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Municipales : on vous résume les objectifs de chaque parti

logo de leJDD leJDD il y a 4 jours Arnaud Focraud
Les formations politiques ont effectué leur rentrée en se projetant vers les élections municipales, organisées dans six mois. Elles nourrissent des ambitions différentes. © Sipa

Les formations politiques ont effectué leur rentrée en se projetant vers les élections municipales, organisées dans six mois. Elles nourrissent des ambitions différentes.

La rentrée a un goût d'élections municipales. Tour à tour, les principaux leaders et formations politiques ont fait leur retour sur la scène politique : après la gauche et la droite, La République en marche était à Bordeaux le week-end dernier et Marine Le Pen paradait à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), en attendant de réunir le Rassemblement national dimanche prochain à Fréjus (Var). Tous se tournent déjà vers l'échéance prévue dans six mois, le scrutin municipal des 15 et 22 mars.

Si les investitures n'ont pas encore toutes été distribuées, les ambitions se font jour. On vous résume la situation pour les principales formations.

Objectif de La République en marche : remporter le scrutin au niveau national et gagner des grandes villes

En cette rentrée, c'est plutôt un parfum de désunion qui règne dans les rangs de la majorité. Les investitures accordées ont provoqué des frictions, avec des cas de dissidences comme celle de Cédric Villani à Paris. Les rapports avec les alliés du parti présidentiel, à commencer par le MoDem, ne sont pas plus simples. Et la stratégie de LREM de s'appuyer en partie sur des maires sortants, notamment de droite, hérissent certaines antennes locales.

Quoi qu'il en soit, ce parti arrive vierge pour ces municipales - étant né après les dernières élections de 2014 -, ce qui n'empêche pas certains édiles de l'avoir depuis rejoint. Toute nouvelle implantation sera donc saluée par les figures de la majorité, d’autant que cela lui permettra d’accroître son réservoir d’élus. Mais si trop de grandes villes lui échappent, à commencer par la capitale, il restera un sentiment d'échec : il s'agit de son terrain de prédilection et LREM y avait écrasé la concurrence lors des législatives de 2017 et les dernières européennes (en tête dans 32 des 42 principales villes françaises lors du scrutin de mai).

L'autre indicateur de sa réussite sera à observer dans les résultats à l'échelle nationale, bien qu'imparfaits pour ce type de scrutin. Avec l'effacement attendu du RN pour cette élection, et les convalescences de la gauche et de la droite, le bloc majoritaire ne vise rien d'autre que la première place.

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Objectif des Républicains : rester la première force municipale et relancer le parti

Le parti de la droite vit la plus grave crise de son histoire. Après le désastre des européennes (8,48%) qui a provoqué la démission de Laurent Wauquiez, Les Républicains vont devoir relever la tête pour ne pas sombrer. Les élections municipales viennent peut-être au bon moment. Car le parti, qui aura en octobre un nouveau président (Christian Jacob en est le favori), peut s’appuyer sur son vivier de maires, consolidé après sa victoire en 2014. Et compter sur l’habituelle "prime aux sortants" souvent observée pour ce scrutin. De récents sondages, commandés par LR et réalisés à Reims, Saint-Etienne et Caen, étaient d’ailleurs très rassurants. L’enjeu pour cette formation est très concret : de son résultat en mars prochain dépendra aussi sa capacité à conserver le Sénat, quelques mois plus tard.

Au-delà, c’est sa capacité à rester une force d’opposition majeure à Emmanuel Macron, notamment dans la perspective de 2022, qui se joue. Même si les élections municipales pourraient réveiller le spectre des divisions, entre une partie des élus LR qui se sont déjà rapprochés de la majorité pour optimiser leurs chances d’être reconduits et une autre frange, celle incarnée par la future direction, hostile à tout accord.

