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Madrid s'attaque à la police catalane

logo de Le Figaro Le Figaro 05/10/2017 Julie Connan
figarofr: Josep Lluís Trapero, le chef des Mossos d'Esquadra © LLUIS GENE/AFP Josep Lluís Trapero, le chef des Mossos d'Esquadra

La justice espagnole a mis en examen Josep Lluís Trapero, chef de la police régionale.

De notre envoyée spéciale à Barcelone

Pour Madrid, la question ne semble plus faire de doute: la police catalane a désobéi aux ordres. Josep Lluís Trapero, le chef des Mossos d'Esquadra depuis avril, a été mis en examen mercredi par la justice espagnole, dans le cadre d'une enquête pour «sédition». Le «mayor» comparaîtra vendredi «en vue de son inculpation», au côté d'une adjointe, Teresa Laplana. Deux figures de la cause catalane à l'initiative de toutes les manifestations sont également convoquées: Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, à la tête des associations séparatistes Assemblea Nacional Catalana (ANC) et Omnium Cultural. Tous sont passibles de peines allant de 4 à 15 ans de prison.

L'enquête qui les vise a trait à l'arrestation le 20 septembre de 14 hauts responsables de l'exécutif séparatiste catalan, accusés de préparer l'organisation du référendum interdit de dimanche. Ces arrestations, effectuées dans le cadre de l'opération baptisée du nom de code énigmatique Anubis (le dieu funéraire dans la mythologie égyptienne, NDLR), avaient provoqué la colère de milliers d'indépendantistes, encouragés par l'ANC et Omnium, qui s'étaient massés à Barcelone devant le siège du département d'Économie de l'exécutif catalan au moment même où avaient lieu des perquisitions. «Ceux qui ont monté l'opération Anubis savent-ils qu'ils ont sabré la bouteille de cava qu'ils avaient secouée il y a bien longtemps?», avait réagi l'éditorialiste catalan d'El Nacional, Iu Forn i Piquer. Les agents de la Guardia civil s'étaient retrouvés bloqués jusqu'à l'aube et la police catalane accusée d'avoir tardé à intervenir pour les dégager.

Depuis plusieurs semaines, cette force de 17.000 fonctionnaires payés par la Catalogne pour assurer des missions de sécurité, maintien de l'ordre et de police judiciaire, et faire respecter la loi espagnole, se retrouve au cœur du divorce entre Madrid et Barcelone.

«Voyous de Rajoy»

Eux-mêmes déchirés entre leur devoir d'obéissance aux tribunaux espagnols et leurs liens avec la population catalane, les Mossos sont aussi épinglés pour leur «passivité», voire leur insoumission, à empêcher le référendum interdit. Plusieurs enquêtes sont actuellement entre les mains de sept juges. «Si, comme ils en avaient reçu l'ordre, ils avaient empêché l'ouverture des bureaux de vote (…) cette tâche n'aurait pas dû être exécutée ensuite par la police (nationale) et la Guardia civil, et cela nous aurait évité une grande partie des scènes lamentables qui ont fait le tour du monde», jugeait ainsi lundi El Pais.

Le 1er octobre, les Mossos sont restés en retrait, jouant parfois les médiateurs avec les forces de police nationale, ou procédant au comptage des votants dès l'aube. Avec deux agents par bureau face à des centaines de personnes, certains ont dit tout de go qu'ils n'essayeraient pas de retirer les urnes, s'attirant des élans de sympathie populaire, déjà forte depuis les attaques terroristes des 17 et 18 août. À l'inverse, les gardes civils et la police nationale font face à une défiance exacerbée depuis les violences du référendum. Taxés de «force d'occupation» ou de «voyous de Rajoy», ils se disent victimes de harcèlement et sont les cibles de rassemblements de plus en plus tendus, comme au siège de la police nationale à Barcelone, à l'issue de la manifestation monstre du mardi 2 octobre, ou de la veille, à Pineda de Mar, à 70 km de la capitale catalane, où le face-à-face avec des protestataires a conduit à l'intervention des… Mossos d'Esquadra.

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