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Jessica Chastain: "Moi, une star?"

logo de Paris Match Paris Match 13/01/2018 Paris Match
Jessica Chastain: "Moi, une star?" © Martin Schoeller / Art And Commerce/ABACA Jessica Chastain: "Moi, une star?"

Depuis « The Tree of Life », de Terrence Malik, la Californienne est une des stars les plus bankable. Dans « le Grand Jeu »,  Jessica Chastain incarne une organisatrice de parties de poker clandestin.

Un palace parisien, un entourage fiévreux. Et l’annonce de sa nomination – une de plus – aux Golden Globes pour son interprétation dans « Le grand jeu », d’Aaron Sorkin. L’entrée de Jessica Chastain, rousse flamboyante, enveloppée d’un pull-over encore plus rouge qu’elle, a tout de celle d’une star. Elle choisit un canapé et s’y recroqueville, remontant jusqu’en haut du menton un plaid moelleux dont elle extrait une main fragile, le temps d’un salut presque royal, puis réclame un thé brûlant. Elle se dit frigorifiée. Son sourire, pourtant, suffit à réchauffer l’atmosphère. Une arme mortelle qui neutralise tout risque de contestation.

« Moi, une star ?  se défend-elle. Ce n’est pas ce que je cherchais en choisissant le théâtre. Je voulais vivre d’autres vies et, surtout, les comprendre. Vous savez ce qu’on dit ? Qu’on ne peut pas juger quelqu’un tant qu’on n’a pas marché un kilomètre dans ses chaussures… » Alors, des chaussures, elle en a essayé beaucoup depuis dix ans. Et de toutes sortes : escarpins à semelles rouges, chaussures de randonnée, bottes…

« Etre acteur est le seul métier qui vous permet d’expérimenter les rêves, les peurs, les chagrins de chacun », nous confiait-elle déjà après son Golden Globe pour « Zero Dark Thirty ». Elle était alors l’enquêtrice de la CIA en charge de la traque de Ben Laden. Et ça lui ressemblait… Pas pour la lutte contre le terrorisme, mais pour le goût des indices, de l’interrogatoire : elle aborde ses rôles à la manière d’un détective. Il n’y a pas de limites à ses investigations : « De l’art à la politique, tout me nourrit. »

A force de si bien rentrer dans la tête des autres, on doit un peu perdre la sienne, non ? Sûrement pas ! « Apprendre sur les autres, c’est apprendre sur soi-même », proclame-t-elle. Voyez Molly Bloom… sa dernière conquête. Ex-championne de ski, elle se résout, après un accident, à devenir organisatrice de parties de poker. Mais sans renoncer à son honnêteté fondamentale. Encore du Jessica Chastain ? « Mon but, en tant que femme, a été d’accéder à l’intégrité. D’ailleurs, l’un de mes professeurs m’avait dit : “Si jamais tu mens dans la vie, cela se verra à l’écran.” » Alors plutôt se taire que raconter des histoires.

" J’ai commencé par le théâtre où le look n’est pas l’essentiel. je me rendais aux castings ébouriffée et pas maquillée ! "

La sienne, pourtant, a tous les ingrédients de la success story : un père musicien de rock, évanoui avant sa naissance, une mère à peine sortie de l’adolescence. « J’ai connu le manque d’argent et je sais que je pourrais vivre sans. L’argent n’a jamais été mon moteur. » Et un beau-père qui surgit pour sauver tout ce petit monde à la dérive. Mais le mal est fait. Les expulsions ? Elle sait ce que c’est. Et aussi les railleries à l’école, à cause de ses cheveux roux. Heureusement, il y a la grand-mère. Un prénom d’actrice : Marilyn, rousse elle aussi. Elle l’emmène au théâtre. La première fois, elle a 8 ans. La petite a trouvé sa voie. Grâce à une bourse, elle accédera à la prestigieuse Juilliard School de New York.

Jessica veut jouer, pas être célèbre. « J’ai commencé par le théâtre où le look n’est pas essentiel. Le jeu passe avant tout. Lorsque je me présentais à un casting, j’arrivais ébouriffée, pas maquillée et habillée n’importe comment. Difficile d’être retenue dans ces conditions », se souvient-elle. Sans regrets puisque c’est ainsi qu’elle a convaincu Al Pacino. Elle sera sa Salomé dans la pièce d’Oscar Wilde. Un premier rôle de femme fatale, « le contraire de ce que j’étais dans la vie… Un vrai choc pour moi ! Mais, après, mon téléphone n’a plus cessé de sonner ». Elle monte même les marches à Cannes, entre Brad Pitt et Sean Penn, pour « The Tree of Life », de Terrence Malick. Le film remporte la Palme d’or. Depuis, elle est une des actrices les plus réclamées de Hollywood, mais elle n’a rien renié de son passé. Ni Al Pacino, qui reste son ami, son confident et prend garde à toujours lui préparer ses menus végétariens quand il l’invite à dîner. Ni surtout sa mère et sa grand-mère, sans qui elle ne serait pas la femme qu’elle est devenue.

D’ailleurs, elles sont de tous ses voyages à l’étranger. Jessica Chastain n’en finit pas de vouloir réparer leurs souffrances. Ici naît sans doute ce goût de révolte impossible à apaiser. Après l’élection de Donald Trump, elle participait à la marche des femmes, selon elle la plus grande manifestation de toute l’histoire des Etats-Unis. Et lorsqu’en octobre l’affaire Weinstein éclate, elle monte au front. Une des premières à faire sonner sa voix haut et fort, rapportant comment le producteur a cherché à se servir d’elle pour prostituer sa meilleure amie. Il y a quelques semaines, elle réalisait encore, sous forme de clip, une parodie pour dénoncer le sexisme dont sont victimes les débutantes à Hollywood : « Imagine que tu es une petite pastille à la menthe qui garde un secret », fait-elle susurrer à un pseudo-directeur de casting. Le 7 janvier, pour la 75e cérémonie des Golden Globes, elle portait du noir en signe de protestation contre la culture du harcèlement sexuel au cinéma. Ce qui ne l’empêche pas de voir sa vie… en rose. Cet été, à Trévise, elle épousait l’aristocrate italien Gian Luca Passi de Preposulo, son amoureux depuis cinq ans. Le couple est installé à New York. « La vie culturelle y est beaucoup plus intense qu’à Los Angeles. »

Dans leur appartement flotte comme le fantôme d’un illustre prédécesseur, Leonard Bernstein, qui y a composé la musique de « West Side Story ». Au milieu du salon trône le juke-box. Le décor est dans l’esprit des années 1950, l’époque qui a toujours fait rêver Jessica. Son plus grand plaisir ? Donner pour ses amis de véritables dîners végan, mais à la française. C’est-à-dire qui durent, qui durent… « Tout un art de vivre, chez vous, nous dit-elle. Ces heures à table à refaire le monde, échanger des idées. »

Serait-il possible qu’un jour la femme engagée prenne le pas sur l’artiste ? Trop polie pour nous répondre « évidemment ! », elle avoue n’être pas sûre de rester comédienne toute sa vie. Elle aime trop le jardinage et la méditation. Des galères, elle est passée aux sommets. Ça ne l’empêche pas de garder les pieds sur terre. Avec ou sans talons. 

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