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Société - Une proposition de loi pour créer un statut officiel de «citoyen sauveteur»

logo de Le ParisienLe Parisien 18/10/2018 Florence Méréo

Deux députés LREM veulent créer un statut officiel pour protéger le citoyen qui porte secours. Leur proposition de loi est dévoilée ce jeudi.

Le Parisien: La proposition de loi veut que 80 % de la population soit, d’ici cinq ans, formée aux gestes qui sauvent. © SIPA/Mourad Allili La proposition de loi veut que 80 % de la population soit, d’ici cinq ans, formée aux gestes qui sauvent.

En 2006, deux mois après la naissance de leur fils Martin, son épouse a fait un arrêt cardiaque inopiné. Jean-Charles Colas-Roy l’a sauvée après 20 minutes d’un massage, appris lorsqu’il était juge-arbitre de tennis. L’an passé, Hugues Renson, a, lui, été « ébranlé » par une série de témoignages sur la mort subite. De leur histoire personnelle, les deux députés quadra LREM - le premier de l’Isère, le second de Paris et vice-président de l’Assemblée nationale - ont décidé de faire un combat politique.

À la veille de la journée européenne de sensibilisation à l’arrêt cardiaque, les deux députés dévoilent au Parisien la proposition de loi qu’ils vont remettre, ce jeudi matin, au président du groupe, « visant à lutter contre la mort subite et à sensibiliser la population aux gestes qui sauvent ».

Créer un statut du citoyen sauveteur

En moyenne, les secours mettent 13 minutes à se rendre sur le lieu d’un accident. Une éternité lors d’un arrêt cardiaque inopiné où chaque minute sans massage équivaut à 10 % de chance de survie en moins. Après trois minutes sans massage, les lésions cérébrales sont irréversibles. « En clair, la personne qui se trouve à côté de la victime est la seule à pouvoir pratiquer les premiers gestes », note Jean-Charles Colas-Roy.

Un rôle que les élus veulent sacraliser avec un statut de « citoyen sauveteur » signifiant son importance… et le protégeant. « Il s’agit d’affirmer qu’il est exonéré de toute responsabilité en cas de préjudice non intentionnel. Il ne faut pas oublier, insiste l’élu, que la personne est décédée. Le citoyen qui agit ne peut pas aggraver la situation ! »

Former 80 % de la population aux gestes qui sauvent

Transformer, en moins de cinq ans, 65 % d’une population qui les ignorent à 80 % sensibilisés aux gestes qui sauvent (alerte, massage cardiaque, utilisation du défibrillateur)… Irréalisable ? Non, veut croire Hugues Renson, pour qui les 50 000 décès sont une « urgence de santé publique ».

L’élu veut « mieux former les citoyens » tout au long de leur vie : à l’école primaire (attestation en CM2), lors de l’obtention du permis de conduire, dans l’entreprise… Les parlementaires proposent une sensibilisation de 2 heures, moins contraignante et coûteuse (environ 40 euros par personne) que des formations « complètes ».

Objectif : faire passer le taux de survie des victimes de 3 à 10 % d’ici à dix ans et éviter la fatalité. « La perspective des JO 2024 nous permet d’imaginer un campagne de prévention dans les clubs sportifs. 800 morts subites, rappelle Renson, surviennent lors de la pratique sportive. »

La dégradation des défibrillateurs plus sévèrement punie

« On ne s’attaque pas à un outil qui sauve des vies », tranchent les députés ! Leur proposition entend mieux signaler les défibrillateurs, mais aussi renforcer les sanctions en cas de dégradation volontaire, en insérant un alinéa spécifique à l’article 311-4 du Code pénal. Article qui précise que le vol est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende…

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