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Autriche: le vice-chancelier impliqué dans un scandale de corruption

logo de RFI RFI 18/05/2019 RFI
Heinz-Christian Strache, vice-chancelier autrichien d'extrême-droite, en conférence de presse le 23 avril 2019. © REUTERS/Leonhard Foeger Heinz-Christian Strache, vice-chancelier autrichien d'extrême-droite, en conférence de presse le 23 avril 2019.

Une vidéo publiée le 17 mai par deux journaux allemands montre Heinz-Christian Strache, chef du FPÖ (extrême-droite), qui semble promettre l’attribution de marchés publics en l’échange d’un soutien notamment financier de la campagne de son parti.

Avec notre correspondante à Vienne, Isaure Hiace,

C’est une vidéo qui embarrasse le cœur du pouvoir en Autriche, pays dirigé depuis fin 2017 par une coalition entre le parti conservateur, l’ÖVP et l’extrême droite du FPÖ. Elle daterait de juillet 2017, soit trois mois avant les élections législatives. Heinz-Christian Strache, chef du FPÖ, et Johann Gudenus, membre éminent du parti y échangent avec une femme qui se fait passer pour la nièce d’un oligarque russe, accompagnée d’un homme.

Il s’agit en réalité d’un piège selon les journaux allemands Der Spiegel et Süddeutsche Zeitung, les deux Autrichiens sont filmés à leur insu. On entend tout de même distinctement Heinz-Christian Strache proposer à son interlocutrice d’investir des millions d’euros dans le Kronen Zeitung, le tabloïd le plus lu d’Autriche, afin de lui donner une orientation pro-FPÖ à quelques semaines des législatives.

Le parti se chargerait ensuite d’écarter les plumes critiques pour des collaborateurs acquis à leur cause. Et en échange de cet investissement, Heinz-Christian Strache promet à la jeune femme l’attribution de marchés publics, une fois le parti installé au gouvernement.

Financer le FPÖ en échappant à la Cour des comptes

Il lui explique aussi qu’elle peut financer le FPÖ via une association comme le feraient d’autres personnalités : « Il y a quelques personnes très fortunées qui versent de 500 000 à 1,5 million, voire 2 millions d'euros. [...] Ils ne paient pas au parti, mais à une association à but non lucratif. Tu dois expliquer ça, hein, une association. Tu dois bien expliquer, comme ça, ça ne va pas à la Cour des comptes. »

Les personnalités citées par le chef du FPÖ, notamment le fabricant d’armes autrichien Gaston Glock, ont nié tout transfert d’argent. Le FPÖ, lui, s’est défendu dans un communiqué, dénonçant une vidéo tournée de manière illégale, vieille de deux ans, mais publiée à seulement une semaine des élections européennes.

L’opposition demande la démission du vice-chancelier, Heinz-Christian Strache, alors qu’on attend ce samedi 18 mai une possible déclaration du chancelier conservateur, Sebastian Kurz.

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