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« Il n'y a plus d'État de droit au Venezuela »

logo de Le Figaro Le Figaro il y a 6 jours Patrick Bèle

INTERVIEW - Irian Guaviria est président du parti Puente qui s'oppose au pouvoir chaviste de Nicolas Maduro. Il réagit pour Le Figaro aux derniers développements de la crise vénézuélienne, quelques jours après l'élection constituante controversée et la mutinerie de Valencia du 6 août dernier.

figarofr: Douze pays d'Amérique latine ont décidé de ne pas reconnaître la nouvelle assemblée constituante élue le 30 juillet dernier et condamné «le manque d'élections libres, la violence, la répression, la persécution politique et l'existence de prisonniers politiques». © FEDERICO PARRA/AFP Douze pays d'Amérique latine ont décidé de ne pas reconnaître la nouvelle assemblée constituante élue le 30 juillet dernier et condamné «le manque d'élections libres, la violence, la répression, la persécution politique et l'existence de prisonniers politiques».

Le Figaro: Que se passe-t-il au Venezuela?

IIrian GUAVIRIA - C'est un pays sans État de droit. Pire: sans constitution. Une «élection» a été organisée le dimanche 30 juillet pour une assemblée nationale constituante (ANC). Cette sélection, plutôt qu'élection, s'est faite sans consulter le peuple et viole l'article 347 de la constitution qui dit que le peuple vénézuélien est dépositaire de la souveraineté et qu'il est le seul à pouvoir convoquer une constituante. Le 30 juillet la constitution et l'État de droit ont été éliminés. Il y a maintenant au Venezuela des actions de faits non de droit que le pouvoir exécutif impose grâce à l'appui des Forces armées. On peut le constater très concrètement: la première décision de l'ANC a été de congédier la procureure générale Luisa Ortega, violant ainsi la constitution car seule l'Assemblée nationale peut révoquer un procureur général. Cette ANC a pris cette décision et pour l'appliquer, elle a fait prendre le siège du ministère public par la Garde nationale. Autre exemple: la ANC a forcé les portes de l'hémicycle de l'assemblée nationale avec l'aide de la Garde nationale.

Que peut faire l'Assemblée nationale (AN)?

L'Assemblée nationale a été élue en décembre 2015. L'opposition a obtenu 2/3 des sièges. Elle a été élue le 6 décembre et devait être investie le 5 janvier 2016. Entre ces deux dates, l'ancienne AN a renouvelé le Tribunal suprême de justice (TSJ) de façon illégale. Le TSJ a annulé l'élection de quatre députés de l'Amazonie, supprimant ainsi la majorité qualifiée à l'opposition. Et ce TSJ, à partir de janvier, a déclaré l'Assemblée nationale en désobéissance. L'AN, d'un point de vue pratique, est donc inexistante puisque toutes ses décisions sont annulées.

Comment sortir de cette crise?

Sortir de cette crise démocratiquement et pacifiquement est le grand défi du pays. Nous devons d'abord rétablir la constitution parce que c'est l'unique point de référence du pacte social. Réaliser des élections malgré un Conseil électoral délégitimé. Pour cette raison nous allons participer aux élections régionales de décembre 2017. Et exiger des élections présidentielles qui sont prévues pour 2018. Il faut comprendre qu'il ne peut y avoir une sortie démocratique sans négociation d'un accord politique. Il faut rappeler des choses importantes: Le président Maduro a été élu. Si 80% des Vénézuéliens rejettent Nicolas Maduro, le chavisme et la figure de Chavez recueillent une adhésion de plus de 50%. Une grande partie du pays s'identifie toujours aux idées de Chavez et du socialisme du XXIe siècle.

Que pensez-vous de la mutinerie de Valencia?

C'est une escarmouche. Cela n'a aucune portée. Un commando de 20 personnes a pris une installation militaire au petit matin pour quelques minutes. Ce n'est pas le signe d'un malaise dans les Forces armées vénézuéliennes.

Pourquoi le dialogue entre l'opposition et le gouvernement d'octobre n'a pas abouti?

Le gouvernement avait comme objectif de gagner du temps pour empêcher le référendum révocatoire du président Maduro et de diviser l'opposition. Cette dernière n'avait pas des objectifs clairs. Certains voulaient que Maduro s'en aille immédiatement et d'autres pensaient qu'il fallait respecter le processus électoral, la constitution, le mandat de Maduro. Ce qui a le plus coûté à l'opposition, c'est de ne pas accepter la légitimité de Maduro.

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Plus d'info : le figaro.fr

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