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Yvelines: une arrestation de lycéens indigne la toile

logo de L’Obs L’Obs il y a 6 jours L'Obs

Les images d'enfants et ados près du lycée Saint-Exupéry, à genoux les mains sur la tête et entourés de policiers scandalise les réseaux sociaux.

Relire la vidéo

"Voilà un classe qui se tient sage!" La phrase, pleine ironie, émane de l'auteur de la vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux en quelques minutes et dont on ignore encore l'identité. Ce qui est sûr, c'est que l'auteur de ce qui se veut être un "trait d'humour" a l'autorisation de filmer la scène.

La scène se déroule jeudi 6 décembre au 254 Boulevard du Maréchal Juin à Mantes-la-Jolie, face au lycée Saint-Exupéry.

Il se ballade tranquillement parmi des dizaines d'enfants ou adolescents à genoux, mains derrière la tête, et entourées de forces de police armées, les surveillant. On entend l'un des policiers dire à l'un des ados "regarde droit devant".

La force de ces images a immédiatement mis en ébullition les réseaux sociaux. L'un des premiers comptes Twitter à partager la vidéo a vu son tweet partagé plus de 5000 fois en moins d'une heure. Nombre d'internautes parlent d'humiliation tandis que d'autres font le rapprochement avec des vidéos d'exécution.

Arrestations à Mantes-la-Jolie, face au lycée Saint-Exupéry © Copyright 2018, L'Obs Arrestations à Mantes-la-Jolie, face au lycée Saint-Exupéry

L'AFP ainsi que Le Monde ont pu se faire confirmer l'authenticité de ces images.

 

L'AFP a également diffusé d'autres images de la même scène vue sous un autre angle, qui permet de voir les secondes précédant l'arrestation des lycéens, afin de comprendre le contexte:

 

Le procureur de la République de Versailles Vincent Lesclous, a précisé que le motif des quelque 150 arrestations était "participation à un attroupement armé" après des heurts et dégradations a indiqué à l'AFP le commissaire de la ville, assurant vouloir ainsi "interrompre un processus incontrôlé".

Les mains entravées dans le dos ou sur la tête, à genoux ou assis au sol, des dizaines d'entre eux ont été rassemblés dans le jardin d'un pavillon et dans une maison associative par quelque 70 policiers mobilisés pour cette opération, a constaté une journaliste de l'AFP.

Ces arrestations ont eu lieu après de nouveaux incidents à proximité du lycée Saint-Exupéry, où deux voitures ont été incendiées jeudi et où des heurts ont éclaté avec la police, a constaté la journaliste.

Le point, ville par ville

Environ 280 lycées et collèges en France ont été de nouveau perturbés jeudi, dont 45 bloqués, par des élèves et plusieurs incidents ont été recensés, conduisant à plus de 700 interpellations au total.

"On est sur des chiffres à peu près similaires aux jours précédents", a indiqué dans la journée à l'AFP le ministère de l'Éducation nationale. "Selon les établissements, les situations sont très hétérogènes, entre les blocages totaux, partiels, les barrages filtrants, des feux de palettes...".

Plusieurs syndicats (FO, Sgen-CFDT) ou la fédération de parents d'élèves FCPE demandent au ministre d'"entendre" les revendications exprimées par les lycéens, qui appellent notamment à l'abandon des réformes du bac, de la voie professionnelle ou de l'accès à l'université.

Les syndicats lycéens ont appelé jeudi à maintenir la pression et intensifier le mouvement par une "mobilisation générale" avant des manifestations vendredi.

 
    Dans les Yvelines, au total 189 jeunes, âgés de 12 à 20 ans, ont été placés en garde à vue, selon le procureur de Versailles. Dans les Hauts-de-Seine, 35 personnes ont été placées en garde à vue après des échauffourées devant des lycées. En Seine-Saint-Denis, la situation a été tendue dans la matinée devant plusieurs établissements. Au lycée Henri-Wallon à Aubervilliers des élèves ont partiellement bloqué l'entrée de l'établissement dans la matinée. "On bloque pour la nouvelle réforme, Parcoursup, l'état du lycée aussi: il est vieux, on n'a pas de foyer", a déclaré l'un d'eux, Zelal. Dans le Val-de-Marne, environ 150 jeunes, dont certains portaient des gilets jaunes, se sont rassemblés devant le lycée polyvalent de Cachan. "La hausse des carburants, c'est nous qui allons la payer plus tard", a dit Inès, en Première. Au lycée Jacques-Monod, à Orléans, où un élève a été grièvement blessé par un tir de lanceur de balles de défense mercredi, la proviseure avait appelé les élèves à "ne pas rejoindre le lycée jeudi et vendredi". Des tensions ont été constatées à Grenoble et son agglomération, ainsi qu'à Annecy, et la police a procédé à des interpellations. Les blocages se sont poursuivis à Toulouse où une manifestation a été ponctuée de violences: deux policiers ont été blessés et un journaliste "bousculé", a indiqué la préfecture de la Haute-Garonne. Un élève a été blessé à Béziers (Hérault). Quelques incidents ont éclaté dans l'académie de Strasbourg avec des pétards et fumigènes lancés par endroits, ainsi qu'à Mulhouse. Quelque 900 lycéens ont manifesté dans les rues de Clermont-Ferrand, selon la police. Des manifestations émaillées de heurts avec la police devant plusieurs établissements de la ville. A Marseille, une vingtaine d'établissements ont été touchés, avec des "blocages plus ou moins filtrants", selon le rectorat. Devant certains lycées, des feux de poubelles ont été allumés et les forces de l'ordre ont été caillassées.

(Avec AFP) 

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