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Macron sur le chemin du mea culpa

logo de Liberation Liberation 15/11/2018 Alain Auffray

Sur TF1, le chef de l'Etat a regretté «le divorce» entre le peuple et ses dirigeants tout en soulignant qu'il n'est pas lié à sa personne

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C’est un élan d’autocrique dont il n’est guère familier. Mercredi soir, Emmanuel Macron a expliqué qu’il s’en voulait de ne pas avoir «réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants». Interrogé au 20h de TF1 sur «la colère des Français» à l’approche des mobilisations du 17 novembre, le chef de l’Etat a ajouté qu’il n’avait «sans doute» pas porté à ses concitoyens toute «la considération» qu’ils méritaient. Ce divorce entre le peuple et ses dirigeants, Macron promet de le combattre en allant «au plus près du terrain» pour «entendre les Français». Il demande à ses ministres de faire de même, en «s’exposant davantage», en «se confrontant au terrain beaucoup plus».

Photo de l'interview d'Emmanuel Macron à bord du Charles de Gaulle diffusée par TF1, le 14 novembre 2018 au large de Toulon © Handout Photo de l'interview d'Emmanuel Macron à bord du Charles de Gaulle diffusée par TF1, le 14 novembre 2018 au large de Toulon

Encalminé dans les sondages, Emmanuel Macron tente de faire valoir que ce divorce ne tient pas à sa personne car il peut être observé «dans toutes les démocraties occidentales». Concernant la France, cela relève de l’évidence, note Frédéric Dabi, directeur général du département opinion de l’Ifop. Les enquêtes qualitatives mettent en évidence un rejet général «qui révèle non pas du "tous pourris" mais du "tous impuissants"». Valable depuis Jacques Chirac jusqu’à François Hollande, ce constat a donc rattrapé Emmanuel Macron. C’est ainsi, selon le sondeur, qu’il faut comprendre les étonnants résultats de l’enquête IFOP publiée le 31 octobre par Ouest-France : 59 % des Français en sont à se dire qu’il faudrait que la direction du pays soit confiée à des experts et non à des élus pour mettre en œuvre les réformes nécessaires.

Pire encore, ils seraient 41% à souhaiter confier cette tâche à «un pouvoir politique autoritaire, quitte à alléger les mécanismes de contrôle démocratique». Le président LR du sénat, Gérard Larcher a estimé jeudi que la dégradation de la confiance entre les Français et le chef de l’Etat ouvrait la voie «à des tentations populistes». Mais selon lui, Macron en porte seul la responsabilité, notamment pas ce qu’il a négligé les collectivités territoriales: «le président de la République récolte ce qu’il a semé […] Il a voulu être dans une espèce de relation directe, sans les corps intermédiaires, ce qui le conduit à se confronter samedi à des gilets jaunes en direct», a conclu Larcher.

Après avoir regretté le mois dernier d’avoir pu choquer avec son «parler-vrai» - qui lui a inspiré ses mémorables sorties sur «les Gaulois réfractaires» ou sur «pognon de dingue» englouti dans les aides sociales -, Macron n’a plus à la bouche que les mots «considération» et «respect», plusieurs fois repris mercredi sur le Charles-de-Gaulle. À peine revenu d’une longue semaine sur les chemins de la Première guerre mondiale, il s’est engagé à «aller au plus près du terrain», à «décider d’une manière différente», c’est-à-dire «pas tout à Paris». La semaine prochaine, le traditionnel Congrès des maires pourrait être une occasion de préciser cette promesse. S’il ne se rendra pas en personne à la Porte de Versailles, dépêchant le Premier ministre sur place, le chef de l’Etat a prévu de s’exprimer, à l’Elysée, devant près d’un millier d’élus locaux, dont beaucoup s’estiment particulièrement maltraités par l’exécutif.

AUSSI SUR MSN: Emmanuel Macron entend la colère des Français mais garde le cap des réformes

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