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Guerre en Ukraine : la Russie pourrait se préparer à libérer la centrale de Zaporijia, selon Kiev

logo de L'Express L'Express 27/11/2022 lexpress.fr

Alors que de fortes chutes de neige sont attendues à partir de ce dimanche et que l'électricité n'a pas encore été entièrement restaurée à Kiev, les dirigeants européens ont annoncé de nouvelles aides pour la population ukrainienne.

La centrale nucléaire de Zaporijia, le 9 juillet 2019. © NurPhoto via AFP La centrale nucléaire de Zaporijia, le 9 juillet 2019.

L'Ukraine a engrangé les promesses de soutien face à Moscou samedi, au 90e anniversaire de l'Holodomor, la famine provoquée volontairement par le régime stalinien dans les années 1930, qui a acquis une nouvelle résonance depuis l'invasion russe. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré que son peuple tiendrait bon face aux attaques russes, qui provoquent régulièrement des coupures massives d'électricité et d'eau, alors que les températures hivernales s'installent.

"Les Ukrainiens ont vécu des choses vraiment terribles. Et malgré tout, ils ont conservé la capacité de ne pas se soumettre et leur amour de la liberté. Autrefois, ils voulaient nous détruire par la faim, aujourd'hui par l'obscurité et le froid, a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Telegram. Nous ne pouvons pas être brisés".

Surnommée "le grenier à blé de l'Europe" pour la fertilité de ses terres noires, l'Ukraine a perdu quatre à huit millions d'habitants dans la grande famine de 1932-1933, orchestrée selon des historiens par Staline pour réprimer toute velléité nationaliste et indépendantiste de ce pays, alors république soviétique. Ce drame est officiellement considéré comme un "génocide" par Kiev et plusieurs pays occidentaux, un terme farouchement rejeté par Moscou. Vendredi, le Parlement allemand a lui aussi pris la décision de définir comme "génocide" l'Holodomor.

En outre, alors qu'elle cristallise les tensions depuis plusieurs semaines, la centrale de Zaporijia pourrait bientôt être libérée, a avancé le chef de la société publique ukrainienne d'énergie nucléaire Energoatom.

  • La Russie pourrait se préparer à quitter la centrale nucléaire de Zaporijia

Le chef de la société publique ukrainienne d'énergie nucléaire Energoatom, Petro Kotine, a déclaré ce dimanche 27 novembre qu'il y avait des signes indiquant que les forces russes pourraient se préparer à quitter la vaste centrale nucléaire de Zaporijia dont ils se sont emparés en mars, peu après leur invasion. Une telle décision constituerait un changement majeur sur le champ de bataille, dans la région partiellement occupée du sud-est de Zaporijia, où la ligne de front n'a guère bougé depuis des mois. Les bombardements répétés autour de la centrale ont fait et font craindre une catastrophe nucléaire. "Ces dernières semaines, nous recevons effectivement des informations selon lesquelles des signes sont apparus indiquant qu'ils se préparent peut-être à quitter (l'usine)", a déclaré à la télévision nationale Petro Kotin, directeur d'Energoatom, selon l'agence de presse Reuters.

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"Premièrement, il y a un très grand nombre de reportages dans les médias russes selon lesquels il vaudrait la peine de quitter (l'usine) et peut-être d'en confier le contrôle à (l'Agence internationale de l'énergie atomique - AIEA)", a-t-il déclaré, faisant référence à l'organisme de surveillance nucléaire des Nations Unies. "On a l'impression qu'ils font leurs valises et volent tout ce qu'ils peuvent." La Russie et l'Ukraine, qui ont été le site du pire accident nucléaire au monde à Tchernobyl en 1986, se sont accusées à plusieurs reprises pendant des mois d'avoir bombardé le complexe du réacteur de Zaporijia, qui ne produit plus d'énergie.

  • Des mamans russes lancent une pétition contre la guerre

Un groupe de mères de soldats russes a rejoint un groupe d'activistes pour exiger le retrait des troupes moscovites d'Ukraine, lançant dimanche une pétition en ligne, explique CNN. La campagne, organisée par le groupe russe de résistance féministe anti-guerre, coïncide avec la fête des mères en Russie.

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Dans la pétition, qui comptait plus de 1 800 signatures à 16 h 30 dimanche, les mères expliquent : "Depuis neuf mois maintenant, la prétendue 'opération militaire spéciale', qui apporte destruction, chagrin, sang et larmes, se poursuit. Tout ce qui se passe en Ukraine et en Russie ne peut que nous inquiéter. Quels que soient notre nationalité, notre religion et notre statut social, nous - les mères de la Russie - sommes unies par un désir : vivre dans la paix et l'harmonie, élever nos enfants sous un ciel paisible et ne pas craindre pour leur avenir." "Nous sommes contre la participation de nos fils, frères, maris, pères là-dedans. Votre devoir est de protéger les droits et les libertés des mères et des enfants, vous ne devez pas fermer les yeux sur tout cela", indique la pétition.

