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Au Venezuela, des bougies contre Maduro

Logo de ParisMatch Par Clémentine Rebillat Par ParisMatch | Diapositive 1 sur 11: Une veillée aux chandelles a eu lieu mercredi à Caracas, au Venezuela.

Alors que les manifestations contre le gouvernement se poursuivent au Venezuela, des milliers de personnes se sont réunies mercredi soir pour une veillée aux chandelles.

Voilà plus de six semaines que les manifestations au Venezuela ont débuté. De jour comme de nuit, les millions d’opposants à la politique du président Nicolas Maduro se réunissent afin de demander du changement. Depuis le début du mouvement, 43 personnes ont été tuées, dont un adolescent de 15 ans, qui a trouvé la mort mercredi. A la lueur de bougies, lampes de poche et smartphones, des milliers d'opposants se sont réunis dans la soirée à Caracas, en mémoire de ces trop nombreuses victimes. Selon l'ONG Foro Penal, 159 manifestants arrêtés ont été incarcérés sur décision de tribunaux militaires, procédé pourtant interdit par la Constitution.

La colère populaire est alimentée par la profonde crise économique et sociale dans le pays pétrolier, ruiné par la chute des cours du brut et frappé par une forte pénurie d'aliments et médicaments, l'inflation la plus élevée au monde et une criminalité devenue incontrôlable. Déterminée à obtenir le départ du président via des élections générales anticipées, l'opposition, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, ne faiblit pas et mobilise chaque jour des milliers de personnes.

Une "campagne de persécution"

Mais Nicolas Maduro accuse les Etats-Unis de soutenir l'opposition pour mener un coup d'Etat au Venezuela, dénonçant une "campagne de persécution". "Nous sommes les nouveaux juifs du XXIe siècle", a lancé le chef de l'Etat, dont sept concitoyens sur 10 souhaitent le départ avant la fin de son mandat en décembre 2018. Mercredi, le président vénézuélien a commencé à envoyer 2.600 militaires dans l'Etat de Tachira (ouest), après des pillages et des attaques. La veille, le chef de l'Etat avait une nouvelle fois prolongé l'état d'urgence économique, en vigueur depuis janvier 2016, qui lui permet de restreindre les "garanties" constitutionnelles et de prendre des mesures spéciales d'"ordre social, économique, politique et juridique".

L'opposition appelle encore à manifester jeudi, en direction du ministère de l'Intérieur à Caracas, puis à des défilés dans tout le pays samedi. La dégradation de la situation au Venezuela continue d'inquiéter la communauté internationale. Mercredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a abordé le sujet pour la première fois, à la demande de Washington. Durant la réunion, les Etats-Unis ont mis en garde les Nations unies contre le risque que cette crise ne dégénère en un conflit d'envergure, similaire à la situation en Syrie ou au Soudan du Sud.

© Marco Bello/Reuters

Plus d'infos : Parismatch

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