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Face à la grève, LREM dégaine la carte RN

logo de Liberation Liberation 02/12/2019 Sylvain Chazot
Marine Le Pen et Emmanuel Macron, à l'Elysée, en novembre 2017. © LUDOVIC MARIN Marine Le Pen et Emmanuel Macron, à l'Elysée, en novembre 2017.

La majorité a pris l'habitude d'évoquer le parti de Marine Le Pen pour se sortir de toute difficulté politique.

La majorité a une botte secrète pour décrédibiliser tout mouvement qui aurait l’outrecuidance d’aller à son encontre. Cette botte secrète, c’est le RN (ex-FN). Illustration hier avec Stanislas Guerini qui, sur France 3, a fait usage de ce joli RN ex machina pour s’en prendre à la mobilisation du 5 décembre contre la réforme des retraites. «C’est quand même historique ce qu’il se passe : le Rassemblement national sera aux côtés du Parti socialiste pour manifester. On voit bien qu’il y a une volonté de faire converger toutes les colères, d’attiser tout ce qui va mal», a lancé le chef de LREM.

Un raccourci extrêmement pratique réalisé par un professionnel et que se plaît à imiter dès ce matin Gérald Darmanin, dans le Figaro. «Je note que c’est la première fois de l’Histoire que le RN et le PS manifesteront côte à côte», explique le ministre de l’Action et des Comptes publics.

Goulard et Benalla

Mais cette tactique des gens d’En marche n’est pas neuve. Il y a deux mois, la majorité l’avait déjà utilisée pour défendre Sylvie Goulard, tout juste recalée de la Commission européenne après ses auditions. «Deux députés de la droite républicaine, François-Xavier Bellamy et Geoffroy Didier, ont eu les mêmes mots que les députés RN qui posaient des questions à Sylvie Goulard. Ça veut dire que la dérive que l’on voit en France, de ce rapprochement avec l’extrême droite, ces deux tiers des militants LR qui sont prêts à des accords avec le FN, cette dérive arrive au Parlement européen», avait tancé la secrétaire d’Etat Amélie de Montchalin sur CNews.

Et ce n’est pas fini. Comment le député LREM Sylvain Maillard avait-il tenté de dénigrer l’action de l’opposition, en juillet 2018, en pleine affaire Benalla ? En évoquant une présumée alliance avec l’extrême droite évidemment. L’élu de Paris avait ainsi fustigé «l’union nauséabonde de La France insoumise et du FN», estimant que «les masques» tombaient. Le 1er septembre, un autre député LREM, Saïd Ahamada, avait accusé Danièle Obono (LFI) de s’être «affichée tout l’été» avec Marine Le Pen. Ils faisaient référence à une supposée invitation de l’Insoumise à la présidente du RN – supposée car très vite démontée. Mais cela avait échappé à nos adorateurs du RN ex machina, ou comment l’évocation du parti d’extrême droite sert de munition contre toute opposition à l’action du gouvernement.

(Extrait de Chez Pol, notre newsletter politique quotidienne réservée aux abonnés)



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