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Malgré le Brexit, trois villes britanniques souhaitent être capitale européenne de la Culture

logo de Liberation Liberation 19/05/2017 Anna Péan
L'hôtel de ville de Leeds, en janvier 2014. Le bâtiment a été construit au XIXe siècle, après une phase de fort développement urbain. © ANDREW YATES L'hôtel de ville de Leeds, en janvier 2014. Le bâtiment a été construit au XIXe siècle, après une phase de fort développement urbain.

Un an après le référendum du Brexit, les villes de Leeds, Dundee et Milton Keynes, postulent au titre de Capitale européenne de la Culture 2023. Une situation qui montre à quel point la sortie du pays de l'UE génère du désordre.

Le Royaume-Uni aurait-il des difficultés à faire son deuil de l’Union européenne ? Un an après le référendum du Brexit, trois villes britanniques postulent au titre de «capitale européenne de la culture» pour 2023 : Dundee au nord de l’Ecosse, Leeds au nord de l’Angleterre et Milton Keynes, une ville nouvelle à mi-chemin entre Birmingham et Londres. Le label culturel européen couronne tous les ans deux villes. Elles sont officiellement désignées quatre ans avant l’événement et travaillent avec un jury de la Commission européenne, qui les oriente et les aide financièrement. Le titre permet aux villes d’investir dans les lieux culturels et de les promouvoir.

Redorer l’image des villes

Le point commun entre Leeds, Dundee et Milton Keynes ? Elles souhaitent redorer leur image par la culture et les arts. Chacune de ces villes ont leur histoire : Leeds était un grand centre industriel, Dundee un port et un centre manufacturier et Milton Keynes une ville créée en 1967 pour répondre à la crise du logement en Angleterre.

Leur histoire fait écho à celui de Glasgow en Ecosse avant que la ville ne décroche le titre de capitale européenne de la culture en 1990. «Il y a eu un avant et un après», affirme Fabien Jeannier, chercheur en civilisation britannique à l'université d'Avignon. La plus grande ville d’Ecosse, à la fin des années 70, était «très abîmée socialement et économiquement à cause de la désindustrialisation». La municipalité travailliste décide alors d’investir dans l’art et la culture pour stimuler les activités économiques. En 1987, la ville postule pour le label culturel européen. «Le chantier ne s’est pas fait du jour au lendemain et la politique de la ville y est pour beaucoup dans la réussite du projet européen», complète Fabien Jeannier. Le titre de capitale européenne lui a donné une visibilité et a permis d’attirer de nombreux touristes : «Glasgow est passé de 700 000 visiteurs en 1982 à 3 millions en 1990.» 

Chaque ville a ses arguments

Leeds a déjà entamé sa transformation culturelle et espère dynamiser son économie en obtenant, comme Glasgow, un coup de pouce grâce au titre de capitale européenne de la culture. La ville pense pouvoir le décrocher et investit les réseaux sociaux de Twitter à Linkedin pour promouvoir sa candidature. «Leeds est dans une bonne position pour décrocher le titre. Nous avons plus que jamais besoin de rester connectés à l’Europe», assure Sharon Watson, présidente du comité de candidature de Leeds 2023.

D’autres villes en dehors de l’Union européenne ont déjà participé au programme européen, comme Reykjavik en Islande (2000) ou Istanbul en Turquie (2010). Pascal Brunet, directeur du relais Culture Europe nuance : «Ce sont des cas différents par rapport au Royaume-Uni. Il s’agissait de pays potentiellement candidats à l’Union européenne.»

Chaque ville à ses arguments. Dundee appartient au réseau des villes créatives Unesco. «Nous voulons faire partie de l’Europe. Rien que pour ça, Dundee mérite de décrocher le titre», dit en riant Stewart Murdoch, directeur aux loisirs et à la culture de la ville. En juin dernier, les Ecossais avaient massivement voté pour le «Remain», dont Dundee à 60%. Les citoyens de Leeds s'étaient prononcés de justesse pour rester (50,3%) et ceux de Milton Keynes pour le «Leave» (51,4%). «En réalité, personne ne sait ce qu’il peut arriver avec le Brexit. Une chose est sûre, la compétition pour les villes britanniques va se compliquer», explique Stewart Murdoch.

Europe, Brexit et culture

Le Royaume-Uni devrait quitter l'UE en mars 2019. Au niveau des institutions européennes, les questions restent en suspens. «Le financement et le budget du programme des capitales européennes de la culture sont fixés jusqu’à 2020 par la Commission européenne. Après cette date, il y aura un nouveau vote pour décider de continuer le programme ou de le transformer», précise Pascal Brunet. Les négociations du Brexit sont en cours et risquent de prendre plusieurs années. Une certitude, la culture ne risque pas d’être le premier sujet abordé entre l’Union européenne et la Grande Bretagne. Dans un communiqué, la secrétaire britannique à la Culture, Karen Bradley, reste optimiste : «Le Royaume-Uni quitte l’Union européenne mais nous ne quittons pas l’Europe. Nous voulons une relation fondée sur la maturité et la coopération comme entre de bons amis et alliés.»

         

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