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Paris : un défilé littéraire contre la grossophobie

logo de Le ParisienLe Parisien 20/05/2019 Philippe Baverel

Six mannequins — non professionnels — ont participé ce dimanche au défilé littéraire contre la grossophobie. Des extraits du roman « La femme qui voit de l’autre côté du miroir » (Eyrolles, 2018), de la psychanalyste Catherine Grangeard et Daphnée Leportois, ont été lus pendant la manifestation.

Le Parisien: Paris, ce dimanche. Quelque 60 personnes ont assisté au défilé contre la grossophobie (VIe). De gauche à droite : Katel Donner, Gerrie Palacios, Vanessa Brindjonc. © LP/Ph.B. Paris, ce dimanche. Quelque 60 personnes ont assisté au défilé contre la grossophobie (VIe). De gauche à droite : Katel Donner, Gerrie Palacios, Vanessa Brindjonc.

Sans complexe, la carte de visite de Gerrie Palacios, outre son numéro de téléphone et son adresse Internet, mentionne sa taille et ses tour de poitrine, de taille et de hanche. Très souriante, cette trentenaire, professeur d’espagnol à l’IUT de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a participé ce dimanche au défilé littéraire de femmes en surpoids ou obèses organisé par l’association Cosmo plus à la librairie Tschann (125, boulevard du Montparnasse XIV2), connue pour son fonds de psychanalyse.

Des remarques dans la vie quotidienne

Visiblement à l’aise dans les vêtements de la créatrice Eline Coffi, fondatrice de la marque Insouciante (qui propose du prêt-à-porter grandes tailles, du 44 au 56), Gerrie ne cache pas qu’elle a connu la discrimination et les réflexions blessantes : « Non pas dans la vie professionnelle mais dans d’autres composantes du quotidien. Je me souviens de cette vendeuse d’une grande enseigne du boulevard Saint-Michel qui m’a lancé : Madame, ce n’est pas la peine. Ici, on s’arrête au 44 ».

Le mot grossophobie est entré dans le dictionnaire

A l’instar de Gerrie, six mannequins non professionnels ont pris part, devant une soixante de spectateurs, à ce défilé littéraire contre la grossophobie. Marraine de l’opération, Hélène Bidard (PCF), adjointe à la maire de Paris chargée de la lutte contre les discriminations, a appelé à « lever le tabou sur le sujet », tout en se félicitant que « le mot grossophobie soit entré dans le dictionnaire en 2018 car il est important de nommer les choses ». L’élue a souligné qu'« en France, une personne sur deux est concernée par le surpoids ».

Auteure avec Daphnée Leportois du livre « La femme qui voit de l’autre côté du miroir » (Eyrolles, 2018), la psychanalyste Catherine Grangeard a présenté son « roman consacré à la démarche d’une jeune femme qui veut résoudre un problème de poids. A ceux qui croient qu’il suffit de changer le physique, je réponds que c’est un leurre car le physique n’est que la pointe de l’iceberg ». C’est sur des extraits de l’ouvrage lus à plusieurs voix que les modèles ont défilé.

La résilience de ces femmes

Présidente de l’association Cosmo plus qu’elle a fondée avec sa sœur en 2010 et qui compte une cinquantaine d’adhérentes, Amandine Teteya, consultante en image, conclut : « Nous voulons réconcilier les maux et les mots. La femme de l’autre côté du miroir a parcouru un chemin salvateur pour s’accepter. Elle est entrée en résilience ». La résilience, c’est peut-être le secret de ces six modèles qui, pour ne pas répondre aux canons actuels de la beauté, n’en ont pas moins défilé, avec élégance et la tête haute, contre la grossophobie ce dimanche après-midi…

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