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En Italie, au moins huit morts après le glissement de terrain sur l’île d’Ischia

logo de Liberation Liberation 28/11/2022 LIBERATION, AFP
Casamicciola, sur l'île d'Ischia, le 27 novembre. © Salvatore Laporta Casamicciola, sur l'île d'Ischia, le 27 novembre.

Le gouvernement italien a proclamé l’état d’urgence pour l’île d’Ischia, située en face de Naples, frappée samedi par un grand glissement de terrain qui a fait au moins huit morts et quatre disparus. Le précédant bilan faisait état de sept morts. «Le bilan des victimes du glissement de terrain à Casamicciola est grimpé à sept morts, tandis que les disparus sont cinq», a déclaré dimanche soir le préfet de Naples, Claudio Palomba.

Au petit matin samedi, une vague de boue et de débris a dévasté la petite ville de Casamicciola Terme, dans le nord de l’île, submergeant au moins une maison et emportant des voitures vers la mer, selon les médias italiens et les services de secours. Dimanche, des restes de voitures et de bus écrasés par la violence de la coulée de boue et de rochers étaient visibles un peu partout, dans un ballet de pelleteuses qui cherchent à libérer l’accès aux maisons, aux voitures et aux magasins.

Une première enveloppe d’urgence de deux millions d’euros a également été débloquée à l’issue de la réunion extraordinaire du gouvernement nécessaire, pour proclamer l’état d’urgence. L’état d’urgence est souvent décrété dans la péninsule, à la suite de séismes, d’éruptions volcaniques ou de fortes intempéries car il prévoit une procédure accélérée pour mobiliser des fonds et des moyens, dont ceux de la protection civile, pour des interventions urgentes ou la mise en place de structures d’accueil.

L’urbanisation en accusation

Casamicciola Terme, une station thermale de 8 000 habitants en hiver de la luxuriante île d’Ischia, près de Capri, avait subi en 2017 un tremblement de terre qui avait fait deux morts. Elle avait été en revanche complètement détruite par un tremblement de terre beaucoup plus puissant à la fin du XIXe siècle.

Sur place, plus de 200 membres de la protection civile et des forces de l’ordre cherchaient toujours dimanche soir les disparus tandis que des centaines de volontaires, de la boue jusqu’aux genoux s’affairaient à nettoyer les rues de la petite bourgade. Ce glissement a été provoqué par l’absence d’entretien et de prévention «car la nature est la nature», estime Salvatore Lorini, 45 ans, un habitant d’Ischia où il est né, qui souhaiterait la mise en place d’un système semblable à celui des bouées avertissant de l’arrivée d’un tsunami, mais permettant de dire à la population que la terre se déplace.

«A Ischia, il y a une urbanisation qui a frappé et dévasté tout le territoire», a déclaré à l’agence AGI Tommaso Moramarco, directeur de l’Institut pour la recherche et la protection hydro-géologique. «Quand l’île est entrée dans la période du tourisme de masse, la croissance des infrastructures a été exponentielle, étouffant tous les éléments naturels du territoire et couvrant tout de ciment», a dénoncé pour sa part le géologue Mario Tozzi dans les pages de la Stampa, rappelant l’existence de dizaines de milliers de constructions abusives à Ischia.

Les autorités locales ont appelé les habitants de l’île à rester chez eux, afin de ne par gêner les opérations de secours. La Première ministre Giorgia Meloni a affirmé suivre la situation, offrant ses pensées aux personnes affectées par la catastrophe. Celle-ci survient quelques semaines après la mort de 11 personnes dans des inondations dues à de fortes pluies dans le centre-est de l’Italie.

Mise à jour lundi à 16h03 avec nouveau bilan.

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