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#MeToo : le maire de Laval renonce à un nouveau mandat

logo de Liberation Liberation 02/12/2019 Laure Bretton
Le maire UDI sortant de Laval, François Zocchetto, en 2014. © JEAN-FRANCOIS MONIER Le maire UDI sortant de Laval, François Zocchetto, en 2014.

Dénonçant un «tribunal médiatique», François Zocchetto jette l'éponge après avoir été mis en cause dans une affaire de violences sexistes.

Mis en cause dans une affaire de harcèlement sexuel, le maire UDI de Laval, François Zocchetto, a annoncé lundi qu’il renonçait à briguer un nouveau mandat. «Pour que la campagne électorale des municipales puisse se dérouler dignement et sereinement, je préfère ne pas me représenter et protéger ma famille», explique l’édile dans un message diffusé sur sa page Facebook. Sans sourciller, il dénonce une «campagne calomnieuse, initiée par [ses] adversaires politiques, avec pour seul objectif de [le] détruire devant le seul tribunal médiatique». «La personne qui me met en cause ne se cache pas de travailler pour un responsable socialiste aux hautes ambitions», a-t-il ajouté lundi.

Silence de l’UDI

Les faits reprochés à François Zocchetto avaient été révélés par Libération en 2018 avant d’être documentés plus récemment par d’autres médias, dont France Bleu Mayenne ou Mediapart. Lors d’une soirée arrosée à Rome à l’occasion des célébrations de la fête nationale, 14 juillet 2016, une ancienne collaboratrice du secrétaire d’Etat Jean-Vincent Placé avait été contrainte de danser avec le sénateur-maire Zocchetto qui avait multiplié les remarques sur son physique, dans les salons de l’ambassade de France. «Je suis conseillère en cabinet ministériel pas escort», avait alors tenté de répliquer Audrey (1), sommée de s’exécuter. Circonstance aggravante, la scène se déroulait quelques heures après l’attentat de Nice sur la promenade des Anglais (86 morts) dont le secrétaire d’Etat et le sénateur-maire avait été mis au courant par les voies officielles.

En septembre, l’UDI avait choisi d’investir François Zocchetto comme candidat à sa succession à Laval et début novembre, une tribune signée par 205 personnalités appelait à un #MeToo des territoires, exhortant les partis politiques à ne pas investir des candidats mis en cause dans des affaires de violences sexistes ou sexuelles. Le Parti socialiste a depuis fait savoir qu’il avait retiré l’investiture d’un de ses candidats en Bretagne pour ces raisons, sans donner plus de détails. Début novembre, Audrey avait donc écrit à Jean-Christophe Lagarde, patron de l’UDI, pour raconter son histoire et demander ce que le parti avait «prévu de mettre en œuvre pour s’assurer que François Zocchetto […] ne puisse être en situation de reproduire ses agissements». La lettre est restée sans réponse jusqu’à l’annonce du retrait de Zocchetto lundi, dont on ignore s’il a été accéléré par l’échelon national ou par des pressions locales. Sur sa page Facebook, il attaque «les réseaux sociaux, vaste défouloir, où l’on cloue au pilori sans défense possible ni audible, sans circonstances atténuantes et avec, pour unique objectif, [d']abattre un homme et [de] détruire ses proches».

Prise de conscience

Dans un mail envoyé à France 3 Pays de la Loire fin novembre, il évoquait un simple «manque de retenue» et estimé que le déroulement de la soirée de juillet 2016 leur avait «été imposée à tous les deux». A ses yeux, l’affaire est ressortie dans les médias pour des raisons politiciennes, trois ans après les faits et avant les municipales. «Cette temporalité n’est certainement pas due au hasard», écrivait François Zochetto. Loin des arrière-pensées politiciennes, ces délais entre les faits et leur révélation illustrent pourtant en creux le long cheminement de la prise de conscience et de la parole des victimes d’actes sexistes et sexuels. Pour Audrey, «les agresseurs ne peuvent pas demander aux victimes de s’exprimer au moment où ça les arrange eux».

(1) Le prénom a été modifié

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