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Comment Toyota noue des liens avec Mazda, Suzuki, Subaru

logo de Challenges Challenges 05/08/2017 Alain-Gabriel Verdevoye
Toyota Prius rechargeable © Challenges - N. Meunier Toyota Prius rechargeable

Fort des plus gros bénéfices de l'automobile mondiale, Toyota annonce qu'il prend 5% de son compatriote Mazda. Il a déjà noué des alliances avec les autres constructeurs japonais Suzuki et Subaru. Pour contrebalancer notamment l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Le géant Toyota tisse sa toile sans grandes proclamations. Il est en train de prendre le contrôle - indirectement et avec des participations faibles - d'une bonne partie de l'industrie auto japonaise.  Contrairement aux annonces médiatiques de Carlos Ghosn, patron de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Akio Toyoda, le PDG discret de la firme (presque) éponyme, fait dans la discrétion. Après deux ans de discussions, Toyota annonce ainsi ce vendredi la reprise de 5% de Mazda.

En parallèle, les deux constructeurs vont établir une usine d'assemblage aux Etats-Unis pour 1,6 milliard de dollars (1,3 milliard d'euros), dans le cadre d'une nouvelle coentreprise. L'usine, qui devrait entrer en activité en 2021, sera capable de produire 300.000 véhicules par an et emploiera environ 4.000 salariés. Les deux groupes envisagent aussi un développement commun dans les voitures électriques. Mazda est très faible aux Etats-Unis. Lâché progressivement par son actionnaire de référence  Ford entre 2008 et 2010, c'est un "petit" constructeur de véhicules réputé pour leur technologie, leur design et leur qualité. Mazda a produit 1,58 millions d'unités l'an passé.

Partenariat stratégique avec Suzuki

Tout aussi discrètement, Toyota avait annoncé en février dernier un accord avec son autre compatriote Suzuki, pour "débuter les discussions concrètes" en vue d'une alliance. "Toyota et Suzuki sont convenus d'oeuvrer à la réalisation rapide d'un partenariat" dans les technologies environnementales, la sécurité et les technologies de l'information, ainsi que dans la fourniture de produits et composants, déclaraient alors les deux groupes. "Nous sommes au point de départ", soulignait Osamu Suzuki , le patriarche de la firme (également) éponyme, qui avait pris l'initiative de contacter Toyota à l'automne 2016. Le spécialiste nippon des petits véhicules a écoulé l'an passé 2,8 millions de véhicules.

Il est très bien implanté, historiquement, en Inde où sa coentreprise Maruti Suzuki est le numéro un du marché. C'est également un des plus gros producteurs de deux-roues mondiaux. Toyota, qui détient déjà des parts dans Fujy Heavy (Subaru), avait pris l'an dernier le contrôle total de l'autre spécialiste des mini-voitures nippon Daihatsu. Toyota participe à la consolidation du secteur dans l'archipel, face à l'autre géant, l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, et Honda qui demeure indépendant.

Les plus gros profits mondiaux

La firme japonaise annonce aussi ce jour de nouvelles prévisions de profits pour son exercice fiscal 2017-2018 (1er avril-31 mars). Toyota anticipe un résultat net de 1.750 milliards de yens (13,3 milliards d'euros, -4,4% par  rapport à 2016-2017) et un bénéfice d'exploitation de 1.850 milliards de yens (14 milliards d'euros) -7,2%). Après avoir affiché des bénéfices historiques jusqu'à 2015-2016, Toyota a pâti du raffermissement du yen, mais aussi de sa lourdeur bureaucratique. Il a commencé de revoir son organisation l'an dernier, afin d'y introduire davantage de souplesse, "mais cela faisait près de 80 ans que nous compartimentions les fonctions. (Les changements) ne peuvent pas produire d'effet immédiat", affirmait Akio Toyoda le 10 mai dernier.  

Toyota n'en reste pas moins le champion du monde des profits en valeur absolue dans l'automobile, avec l'an dernier un bénéfice d'exploitation double de celui de Volkswagen. La marge (7%) était toutefois inférieure à celle des spécialistes allemands du haut de gamme. Grâce à l'Asie, l'Amérique latine, l'Afrique et le Moyen-Orient, la firme nippone espère maintenir ses ventes sur l'exercice en cours autour de 10,25 millions d'unités,  grâce à l'ensemble de ses marques Toyota, Lexus (haut de gamme), Daihatsu et Hino (poids lourds). Toyota a été le champion du monde des ventes automobiles de 2008 à 2015 - à l'exception de l'année du tsunami en 2011.

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