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La viande bio reste un marché de niche en France

logo de Le Figaro Le Figaro 21/04/2017 Eric de La Chesnais

Le prix de ce produit, de 10% à 30% supérieur à celui de la viande traditionnelle, constitue un frein majeur pour les consommateurs. Ces derniers sont surtout des Français aisés.

figarofr: Un élevage de bovins bio en Normandie © Sébastien SORIANO/Le Figaro Un élevage de bovins bio en Normandie

Avec une part de marché de 0,5 à 4% suivant les produits, le marché de la viande issue de l'agriculture biologique reste une niche. L'an dernier, il a affiché un chiffre d'affaires de 443 millions d'euros en 2016, soit 8% des ventes alimentaires dans le bio (5,76 milliards d'euros). La viande bovine, notamment sous forme de steaks hachés, est en tête des achats des consommateurs de viande bio. Malgré une progression de 12,9 % en un an, son poids relatif par rapport à la viande de bœuf conventionnelle reste très faible. Le bœuf bio a atteint moins de 1,5% des volumes de viande bovine vendue en France. Pour le porc, le constat est encore plus modeste. Les ventes de cochons bio ont augmenté de 3,9% l'an dernier mais totalisent moins de 1% des ventes de viande de porc dans l'Hexagone. Enfin, les ventes de moutons bio ferment la marche, et progressent de 3,5%.

Un cahier des charges contraignant ...

Si 60% des Français ont une bonne opinion de la viande bio, selon un sondage réalisé par l'Ifop pour la commission bio de l'interprofession de la viande rouge (Interbev), le prix constitue un frein. Il est en effet de 10% à 30% supérieur à celui de la viande conventionnelle. C'est pour cette raison que les consommateurs de viande bio appartiennent prioritairement aux catégories socio-professionnelles élevées (CSP+). Parmi eux, on trouve beaucoup de retraités et d'habitants des grandes villes. «La qualité a un prix. Le consommateur doit comprendre qu'on ne peut pas faire du bio low cost, commente Franck Bardet, responsable animal chez Biocoop. En amont de la filière, les contraintes de l'éleveur bio sont plus importantes».

Effectivement leur cahier des charges est plus contraignant. «Nous devons nourrir nos animaux avec des céréales, les faire pâturer un minimum de temps à l'année et leur donner des protéines bio, commente Bruno Hervé, exploitant à Haute-Rive dans l'Orne, qui élève 40 vaches de race Blonde d'Aquitaine. Je suis autosuffisant pour l'alimentation de mes animaux, je produis tout sur ma ferme».

.... mais une production plus rentable

«Nous avons une meilleure qualité de vie car nous élevons mieux nos animaux, tout en dégageant une meilleure rentabilité», se réjouit toutefois Bruno Hervé. «Un éleveur de vaches bio gagne entre 5 et 30% de plus que son collègue en système conventionnel», précise pour sa part Hervé Longy, directeur du lycée agricole de Naves à Tulle. Cet établissement élève 130 vaches de race Limousine sur 220 hectares, ainsi que 40 truies qui donnent naissant à 1000 porcs par an. «Nous vendons nos vaches 4,70 euros le kilo en bio, soit 1 euro de plus que la limousine non bio», calcule-t-il. Quant aux porcs, l'écart est encore plus grand. «Nous commercialisons nos cochons bio 3,6 euros le kilo, contre 1,5 euro en moyenne pour le porc normal, poursuit le directeur. 40 truies suffisent à un éleveur bio pour vivre, alors qu'il en faut 200 en système conventionnel».

À l'autre bout de la chaîne, les bouchers traditionnels, qui représentent 15% des volumes de viande bio écoulée chaque année en France, sont également satisfaits. «Je vends mes côtes de bœuf bio 10 à 12% plus cher qu'une côte de bœuf conventionnelle, mon steak haché 25% de plus et mon porc de 20 à 30% de plus, suivant les parties», indique Michel Vaidie, artisan boucher à la Dandelion dans le marché couvert des Batignolles. Un commerce 100% bio.

Une aubaine qui n'a pas échappé aux grandes et moyennes surfaces, qui assurent 51% des volumes de viande bio vendus en France, contre 16% aux magasins spécialisés du réseau bio.

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Plus d'info : le figaro.fr

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