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L’épouse de l’ex-patron d’Interpol obtient l’asile en France, Pékin proteste

logo de Le Figaro Le Figaro il y a 4 jours Le figaro.fr
Meng Hongwei, l’ex-président chinois d’Interpol. © Reuters Meng Hongwei, l’ex-président chinois d’Interpol.

L’épouse de l’ex-président d’Interpol, Meng Hongwei, détenu actuellement en Chine, a obtenu l’asile politique en France, a annoncé son avocat le 13 mai. Pékin dénonce une violation des procédures légales.

La Chine a adressé mercredi une mise en garde à la France après l’octroi de l’asile politique à l’épouse de l’ancien patron chinois d’Interpol, poursuivi pour corruption dans son pays. «Si la femme de Meng Hongwei déposait une demande d’asile politique en France, cela constituerait un abus total de la procédure française», a déclaré devant la presse un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, alors que selon son avocat, l’intéressée a déjà obtenu ce statut au début du mois.

«Une bonne confiance politique est la base d’un développement stable et sain des relations sino-françaises, a poursuivi Geng Shuang. Nous espérons que dans ce cas, tant la Chine que la France pourront traiter cette affaire conformément à la loi et de façon appropriée, sur la base d’une bonne coopération». Revenant sur les poursuites contre Meng Hongwei, le porte-parole de la diplomatie chinoise a estimé qu’il s’agissait «d’une affaire criminelle classique». «Ce n’est pas une affaire politique, et encore moins une soi-disant persécution politique», a-t-il assuré.

L’épouse de l’ex-président d’Interpol, Meng Hongwei, actuellement détenu en Chine, a en effet obtenu l’asile politique en France début mai, a annoncé lundi son avocat à l’AFP. Près de huit mois après la disparition de son mari, alors patron de l’organisation policière internationale basée à Lyon, le statut de réfugié a été accordé à Mme Meng et ses deux enfants «le 2 mai», avait précisé Me Emmanuel Marsigny. Grace Meng, qui craignait pour sa sécurité, a fait l’objet d’une protection policière avec ses enfants depuis une tentative d’enlèvement pour laquelle elle avait déposé plainte au début de l’année.

Disparition rocambolesque

La rocambolesque «disparition» de Meng Hongwei en septembre avait défrayé la chronique, le patron d’Interpol n’ayant pas donné de nouvelles après avoir quitté Lyon, où l’organisation policière internationale a son siège. Au bout d’une dizaine de jours, Pékin avait annoncé que Meng Hongwe, également vice-ministre de la Police dans son pays, était rentré en Chine, où il était soupçonné de corruption. Il a depuis été inculpé.

Meng Hongwei, 65 ans, est soupçonné par Pékin d’avoir accepté des pots-de-vin. Il a déjà été exclu en mars du PCC et de toute fonction officielle, au terme d’une enquête disciplinaire interne au parti au pouvoir. À la suite de cette enquête, les procureurs «ont décidé d’arrêter Meng Hongwei», avait indiqué en avril le Parquet populaire suprême dans un communiqué. Mme Meng a pour sa part récemment estimé que les autorités chinoises n’ont présenté «quelque preuve que ce soit à l’appui de leurs allégations».

L’épouse de l’ancien dirigeant avait également demandé au président Emmanuel Macron d’évoquer la situation de son mari avec le président chinois Xi Jinping, lors de sa visite d’État en France en mars dernier. Meng Hongwei est le énième haut dirigeant communiste poursuivi dans le cadre de la campagne anticorruption lancée en 2013 par Xi Jinping peu après son arrivée au pouvoir. Elle a déjà sanctionné plus de 1,5 million de cadres du PIC, selon des chiffres officiels.


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