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Objectif du Parti socialiste : conserver ses bastions symboliques

Ce n'est pas l'élection de la dernière chance pour les socialistes, mais presque. Largement affaibli depuis les 6,3% de la présidentielle en 2017 et la débâcle des européennes (6,2%), le parti peut encore compter sur son implantation locale. En effet, malgré la défaite de 2014, il reste la deuxième force politique du pays au niveau municipal. Tout l'enjeu sera donc de conserver un maximum de municipalités. Les résultats dans quelques grandes villes symboliques seront scrutés : Hidalgo à Paris, Aubry à Lille, Rebsamen à Dijon, Rolland à Nantes, Appéré à Rennes… 

Le PS devra toutefois éviter deux écueils : éviter que trop de maires sortants ne se rapprochent d'En marche (certains l'ont déjà fait ces derniers mois) et contrer les offensives écologistes qui affichent leur volonté d'être présents partout au premier tour. "Repartons au combat", a ainsi lancé Olivier Faure à La Rochelle fin août, tout en appelant, comme il le fait depuis des mois, aux rassemblements à gauche puisque, selon lui, "aucune offre, prise séparément, n'est aujourd'hui en mesure de s'imposer". Une stratégie qui n'a pas les faveurs de tous au sein de la formation, certains s'inquiétant d'un "effacement" du Parti socialiste. 

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Objectif du Rassemblement national : essaimer dans les petites et moyennes communes

C'est la difficulté du parti de l'extrême droite : vainqueur des européennes de mai dernier et principale force d'opposition à Emmanuel Macron, le Rassemblement national part avec des ambitions moindres pour ces municipales. Comme En marche, la formation de Marine Le Pen a toujours un souci d'implantation même si, au niveau local, elle cherche davantage à nouer des alliances à droite - de quoi alimenter le feuilleton des divisions à LR.

Dans l'immédiat, les 11 mairies remportées en 2014 lui serviront de base pour montrer sa progression. Chaque perte sera un échec. Le RN espère surtout essaimer à partir de ces communes, notamment autour de son fief d'Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais ainsi que dans le Sud-Est. "Chaque siège de conseiller municipal obtenu, chaque mairie conquise, seront autant de marches franchies", résumait d’ailleurs Marine Le Pen dimanche. Les petites et moyennes communes tombant dans son escarcelle seront autant de trophées. Et Perpignan (Pyrénées-Orientales), avec ses 122.000 habitants, un possible gros lot. La cité catalane est convoitée par le député Louis Aliot, défait il y a cinq ans pour 4.000 voix (44,9% au second tour).

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Objectif d'EELV : confirmer la dynamique des européennes et devenir incontournable à gauche

Les écologistes le savent : les municipales ne sont pas les européennes. Pour autant, ils espèrent confirmer dans les urnes leur bon score du scrutin de mai (13,48%). La nouvelle tête d’affiche du parti, Yannick Jadot, n'a de cesse de le répéter : "Le temps des écologistes est venu." Côté stratégie, il y aura des listes EELV - ou d'union autour d'un projet partagé - partout au premier tour et en aucun cas des "accords d'appareil". L'autonomie avant tout, ce qui n’exclut pas le rassemblement de la gauche au second tour.

L'objectif affiché est donc de "garder Grenoble et de conquérir d'autres villes", affirme Yannick Jadot. Les noms de Rennes, Nantes, Paris ou encore Besançon reviennent souvent. "Tout le monde parle des grandes villes, mais ce sont les villes moyennes qu'on va choper", anticipe un stratège du parti auprès du JDD. Même s'il est difficile de tirer des conclusions nationales après un scrutin local, le résultat de mars 2020 donnera donc des indications sur le poids d'EELV pour l'avenir, notamment à gauche. Et l’on saura si les européennes n'auront été qu'un "one shot" pour la formation écologiste.

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Objectif de La France insoumise : rester modeste et laisser la place à des listes citoyennes

Pour les mélenchonistes, les échéances ­locales n'ont jamais été un enjeu stratégique. "L'élection phare, où les gens pensent que le pouvoir se joue, c'est la présidentielle", reconnaissait récemment Alexis Corbière dans le JDD. Alors la France insoumise ne fait pas grand cas du prochain scrutin. "L'objectif central qu'on se fixe, c'est l'implication citoyenne", explique Adrien Quatennens, le désormais numéro 1 du mouvement. Comprendre : LFI apportera son soutien à des listes citoyennes qui porteront les idées des Insoumis. La formation ne dispose aujourd'hui d'aucun maire, ce qui pourrait être toujours le cas l'année prochaine.

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