti présidentiel décide de se maintenir dans la course, il faudra trouver un remplaçant en urgence, la date butoir pour le dépôt des listes étant le 27 février. "Nous avons un projet ambitieux pour Paris, nous continuerons à le porter, a réagi le délégué général de LREM Stanislas Guerini devant la presse. Nous allons réfléchir à la meilleure proposition à faire pour l'incarner." Il y aura "quoi qu'il arrive" une liste LREM à Paris, a commenté la macroniste Olivia Grégoire. La potentielle future tête de liste devra se faire connaître – et apprécier – des Parisiens en quelques semaines seulement. Pour les autres candidats, les cartes sont rebattues. Le scrutin pourrait ressembler davantage à un duel gauche-droite, Hidalgo-Dati.

L'épilogue d'une campagne chaotique. Le renoncement de Benjamin Griveaux marque la fin d'une campagne émaillée d'embûches. Dès le départ, ce proche d'Emmanuel Macron a dû faire face à la dissidence du mathématicien Cédric Villani. Puis, les bad buzz se sont enchaînés. Il y a eu la diffusion d'un enregistrement dans lequel le candidat tout-juste investi insulte plusieurs de ses camarades. Dans un premier temps, il avait refusé de s'excuser.

Au fur et à mesure que les mauvais sondages s'empilaient, les propositions fortes du candidat (un "Central park" parisien, 100.000 euros pour devenir propriétaire et les "managers de rue") n'ont pas reçu un bon accueil. Jeudi encore, le natif de Châlon-sur-Saône faisait une bourde en regrettant la faible fréquentation du musée Carnavalet. Et pour cause, le monument est actuellement fermé pour travaux.

Un précédent aux Etats-Unis. La mésaventure de Benjamin Griveaux ressemble à une autre, celle de l'Américain Anthony Weiner. Le démocrate, favori pour la mairie de New York en 2013, avait vu sa carrière brisée après la révélation de photos suggestives et de SMS crus envoyés à une femme. Avec une différence notable : Anthony Weiner avait envoyé ces images à une mineure, ce qui lui a valu d'être condamné à 21 mois de prison ferme et 10.000 dollars d'amende. En 2011, il avait déjà démissionné du Congrès pour des faits similaires.

Publicité
Publicité

Plus d'info : Le Journal du Dimanche.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon