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Affaire Epstein : l’accusatrice du prince Andrew dénonce des « excuses ridicules »

logo de Le Monde Le Monde il y a 3 jours Cécile Ducourtieux

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Dans un entretien à la BBC diffusé lundi, l’Américaine Virginia Roberts affirme avoir été forcée à des relations sexuelles avec le fils de la reine Elizabeth II.

Virginia Roberts, dans une séquence vidéo diffusée par la BBC le 2 décembre. © Fournis par Le Monde Virginia Roberts, dans une séquence vidéo diffusée par la BBC le 2 décembre.

Le parfum de scandale n’est pas prêt de se dissiper au-dessus de Buckingham Palace. Lundi 2 décembre, dans l’émission d’investigation de la BBC, « Panorama », Virginia Roberts, épouse Giuffre, a de nouveau accusé le prince Andrew, 59 ans, d’avoir eu des rapports sexuels avec elle quand elle était encore mineure – elle avait 17 ans. Elle clame depuis des années avoir été une des esclaves sexuelles du pédophile américain Jeffrey Epstein, mort dans sa cellule de prison à Manhattan cet été. Le financier a entretenu une amitié au long cours avec le prince.

Le deuxième fils de la reine a déjà catégoriquement nié dans une interview à la BBC, diffusée mi-novembre, avoir couché avec la jeune femme, « ni avec aucune mineure ». Mais ses excuses ont été jugées « ridicules » par Mme Giuffre, 35 ans, qui s’est mariée et vit désormais en Australie : « Il sait ce qui s’est passé, je sais ce qui s’est passé, il n’y en a qu’un, de nous deux, qui dit la vérité et je sais que c’est moi. » Elle a même appelé le public britannique à la « soutenir dans ce combat ». Ses accusations à l’égard du prince avaient cependant été rejetées par la justice américaine, en 2015, car considérées comme « sans pertinence ».

Ghislaine Maxwell « m’a dit que je devais le divertir »

Dans son interview à la BBC, le prince expliquait que, lors du passage de cette dernière à Londres début 2001 (elle accompagnait M. Epstein), il n’avait pas pu la voir car « ce soir-là », il était chez lui après avoir amené une de ses filles à une fête à Woking (dans le Surrey) chez Pizza Express. Et contrairement à ce qu’elle avait déjà assuré, il ne transpirait pas abondamment sur le dance floor de la boîte de nuit où ils étaient censés s’être d’abord croisés. « Je ne peux presque plus transpirer », à la suite d’un choc traumatique lié à sa participation à la guerre des Malouines, avait-il expliqué.

Quant à la photographie, rendue publique en 2007, où on voit le prince le bras autour de la taille de la jeune femme, en 2001, il avait dit n’en avoir « aucun souvenir » à la BBC et avait interrogé son authenticité. « Elle n’est pas trafiquée », a insisté Mme Giuffre lundi. L’absence de transpiration ? « C’était horrible, cet homme transpirait comme s’il pleuvait », a-t-elle assuré à propos de la soirée en boîte de nuit où ils se seraient rencontrés.

Mme Giuffre a aussi, de nouveau, raconté avoir dû coucher avec le prince dans une maison du quartier chic de Belgravia appartenant à Ghislaine Maxwell, l’ex-compagne de Jeffrey Epstein, et une « très bonne amie » du prince. « Elle m’a dit qu’il fallait que je fasse à Andrew ce que je faisais à Epstein, que je devais le divertir. J’étais malade, je ne pensais pas cela de la famille royale. Le lendemain, Ghislaine m’a dit que j’avais fait du bon travail. » La relation sexuelle était forcée, selon elle, et elle a été suivie de deux autres à New York et dans les Caraïbes, alors qu’elle était cette fois majeure.

« Aucune forme de relation ou de contact sexuel »

« Le prince n’a aucune forme de relation ou de contact sexuel avec Virginia Roberts. Toute affirmation du contraire est fausse et infondée », a fait savoir un porte-parole de Buckingham Palace aux médias britanniques lundi soir. Ce témoignage peut-il faire encore plus de dégâts pour la couronne britannique, alors que le prince Andrew a déjà dû renoncer à tous ses engagements publics après son interview à la BBC ? Son absence de regrets pour une amitié au long cours avec un pédophile et son manque totale d’empathie pour les victimes présumées de M. Epstein avaient profondément choqué le public et les médias britanniques.

Il paraît en tout cas désormais difficile que le fils préféré de la reine échappe à un témoignage auprès du FBI. Sa proximité avec M. Epstein en fait un témoin privilégié des agissements du prédateur sexuel. A en croire le reportage de « Panorama », cinq autres jeunes femmes souhaitent que le prince Andrew témoigne.

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