  • Les promesses des dirigeants européens renouvelées

Plusieurs dirigeants européens ont fait le déplacement samedi à Kiev pour les commémorations de l'Holodomor. Les Premiers ministres de la Pologne et de la Lituanie, deux des plus proches soutiens de l'Ukraine, Mateusz Morawiecki et Ingrida Simonyte, se sont ainsi entretenus avec leur homologue Denis Chmygal. Les trois responsables ont publié un communiqué commun à l'issue de cette rencontre soulignant la poursuite de leur soutien à l'Ukraine et dénonçant les actes de la Russie.

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Pour la première fois depuis le début de l'invasion russe, le Premier ministre belge Alexander De Croo s'est lui aussi rendu en visite à Kiev. Selon l'agence Belga, il apporte un soutien financier supplémentaire de 37,4 millions d'euros à l'Ukraine, notamment pour aider la population à faire face à l'hiver dans un contexte de coupures de courant. Le chancelier allemand Olaf Scholz a, lui, annoncé dans une vidéo une aide supplémentaire de 15 millions d'euros pour soutenir les exportations de céréales ukrainiennes, perturbées par la guerre.

Quant au président français Emmanuel Macron, il a également promis 6 millions d'euros supplémentaires pour ces exportations, vitales pour l'approvisionnement de nombreux pays d'Afrique et d'Asie. "Nous avons choisi d'agir en solidarité avec les pays les plus vulnérables. La Russie, elle, continue d'instrumentaliser la faim comme moyen de pression et l'alimentation comme arme de guerre", a-t-il indiqué dans un message. Même son de cloche du côté de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a aussi promis le soutien de l'UE en accusant la Russie de "se servir de la nourriture comme d'une arme".

  • Une frappe russe fait 13 blessés à Dnipro

Les échanges de prisonniers entre la Russie et l'Ukraine se poursuivaient, samedi, avec 12 personnes libérées côte ukrainien. Moscou a de son côté annoncé avoir récupéré neuf de ses hommes. A Dnipro, dans le centre de l'Ukraine, un bombardement russe a fait au moins 13 blessés, selon le gouverneur régional Valentin Reznitchenko. Une autre frappe sur Tchassiv Iar, dans l'Est, a fait au moins un mort et deux blessés, a indiqué le parquet régional.

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Dans la capitale, où une partie de la population a passé les trois derniers jours sans électricité après des frappes russes massives mercredi, la municipalité a annoncé avoir restauré 75% de l'alimentation et 90% du chauffage, alors que les températures approchent de zéro degrés Celsius et que de fortes chutes de neige sont attendues à partir de ce dimanche. Sergey Kovalenko, directeur d'exploitation de Yasno, qui fournit de l'énergie à Kiev, a indiqué que les habitants devraient disposer d'au moins quatre heures d'électricité par jour.

  • Les îles Féroé prolongent leur accord de pêche avec la Russie

Les îles Féroé, territoire autonome danois de l'Atlantique nord qui ne fait pas partie de l'Union européenne, ont prolongé leur accord de pêche avec la Russie pour un an, malgré la guerre en Ukraine, a indiqué samedi leur ministre de la Pêche, rappelant condamner "toute forme de guerre - aussi la guerre en Ukraine". Depuis 1977, cet accord, renouvelable annuellement, porte sur des quotas de prises sur plusieurs espèces (notamment du cabillaud, de l'églefin, du merlan et du hareng) en mer des Barents pour les marins férigiens et dans les eaux au large des îles Féroé pour les Russes. Selon le ministère de la Pêche, le produit de l'accord constitue 5% du PIB des Féroé.

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La Russie est l'un des principaux partenaires commerciaux du territoire depuis le conflit qui a opposé Islande et Féroé à l'UE sur les quotas de maquereau et de hareng entre 2010 et 2014. L'embargo européen sur les poissons féringiens avait alors poussé l'archipel à explorer d'autres marchés. "Aujourd'hui, nous n'avons des accords de libre-échange qu'avec six pays - et pas avec l'UE", a souligné le ministre Jyllands-Posten Árni Skaale. "Si nous nous coupons d'un des marchés avec lesquels nous avons des accords, cela pourrait être problématique pour toute la prochaine génération. C'est pourquoi cela sonne si creux lorsque les politiciens européens disent que nous devrions simplement cesser de coopérer avec les Russes", a-t-il défendu.

Le gouvernement féringien a toutefois prévenu dans la semaine qu'il comptait réfléchir à des alternatives à cet accord après les élections prévues le 8 décembre. Fin octobre, la Norvège voisine et la Russie étaient tombés d'accord sur des quotas de pêche en mer de Barents pour 2023.

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