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TRIBUNE. L'appel de 30 personnalités pour une convention citoyenne contre l'exclusion

logo de leJDD leJDD 11/07/2020 Redaction JDD
Dans une tribune, trente personnalités, dont neuf députés, plaident pour le lancement d'une "convention contre l'exclusion", sur le modèle de la convention citoyenne pour le climat. © Sipa

Dans une tribune, trente personnalités, dont neuf députés, plaident pour le lancement d'une "convention contre l'exclusion", sur le modèle de la convention citoyenne pour le climat.

Dans une tribune, trente personnalités, dont neuf députés, plaident pour le lancement d'une "convention contre l'exclusion" : "Le travail de la convention citoyenne pour le climat suscite les récriminations habituelles de ceux qui n'existent qu'à travers la polarisation du débat médiatique : rien d'original ou de détonnant, déplorent les uns ; trop liberticide ou confiscatoire, s'alarment les autres. On suspecte une manipulation par des spécialistes forcément partiaux, on met en cause le tirage au sort, on va même jusqu'à suggérer un complot du pouvoir… Que 150 Français de tous horizons, mandatés pour "définir une série de mesures permettant d'atteindre une baisse d'au moins 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030, dans un esprit de justice sociale", aient, après neuf mois de travail et de réflexion, recommandé des solutions concrètes et nécessaires se révèle impossible pour les "conventiosceptiques".

 
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Une convention citoyenne est faite pour produire du consensus, quand les positions des camps opposés, prisonnières des logiques partisanes, semblent inconciliables

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Ces résultats n'ont pourtant rien d'étonnant. L'exemple irlandais de l'IVG l'a montré : une convention citoyenne est faite pour produire du consensus, quand les positions des camps opposés, prisonnières des logiques partisanes, semblent inconciliables. Une assemblée représentative de la diversité de notre société est mieux à même de se prononcer sur les solutions les plus justes, les plus efficaces et les plus acceptables. Avec ses 149 mesures pour baisser les émissions de gaz à effet de serre sans mettre en péril les finances des Français, la convention a rempli l'objectif qui lui était assigné.

Que ces préconisations recoupent celles des principaux spécialistes et que les conventionnels demandent qu'elles soient examinées par le Parlement, cela démontre qu'ils ont compris les avantages du débat éclairé et du principe délibératif que n'a pas le référendum. Cela prouve aussi que la démocratie, n'en déplaise aux populistes, a encore un avenir.

 
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La principale fonction de la convention est de contribuer à surmonter la défiance démocratique

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Au-delà de l'enjeu écologique, la principale fonction de la convention est de contribuer à surmonter la défiance démocratique. Si nos institutions politiques, médiatiques et même scientifiques n'étaient pas tant décriées, nous n'aurions jamais eu besoin de recourir à ce mécanisme. Tirons-en les conséquences : ce n'est qu'en transformant en profondeur notre modèle démocratique que nous répondrons à l'urgence climatique et sociale.

Il faut pour cela réparer un espace public aujourd'hui défaillant. Pour qu'il remplisse son office – permettre la délibération –, il faut n'en exclure personne. Depuis Nuit debout, les grèves lycéennes pour le climat, les Gilets jaunes, MeToo et les marches contre le racisme, l'exigence de justice se double d'un impératif d'exhaustivité : nous toutes et tous ou rien. La question de l'inclusion est déterminante.

 
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Que nous soyons jeunes, femmes, racisés, handicapés, venant des ronds-points ou des cages d'escalier, nos paroles doivent être entendues et nos combats reconnus

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Que nous soyons jeunes, femmes, racisés, handicapés, venant des ronds-points ou des cages d'escalier, nos paroles doivent être entendues et nos combats reconnus. A ces mobilisations qui ne pouvaient venir que de la rue, nous voulons donner un débouché institutionnel, en appelant à la tenue d'une convention citoyenne sur la question de l'inclusion.

Nous sommes convaincus que seule une assemblée citoyenne véritablement représentative, éclairée par des experts, qui prenne le temps de délibérer, pourra formuler les préconisations qui s'imposent pour en finir avec l'exclusion. Nous sommes persuadés qu'une majorité de Français n'ont pas idée de l'ampleur des discriminations subies par leurs concitoyens mais qu'une fois informés, ils ne resteront pas sans réagir.

Sur la base des 25 critères de discrimination du défenseur des droits, reconnus par la loi, nous pourrions alors établir 150 mesures pour en finir avec les inégalités d'accès à la vie publique et économique qui minent notre nation."

Liste des signataires

Aurélien Taché, député du Val-d'Oise, Louis-Simon Boileau, doctorant en sciences politiques, Brandy Boloko, co-président de Cité des Chances, Maryeme Bouslam, responsable associative, Emilie Cariou, députée de la Meuse, Léa Chamboncel, créatrice du podcast Place du Palais Bourbon, Marc Cheb Sun, auteur et éditorialiste, Guillaume Chiche, député des Deux-Sèvres, Marine Creuzet, cadre dans l'ESS, militante associative, Dorian Dreuil, responsable associatif, auteur du "Plaidoyer pour l'engagement citoyen", Paula Forteza, députée des Français d'Amérique latine, Albane Gaillot, députée du Val-de-Marne, Samuel Grisbowsky, fondateur de Coexister, Nacira Guénif-Souilamas, sociologue et anthropologue, professeure à l'université Paris-VIII, Nadia Hathroubi-Safsaf, journaliste et auteure, Sandra Huet-Le Holloco, directrice de cabinet de la ville de Courdimanche, Hubert Julien-Laferrière, député du Rhône, Sandrine Josso, députée de la Loire-Atlantique, Jean Karinthi, fondateur du tiers lieu l'Hermitage, Marc Kieny, président de La Cimade Ile de France, Laurence Lascary, productrice et fondatrice de "De l'autre côté du périph'", Julie Lavet, militante féministe, responsable d'une association d'éducation par le sport, Edward Mayor, entrepreneur et responsable associatif, Sébastien Nadot, député de Haute-Garonne, Raphael Pitti, médecin humanitaire, François Rochon, urbaniste, Catherine Sabbah, fondatrice de l'Institut des hautes études pour l'action dans le logement (Idheal), Rooh Savar, entrepreneur d'innovation, président de SINGA, Sophie Trilles, consultante et conseillère régionale Bourgogne-Franche-Comté, Martine Wonner, députée du Bas-Rhin.

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Plus d'info : Le Journal du Dimanche.fr

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