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Bolsonaro finalement rattrapé par le Covid

logo de Liberation Liberation 07/07/2020 Chantal Rayes
Jair Bolsonaro à Brasilia, le 9 juin. © Adriano Machado Jair Bolsonaro à Brasilia, le 9 juin.

Le président brésilien, qui a ostensiblement ignoré ces derniers mois les mesures de prévention, a annoncé ce mercredi avoir été testé positif au nouveau coronavirus.

Le Covid-19 finira-t-il par renforcer le «mythe» Bolsonaro auprès de ses partisans ? Le président brésilien, qui a toujours relativisé la gravité du nouveau coronavirus, vient lui-même d’entrer dans les statistiques de l’épidémie. «Ça a commencé dimanche, avec une certaine indisposition, et ça s’est aggravé lundi, a-t-il relaté en annonçant lui-même le résultat positif du test, ce mercredi. Les médecins ont opté pour l’hydroxchloroquine couplée à l’azytromicine», soit le protocole controversé du professeur Raoult, un traitement défendu par le leader de l’extrême droite brésilienne.

Cette contamination était annoncée, tant Jair Bolsonaro a ostensiblement ignoré ces derniers mois les mesures de prévention, se rendant «auprès du peuple», provoquant des rassemblements et serrant des mains. Le plus souvent sans masque, dont il vient de rendre le port facultatif dans les écoles, les commerces, les églises et les prisons… Tout cela, alors que son âge, 65 ans, le place en principe dans le groupe à risque. Le locataire du Planalto n’a pas craint de convoquer une conférence de presse «en présentiel» pour annoncer qu’il avait bien le Covid-19. Au risque de transmettre la maladie autour de lui. Et pour prouver qu’il «[va] bien» malgré tout, il a même ôté son masque, non sans s’être auparavant, il est vrai, écarté des journalistes.

Le président du Brésil est un cas à part parmi les grandes démocraties. Il passe pour le principal obstacle au contrôle de l’épidémie dans son pays, désormais le plus touché après les Etats-unis avec 1,6 million de malades, dont plus de 65 000 décès – un bilan largement sous-estimé. «JB» n’a jamais eu un mot d’empathie envers les familles des victimes, ni n’a permis la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre le nouveau coronavirus. Pour lui, il faut laisser courir le virus et n’isoler que les plus vulnérables. L’adhésion toute relative à la quarantaine décidée par les maires et les gouverneurs doit beaucoup à l’opération de sape de telles mesures par le chef de l’Etat, qui en dénonce l’impact économique. Ce populisme a fini par porter, puisque ces restrictions ont commencé à être levées sans même que le pic de la maladie n’ait été atteint. Entre-temps, deux ministres de la Santé sont tombés coup sur coup en raison de leurs désaccords avec Jair Bolsonaro. Le poste reste vacant depuis la démission du dernier titulaire, Nelson Teich, mi-mai.

Et maintenant ? Son «passé d’athlète» protègera-t-il l’ancien militaire, comme il l’affirmait dans son allocution du 24 mars, qui avait sonné le pays ? «Si je venais à attraper le virus, j’aurais tout au plus un petit coup de froid», lâchait alors Bolsonaro, dénonçant une «hystérie» autour du virus. Si cela s’avérait, la thèse de la «petite grippe», ainsi qu’il désigne le Covid-19, en sortirait triomphante. Dans le cas contraire, la maladie pourrait faire passer Jair Bolsonaro pour un martyr… Pour l’heure, il sort politiquement indemne de sa meurtrière stratégie de politisation du virus.

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