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Comment Renault compte enfin s’imposer en Chine

logo de Challenges Challenges 19/04/2017 Alain-Gabriel Verdevoye
Comment Renault compte enfin s’imposer en Chine © AFP Comment Renault compte enfin s’imposer en Chine

La firme au losange est arrivée la dernière en Chine. La production a démarré il y a un plus d’un an à peine. La marque vise au moins 60.000 unités cette année, ce qui reste infime. Elle prévoit de produire sur place le Captur, voire l’Espace, et un véhicule électrique à bas coûts.

«Nous allons au moins doubler nos ventes en 2017 par rapport aux 36.500 de 2016», affirme ce mercredi François Provost, le patron des activités chinoises de Renault, au salon de l’auto de Shanghai. Soit 70.000 unités au bas mot. Même si le taux de croissance impressionne, les chiffres demeurent infimes. Le constructeur français n’a pesé l’an passé que… 0,15% du marché chinois. La firme au losange n’a il est vrai réellement démarré la production qu’en mars 2016 à Wuhan. Arrivée dernière sur ce marché, elle a au premier trimestre déjà écoulé un peu plus de 20.000 unités, dont 12.600 Koleos et 7.600 Kadjar.

Le site flambant neuf «tourne en une équipe avec des samedis et des heures supplémentaires et nous passerons à deux en fin d’année», assure le dirigeant. Le site de 2.000 employés a des capacités de 150.000 unités annuelles. Pour un investissement un peu inférieur à un million d’euros.

Un créneau porteur de deux millions

Renault est heureusement sur un créneau porteur, celui des «SUV» de gamme moyenne, un segment qui «pèse deux millions d’unités en Chine, soit autant que tout le marché français», précise François Provost. Et, pour compléter sa gamme des deux «SUV» actuels, Renault «compte localiser ensuite le Captur», un petit véhicule faussement baroudeur sur la base de la Clio qui connaît déjà un énorme succès en Europe.

Le constructeur tricolore n’exclue pas de produire à terme l’Espace, qui sera d’abord importé de France. Enfin, Renault envisage une éventuelle production du petit véhicule à très bas coûts Kwid (à partir de 3.500 euros en Inde), sous une marque locale. La firme négocie aussi avec les autorités chinoises l’autorisation de fabriquer en Chine une berline de gamme moyenne supérieure de type Talisman.

Par ailleurs, Renault a beaucoup de projets dans les modèles électriques. Une nécessité en Chine, imposée par les pouvoirs publics. Le constructeur va assembler dès la fin de 2017 à Wuhan sa berline Fluence zéro émission, également sous une marque chinoise. Enfin, Carlos Ghosn, PDG de Renault et Nissan, a promis récemment un modèle électrique à bas coûts pour 8.000 dollars à horizon 2020. Gérard Detourbet, le père de la Kwid et responsable des véhicules à très bas coûts de l’Alliance Renault-Nissan, nous affirmait dernièrement qu’il faisait souvent le voyage en Chine dans ce but… Renault ne manque donc pas de projets.

Un très long parcours en vue

Mais la marque n’en est pas là. Balbutiante, elle doit aujourd’hui s’imposer à un public qui ne la connaît quasiment pas et étoffer un réseau encore cantonné aux très grandes villes. «Nous avons 150 concessionnaires et monterons à 200 fin 2017 et plus de 230 en 2018», indique François Provost. C’est encore peu «Si, d’ici à trois ans, Renault s’impose comme une marque crédible, ce sera une grosse étape», précise-t-il.

En tout cas, Renault dit merci à son allié japonais, l’une des marques les plus importantes dans le pays. L’ingénierie de l’usine, les dessous des Koleos et Kadjar - identiques à ceux du X Trail -, le tissu de fournisseurs et même le réseau des concessionnaires sont en effet d’origine nippone. En dépit de cette aide, la route sera longue.

Renault vise 3,5% du marché chinois à terme, soit un million d’unités, mais l’échéance n’a pas été précisée. Le site de Wuhan peut en tous cas produire jusqu’à 450.000 unités, nous avait affirmé Jacques Daniel, le directeur du projet Chine il y a deux ans.

Alain-Gabriel Verdevoye, à Shanghai

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