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Contenir le réchauffement sous les 1,5 degrés pourrait sauver l'Arctique

logo de L'Express L'Express 07/03/2017

Si le thermomètre gagnait 2 degrés, il libèrerait l'Arctique des glaces et la banquise n'aurait plus que 60% de chance de survie en été selon une nouvelle étude alarmante publiée lundi.

La température de l'air dans l'Arctique a atteint un record cette année depuis le début des relevés en 1900. © afp.com/Clement Sabourin La température de l'air dans l'Arctique a atteint un record cette année depuis le début des relevés en 1900.

L'Arctique peut-il être sauver? Une étude parue lundi dans la revue Nature Climate Change étudie différentes possibilités. Selon elle, limiter le réchauffement planétaire à une augmentation de 1,5 degrés par rapport au niveau de la Révolution industrielle permettrait de sauver la banquise estivale de l'Arctique. En revanche, si le thermomètre gagnait 2 degrés, la banquise n'aurait plus que 60% de chance de survie l'été, ajoutent les chercheurs, James Screen et Daniel Williamson, de l'Université d'Exeter, en Grande-Bretagne.

La communauté internationale s'est accordée, fin 2015 à Paris, à contenir le réchauffement, lié au boom des gaz à effet de serre, "bien en-deçà de 2 degrés", et à poursuivre "l'action menée pour le limiter à 1,5 degrés". "Si l'objectif de 1,5 degrés est tenu, cela pourra de manière certaine empêcher la région arctique de perdre toute sa glace l'été", soulignent les auteurs.

"L'objectif 2 degrés pourrait ne pas suffire"

La banquise serait en été d'environ 2,9 millions de km2. "En revanche, l'objectif 2 degrés pourrait bien ne pas suffire" et libérer l'Arctique des glaces, ajoutent-ils. La banquise tomberait alors à environ 1,2 million de km2, portions restant notamment dans le nord du Groenland et sur l'île d'Ellsmere.Pour leurs recherches, ces mathématiciens ont utilisé les statistiques de fonte et d'étendue de la banquise ces dix dernières années, couplées à des modèles de températures. La banquise est essentielle à la survie d'espèces. Cette surface blanche contribue aussi à freiner le réchauffement en renvoyant le rayonnement solaire vers l'espace, et empêche la chaleur de l'océan de tiédir l'air.

Les douze mois les plus chauds depuis 1900

Mais la tendance au recul est nette (avec un record de 3,41 millions de km2 de surface seulement en 2012). En année moyenne, ces derniers temps, les glaces arctiques couvrent environ 5 millions de km2 l'été et 14 millions l'hiver.En 2016 encore, la région a connu ses douze mois les plus chauds depuis le début des relevés en 1900, entraînant une fonte sans précédent et retardant la formation de glace à l'automne. Selon les scientifiques, si rien n'était fait pour ralentir le réchauffement, l'Arctique se retrouverait sans banquise d'été d'ici le milieu du siècle.

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