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Tour de France : le patron de Sky porte une attaque contre un journaliste

logo de Liberation Liberation 17/07/2017 Sylvain Mouillard

Dave Brailsford, manager de l'équipe du maillot jaune, Christopher Froome, s'en est violemment pris lundi à un journaliste britannique, à qui il reproche ses articles sur les soupçons de dopage entourant sa formation.

Le directeur sportif de la Sky, sir Dave Brailsford, en conférence de presse en marge du Tour de France, le 19 juillet 2016. © FABRICE COFFRINI Le directeur sportif de la Sky, sir Dave Brailsford, en conférence de presse en marge du Tour de France, le 19 juillet 2016.

Un petit homme au crâne chauve, juché sur son vélo, se gare à proximité d’un camion gris métallisé, immatriculé en Belgique. Il tape quelques chiffres sur le digicode et s’enferme à l’intérieur. Sir Dave Brailsford, manager de l’équipe britannique Sky, boude. Quelques instants plus tôt, le patron de Christopher Froome, actuel leader du Tour de France, a violemment pris à partie un journaliste du site spécialisé Cyclingnews.

L’improbable scène se déroule sur le parking de l’hôtel de l’Hermitage, sur les hauteurs du Puy-en-Velay, où les coureurs du Tour font relâche ce lundi, avant d’attaquer la dernière et décisive semaine de course. Il est 11 heures du matin et la conférence de presse du Team Sky doit commencer d’un instant à l’autre. Trente minutes de questions-réponses avec Froome et consorts sont prévues. En théorie, l’événement est réservé aux radios et aux télévisions. Mais plusieurs journalistes de presse écrite, dont Libération, ont fait le déplacement, espérant recueillir quelques déclarations. Rien de bien extraordinaire : le chargé de communication de Sky a prévenu qu’une dizaine de questions seulement seraient autorisées.

Soudain, Brailsford déboule et se dirige vers un journaliste de Cyclingnews.«Vous n’êtes pas particulièrement invité ici», attaque-t-il, avant de joindre le geste à la parole et de désigner la sortie. Incompréhension. L’actuel directeur de la performance du cyclisme britannique monte dans les tours : «Toute la m**** que vous écrivez peut mener au suicide.» Il parle d’articles «imprécis», dit ne pas aimer «l’opinion» de Cyclingnews, avant de conclure : «Vous pouvez vous les coller au cul [les articles, suppose-t-on, ndlr].» Mais personne ne bouge. Brailsford, furax, finit par faire demi-tour, avant d’aller se réfugier dans son camion garé à quelques encablures.

Brailsford a joué sa tête ces derniers mois

«L’équipe Sky a toujours eu une stratégie de pression avec les médias, réagit un autre journaliste de Cyclingnews, qui a assisté à la scène. Elle était devenue sous-jacente ces dernières années, avant de resurgir depuis la récente investigation parlementaire.» Censée à l’origine enquêter sur le dopage dans le sport en général, elle s’est concentrée sur le cyclisme, et notamment le Team Sky. Une déflagration, puisque la plus puissante formation du peloton professionnel (30 millions d’euros de budget annuel) ne cesse de vanter, depuis sa création en 2010, son comportement exemplaire après les scandales à répétition des années 2000.

Les soupçons de dopage sont apparus en septembre 2016, après le piratage des données médicales de plusieurs sportifs par un groupe de hackers anonymes. Un homme apparaît au cœur du scandale : le vainqueur du Tour 2012, le Britannique Bradley Wiggins, premier champion de l’ère Sky. Les données démontrent en effet sa prise de corticoïdes sous ordonnance avant des objectifs majeurs. Si l’intention de dopage n’a pas été prouvée, elle a néanmoins placé Brailsford sous une intense pression, en raison de sa communication fluctuante.

C’est notamment ce que pointait du doigt Cyclingnews dans un article publié le 30 juin, titré ainsi : «Fort et stable ? L’année où Brailsford n’a rien dit.» Visiblement too much pour le manager gallois, qui avait déjà congédié des journalistes le soir de l’étape de Chambéry, le 9 juillet, au motif qu’un représentant de Cyclingnews se trouvait parmi eux. Cette attitude est aux antipodes de l’opération séduction menée par le même Brailsford il y a quelques jours pour célébrer un cyclisme d’instinct et d’offensives. Il est vrai qu’alors Chris Froome ne portait plus le maillot jaune. Depuis, la pression est de retour.

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