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Valeo: les clés d'une réussite automobile tricolore

logo de Challenges Challenges il y a 5 jours Alain-Gabriel Verdevoye
© Valeo / Safran

Jacques Aschenbroich, PDG de l'équipementier auto tricolore, affiche une marge de 8,1% exceptionnelle pour 2016. Le spécialiste de la voiture intuitive et autonome ainsi que des réductions de CO2 est à la pointe de l'innovation et de l'internationalisation.

Mais où s'arrêtera-t-il? Jacques Aschenbroich a encore affiché ce jeudi 16 février des résultats financiers exceptionnels au titre de 2016. Le PDG du premier équipementier automobile français Valeo a annoncé une marge opérationnelle de 1,33 milliard d'euros l'an passé, en hausse de 20%, soit  8,1% (contre 7,7% l'an dernier) d'un chiffre d'affaires en progression de 14% à 16,5 milliards. Mais le chiffre le plus remarquable demeure la progression des commandes, qui généreront les ventes dans deux ou trois ans. Celles-ci ont crû de 17% à 23,6 milliards l'an dernier. Mieux, les produits innovants, c'est-à-dire ceux qui n'existaient pas il y a trois ans, représentent aujourd'hui 50% des commandes totales. C'était 37% un an plus tôt. Il est vrai que Valeo maintient des investissements de recherche et développement à un niveau élevé (5,8% du volume d'affaires).

Le bénéfice net part du groupe de Valeo a grimpé de 27% à 925 millions d'euros. Pour 2017, le PDG est optimiste: "Nous prévoyons une croissance du marché automobile de 1,5 à 2% dans le monde et nous visons une croissance de notre chiffre d'affaires supérieure de plus de cinq points à celle du marché". Il vise aussi une "légère croissance de la marge opérationnelle". En marge du denier Mondial de l'auto de Paris, début octobre, Valeo avait indiqué que son chiffre d'affaires pourrait dépasser son objectif de 20 milliards d'euros au terme du plan 2020 actuel et qu'il devrait atteindre le haut de la fourchette de 8 à 9% pour sa marge opérationnelle. Un nouveau plan à long terme très ambitieux devrait être présenté aux investisseurs à Londres le 28 février.

Deux métiers "high tech" de base

Groupe aux origines quasi-centenaires mais qui fut longtemps disparate avec ses onze branches et 135 divisions, Valeo s’est recentré fondamentalement sur "deux métiers de base: la voiture intuitive (aides à la conduite, véhicule autonome) et les baisses de CO2 et des émissions polluantes" de l’autre, explique Jacques Aschenbroich. La firme de la rue Bayen (près de la porte Maillot à Paris) est d'ores déjà "le numéro un mondial dans l’assistance à la conduite, devant les allemands", précise-t-il. Et, côté réductions de CO2, Valeo est leader du "Stop and Start" (arrêt et redémarrage automatique du moteur). Le groupe est aussi le numéro un du refroidissement des batteries lithium-ion pour véhicules hybrides par exemple. En attendant de l’être dans les toutes nouvelles technologies de l’électronique de puissance, qui permettent de transformer l’électricité en puissance. En plein au cœur des économies d’énergie!

Réservé, en bon Lyonnais, austère dans ses costumes gris, le verbe mesuré, Jacques Aschenbroich, 62 ans, n'a rien du patron médiatique que les caméras suivent à travers le monde. Même la société qu'il préside, le fabricant de composants pour véhicules Valeo, parle peu aux automobilistes. Un comble alors que leur voiture intègre de nombreux systèmes sophistiqués produits par l'équipementier! Dans cette route vers le succès, l'ingénieur s'est laissé guider par deux intimes convictions : l'industrie automobile devait intégrer la lutte contre le réchauffement climatique; l'assistance à la conduite n'était pas un gadget marketing pour doper le catalogue d'options. "Du coup, nous sommes à présent dans les métiers de l'automobile à plus forte croissance, souligne sans fausse modestie le PDG de Valeo. Il y a une exigence mondiale de réduction des émissions des véhicules, d'une part. D'autre part, la population est de plus en plus urbaine, se retrouve donc coincée dans des embouteillages et, pendant ces longues heures, veut rester connectée".

Quel rapport entre les deux réalités ? C'est simple, explique Guillaume Devauchelle, directeur de la recherche et du développement: "il faut des voitures intuitives qui sachent demain circuler seules dans les bouchons tout en utilisant moins d'énergie, et polluant moins".Une voiture classique gaspille beaucoup d'énergie en ville. Une voiture autonome pourrait décélérer bien avant un feu tricolore, calculer la vitesse pour passer juste au moment où le feu se mettra au vert. Avec de sérieuses économies d'énergie à la clé.

33 usines en Chine avec 18.000 personnes

Valeo ou l'histoire d'une réussite française. Innovation, croissance, mais aussi internationalisation, tel est le cocktail gagnant depuis que Jacques Aschenbroich a pris les rênes de l'équipementier en 2009, comme directeur général avant d'en devenir PDG en février 2016. L'international est coeur de ses préoccupations. Les constructeurs allemands absorbent 30% des ventes de Valeo (hors pièces de rechange), devant les asiatiques (27%), les américains (22%) et... Renault ainsi que PSA (15%). Dans les prises de commandes, la Chine représente désormais à elle seule 28% du total, l'Amérique du nord 24%, l'Asie (hors Chine) 11%.

En Chine, Valeo a ouvert trois sites nouveaux l'an dernier, portant à 33 usines son outil industriel local. 18.000 personnes travaillent dans ce pays pour Valeo. Et les constructeurs proprement chinois représentent d'ores et déjà plus de 40% des commandes de l'équipementier dans l'ex-Empire du milieu. Avec Michelin ou Plastic Omnium, Valeo démontre la puissance intercontinentale des grands équipementiers hexagonaux.

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