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Le 2 août, le jour où une seule Terre ne suffit plus à l'humanité

logo de Le Figaro Le Figaro 02/08/2017 Marc Cherki

L'humanité vit à crédit. Ce mercredi, elle aura épuisé les ressources naturelles produites en une année par la Terre.

figarofr: Vue aérienne d'une section de la forêt amazonienne déforestée pour y implanter des cultures. © Nacho Doce/REUTERS Vue aérienne d'une section de la forêt amazonienne déforestée pour y implanter des cultures.

Ce mercredi 2 août 2017, une seule planète ne suffit plus à subvenir aux consommations de la population mondiale. C'est le jour dit du «dépassement de la Terre». Celui où toutes les ressources naturelles renouvelables en une année ont été épuisées, qu'il s'agisse de la production des terres agricoles, des forêts et des ressources halieutiques. Il faut 1,7 Terre pour subvenir aux besoins de l'humanité, car les ressources naturelles sont consommées trop vite.

De plus, cette date est calculée en fonction de ce que les forêts et les océans peuvent absorber de gaz à effet de serre produits depuis le début de l'année par les activités humaines. «Après le jour du dépassement de la Terre, ils n'ont plus la capacité d'absorber le CO2 émis par l'humanité. De ce fait, l'acidification des océans augmente. De plus, les terres agricoles et les forêts se dégradent plus rapidement», précise Pierre Cannet, responsable du programme climat, énergie et villes durables au WWF France. Les gaz qui ne peuvent pas être absorbés augmentent la concentration de CO2 dans l'atmosphère et aggravent le réchauffement climatique.

Ce déficit écologique mondial provoque «déforestation, érosion des sols, appauvrissement de la biodiversité et accumulation du CO2 dans l'atmosphère», confirme le Global Footprint Network, le réseau international de recherche qui calcule tous les ans, depuis 1986, le jour où l'humanité commence à vivre à crédit. La date est de plus en précoce chaque année, sauf pendant les crises économiques mondiales, où les émissions mondiales de gaz à effet de serre reculent.

Même si, depuis trois ans, les émissions de CO2 diminuent au plan international, du fait du développement des énergies renouvelables et, surtout, d'une baisse des émissions liées aux centrales au charbon en Chine et aux États-Unis, le jour du dépassement évolue plus lentement, mais toujours dans le mauvais sens. Ce moment a même été calculé pour chaque pays, selon ses modes de consommation. Au Luxembourg, ce jour du dépassement est atteint dès le 17 février, aux États-Unis le 13 mars, en France le 3 mai et en Chine le 23 juin.

Mais la tendance peut être inversée. Afin de marquer les esprits et si possible faire évoluer les comportements, le Global Footprint Network a mis en ligne un questionnaire (en anglais) pour que chacun estime, au moyen d'un nouveau calculateur, sa propre empreinte écologique, selon ses déplacements, son mode de vie et sa consommation alimentaire.

Des solutions globales sont également préconisées. Le plus puissant levier est de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, qui contribuent à 60 % à l'empreinte écologique mondiale. Développer les énergies renouvelables en 2030 dans la consommation mondiale, comme le préconisent les Nations unies, permettrait de gagner près de 3 mois (89 jours) sur le jour du dépassement de la Terre. Une division par deux des déchets alimentaires dans le monde pourrait faire avancer la date de 11 jours. Emprunter des moyens de transport propres et collectifs au détriment de la voiture pourrait également aider à gagner 10 jours.

Enfin, favoriser l'égalité des sexes contribuerait à une hausse plus modérée de la population mondiale à 8,7 milliards d'habitants en 2050, au lieu des 9,7 milliards attendus par l'ONU. «Renforcer le pouvoir des femmes est essentiel pour le développement durable», notent les experts. L'égalité des sexes aurait un effet bénéfique de 30 jours!

Outre une prise de conscience individuelle, l'exercice du Global Footprint Network vise aussi à inciter au développement de politiques publiques en faveur du climat et de la transition écologique. En France, «il existe des impulsions fortes à long terme. Mais cela risque de coincer sur les actions à court terme. Quels moyens seront mobilisés en période de disette budgétaire? Qu'en sera-t-il des subventions pour la conversion des exploitations agricoles au bio?», s'interrogent des experts du WWF en France.

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