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VIDEO. Boeing 737 MAX : ce qui pourrait être à l'origine des accidents

Après le crash en Ethiopie le 10 mars 2019, qui a fait 157 morts, le numéro un mondial de l’aviation se retrouve au cœur d’une tourmente planétaire. Et tout particulièrement le dernier-né de ses 737, le Boeing 737 MAX. Ce même modèle est impliqué dans le crash d'un vol de la compagnie Lion Air, en octobre 2018. C'est l'appareil le plus vendu au monde. Conçu pour être plus rentable, il consomme moins de carburant. Plus grands, ses réacteurs sont plus lourds. Ils ont été légèrement déplacés vers l'avant de l'appareil, ce qui modifie son centre de gravité. Pour le stabiliser et éviter les risques de décrochage, Boeing a installé un dispositif automatique appelé MCAS. Un système qui "prend le dessus sur le pilote"... Pour cet expert en sécurité aérienne interrogé par "Complément d'enquête", ce nouveau système "qui prend le dessus sur le pilote pour essayer de le protéger" pose question. Il peut surprendre les pilotes pendant leurs manœuvres, notamment au décollage. "Le problème, c'est que ce système n'est basé que sur une seule sonde, explique Xavier Tytelman. Et quand il se trompe, il considère que cette sonde est la bonne puisqu'il n'a pas d'autre référence, et il va, par erreur, commencer à se mettre progressivement en descente alors que ce n'était pas nécessaire." ... et peut mettre l'avion en piqué par erreur C'est exactement ce qui s'est passé à bord du vol Lion Air, le 29 octobre 2018. Moins de deux minutes après le décollage de Jakarta, les pilotes signalent un premier problème. L'avion perd de l'altitude, ils n'arrivent pas à le maîtriser. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que le système MCAS, renseigné par une sonde défectueuse, vient de se déclencher automatiquement. Il oblige l'avion à descendre. C'est le début d'une lutte entre les pilotes et la machine, renseignée par la courbe d'altitude. Elle va durer plus de dix minutes. Boeing n'aurait pas informé ses pilotes de l'existence de ce nouveau système Que pouvaient faire les pilotes ? Dans le cockpit, reconstitué grâce à un simulateur dans cet extrait, l'instrument qui leur permet de stabiliser l'avion manuellement, c'est une roue. Mais à partir du moment où le système MCAS s'active, impossible de l'arrêter. Les pilotes peuvent tirer sur leur manche, tenter de compenser le mouvement de la roue... "immanquablement, le système remet l'avion en descente. La roue recommence à rouler et à mettre l'avion en piqué", explique Xavier Tytelman. Après douze minutes de vol, le Boeing 737 MAX de la compagnie Lion Air se crashe dans l'océan. Mais pourquoi des pilotes expérimentés n'ont-ils pas été capables de désactiver ce système MCAS ? Selon Xavier Tytelman, ils n'étaient tout simplement... pas au courant de son existence. Extrait de "Boeing : descente aux enfers", un reportage à voir dans "Complément d'enquête" le 21 mars 2019.

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