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Nucléaire iranien: la guerre des mots est lancée entre les États-Unis et l'Iran

logo de Challenges Challenges 20/04/2017 Antoine Izambard
Le ministre iranien des Affaires étrangères dénonce les accusations américaines: Photomontage PickMonckey © Photomontage PickMonckey Photomontage PickMonckey

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a jugé mercredi que l'accord nucléaire avec l'Iran "échouait" à remplir ses objectifs. Son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, a dénoncé jeudi des accusations "usées".

Donald Trump va-t-il faire capoter l'accord sur le nucléaire iranien? Le milliardaire, qui avait promis de "déchirer" ce texte cher à Barack Obama, est entré en action cette semaine. Le président américain a demandé aux agences fédérales d’examiner la levée des sanctions contre l’Iran pour déterminer si la mesure est bien dans l’intérêt de la sécurité nationale, a annoncé mardi 18 avril le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson. "L’Iran demeure l’un des principaux pays qui parraine le terrorisme", écrit ce dernier dans une lettre au président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan.

Mercredi, le chef de la diplomatie américaine a même estimé que cet accord "échoue à remplir l'objectif d'un Iran dénucléarisé". Une accusation qu'a vivement dénoncé le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif ce jeudi. "Les accusations usées des Etats-Unis ne peuvent cacher le fait qu'ils ont admis que l'Iran se conformait" aux termes de l'accord sur son programme nucléaire conclu en 2015 avec les grandes puissances, a-t-il écrit sur Twitter.


"L’un des pires" accords jamais vus pour Trump

Donald Trump n’avait pas réitéré depuis sa prise de fonctions en janvier ses propos de campagne promettant de "déchirer" cet accord. Il a répété mi-février lors de sa première rencontre à la Maison Blanche avec le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, qu’il s’agissait de "l’un des pires" accords qu’il ait jamais vus, mais en se gardant d’en annoncer la remise en cause.

"Trump passe à la vitesse supérieure, indique François Colcombet, président de la Fondation d'études pour le Moyen-Orient (FEMO), co-auteur de l'ouvrage "Où va l'Iran" qui paraîtra en mai aux Éditions Autrement. Il semble tenir parole par rapport à ses déclarations de campagne et veut durcir le régime de sanctions contre l'Iran".

Considéré comme l’un des principaux succès diplomatiques de Barack Obama, l’accord de juillet 2015, négocié pendant dix-huit mois par John Kerry entre Téhéran et les diplomates des grandes puissances (Chine, Russie, France, Grande-Bretagne, Allemagne) et entré en vigueur en janvier 2016, est destiné à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions internationales. L’accord appelé Plan global d’action a permis d’alléger les sanctions internationales contre l’Iran, mais Washington a maintenu une partie de ses sanctions.

Une élection présidentielle iranienne cruciale en mai

A cela il convient d'ajouter la fermeté de Washington qui interdit les transactions en dollar avec l'Iran et veille scrupuleusement à l'application de "l'International Emergency Economic Powers Act", cette loi fédérale américaine de 1977 qui autorise le président des Etats-Unis à restreindre les relations commerciales avec certains pays. L'Office of foreign assets control (OFAC), véritable bras armé économique des USA, actualise ainsi régulièrement une liste intitulée "specially designated nationals", longue de 973 pages mentionnant des personnes ou des sociétés - comme celles liées aux Pasdarans - avec lesquelles il est interdit d'avoir des relations commerciales. Une intransigeance qui complique notamment le retour des entreprises françaises en Iran. Échaudées par l'amende record infligée en 2014 par Washington à la BNP pour violation de l'embargo américain, les grandes banques françaises se refusent à financer les projets persans des entreprises tricolores. 

La relation entre les deux pays pourrait s'envenimer encore plus à l'occasion de la prochaine élection présidentielle iranienne qui aura lieu le 19 mai prochain. "Tous les ingrédients de lendemain qui déchantent sont réunis" soutient même François Colcombet. Si dans l'hypothèse d'une victoire d'Hassan Rohani, en lice pour un second mandat, le statu-quo pourrait prévaloir, il en irait tout autrement d'un succès d'un candidat conservateur. Parmi eux, Ebrahim Raisi fait figure de favori. Celui que l'on présente comme un successeur potentiel du Guide suprême, Ali Khamenei, âgé de 77 ans, est un dur du régime.

Dans ses mémoires, l’un des fondateurs de la République islamique, l’ayatollah Ali Montazeri, avait dénoncé son rôle dans le jugement sommaire et l’exécution de milliers d’opposants emprisonnés, durant l’été 1988, à la fin de la guerre contre l’Irak. "Avec Raisi, il y a un gros risque que les choses s'enveniment, estime Afchine Alavi, représentant du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI). Avec Rohani, c'est celui qui a le plus de chance de l'emporter. Le guide suprême penche pour lui et pour Mohammad Bagher Ghalibaf" (l'actuel maire conservateur de Téhéran, Ndlr). Ce dernier a déposé comme quelque 1.636 candidats, sa candidature à l'élection présidentielle devant le Conseil des gardiens de la constitution qui va sélectionner les postulants. Lors des précédentes présidentielles, le Conseil avait approuvé seulement une demi-douzaine de candidats. 

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