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Saint-Martin: le gouvernement veut éteindre la polémique sur la gestion de la crise

logo de Le Figaro Le Figaro 11/09/2017 Jean-Marc Leclerc
figarofr: Des unités du GIPN attendent, dimanche, de quitter l'aéroport de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) pour être déployés dans les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. © HELENE VALENZUELA/AFP Des unités du GIPN attendent, dimanche, de quitter l'aéroport de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) pour être déployés dans les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Plusieurs responsables politiques ont dénoncé des défaillances de l'État face à l'insécurité régnant sur l'île durement frappée par l'ouragan Irma. Le président Macron s'envolera ce lundi soir pour Saint-Martin.

Des attaques à la voiture bélier contre des commerces, des pillages massifs, des rumeurs de «chasse aux Blancs», d'évasion de détenus dangereux et armés, des milices de riverains, bien réelles celles-là, constituées pour protéger certains quartiers. Et, en tout état de cause, des familles qui ont peur et réclament, pour certaines, un rapatriement, au moins pour les femmes et les enfants. Il n'en fallait pas davantage pour que ce qui se passe à Saint-Martin, l'île des Antilles françaises la plus durement frappée par l'ouragan Irma, n'échauffe les esprits à Paris. L'ampleur du désastre se confirme notamment dans les témoignages-chocs de fonctionnaires ultramarins.

Sur le chaos régnant sur place, le général Jean-Marc Descoux, qui dirige les forces de gendarmerie en Guadeloupe, à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, a livré son analyse de militaire. Il a d'abord confirmé sur France Info que les forces de l'ordre ont désarmé «des gens avec des couteaux» qui «terrorisaient» les habitants. Une maigre moisson, pour l'heure, d'une vingtaine de voyous tout au plus. Le général Descoux a révélé que «500, 600 malfaiteurs, mais qui étaient des malfaiteurs d'habitude (…) ont profité de l'opportunité» pour passer à l'action.

Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, a bien été forcé de le reconnaître: «Je ne nie pas le sentiment d'insécurité, il est réel (…). Il y avait 11 pharmacies, 8 ont été détruites, 3 pillées par des gens qui, face à la panique, ont fait ce qu'ils n'auraient jamais fait à aucun autre moment.» Des frigos, des machines à laver, des téléviseurs ont aussi été embarqués dans des pick-up lors de razzias improvisées jusque chez les particuliers. On a même vu un adjoint de sécurité de la police aux frontières (PAF) embarquer du matériel nautique. Bref, les 37.000 habitants d'une île dévastée ont été confrontés à l'anarchie la plus totale.

En face, le nombre des agents qui ont pu être déployés sur le terrain dans un premier temps était inférieur à celui des pilleurs. «420 gendarmes immédiatement sur place, 80 policiers, 100 militaires» auxquels il faut ajouter 550 pompiers pour arriver au chiffre d'un millier de professionnels à pied d'œuvre au début de la crise, était-ce un nombre suffisant? Une chose est sûre: la polémique n'aura pas attendu la fin des secours et de l'urgence pour démarrer.

«Défaillance de l'État» 

Marine Le Pen a ouvert les hostilités dès samedi. «Rien n'a été prévu, rien n'a été anticipé. Les moyens de secours et de maintien de l'ordre sont tout à fait insuffisants. L'effondrement de nos moyens militaires - le nombre dérisoire de nos bâtiments de la Marine - ne permet pas la réponse qui devrait être celle d'une grande et puissante nation comme la France», a-t-elle déclaré.

«Il y a une défaillance de l'État», a estimé, de son côté, dimanche, Éric Ciotti, invité du «Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro». «Il y a eu un défaut d'anticipation de la part des services de l'État», a-t-il martelé. «On aurait pu prépositionner des forces, des militaires pour assurer la sécurité» des civils, a continué le député qui réclame «une commission d'enquête parlementaire», pour «tirer toutes les conséquences, pour que cela ne se reproduise plus». Il ajoute: «Elle devra établir si tout a été fait.»

Même Jean-Luc Mélenchon, à l'extrême gauche, annonce vouloir prendre une initiative similaire: «Je proposerai qu'on fasse une commission d'enquête parlementaire pour savoir si l'on a prépositionné des forces militaires et civiles en nombre suffisant, alors qu'on savait que l'ouragan arrivait», a déclaré le chef de file des Insoumis, lors de l'émission «Dimanche en politique» sur France 3.

Sur le pont, tout l'été avec les incendies de forêt et les retombées de l'enquête antiterroriste consécutive aux attentats de Catalogne, Gérard Collomb s'attendait certes à une rentrée musclée. Mais il se préparait surtout à une fronde sociale autour de la réforme du Code du travail. Pouvait-il prévoir le coup de tabac d'Irma, une séquence qui, dans son esprit, appellerait plutôt à la cohésion nationale? À Beauvau, ce sont bien les événements qui commandent.

Le Premier ministre fait bloc avec son ministre de l'Intérieur. Il a annoncé que deux escadrons de gendarmerie mobiles, arrivés dimanche en renfort, «seront opérationnels dès lundi». Un autre arrivera de métropole dans «les jours qui suivent». «Cela représente 240 gendarmes supplémentaires, auxquels s'ajoutent des moyens militaires, avec la mobilisation de trois compagnies», issues de l'infanterie de marine, avec ses «paras», et de la Légion. Le GIGN a envoyé 30 hommes, et le GIPN, une quinzaine de superflics. Les forces d'élite mobilisées pour réprimer les troubles.

Le président de la République, de retour de Grèce, se doit de montrer que la réponse de l'État est à la hauteur du défi d'Irma. Emmanuel Macron s'envolera lundi soir pour Saint-Martin. «Il y sera mardi au matin. Il passera la journée sur l'île pour pouvoir s'entretenir avec les habitants (...) et les élus de l'île», a déclaré Gérard Collomb dimanche soir.

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