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À Paris, ce projet mêlera habitat social et logements à près de 20.000€/m²

logo de Le Figaro Le Figaro 15/04/2018 Jean-Bernard Litzler

EN IMAGES - Avec la Nouvelle Maison Saint-Charles, le promoteur Vinci Immobilier lance un programme mêlant projets sociaux, relogement des religieuses propriétaires des lieux et appartements de très grand luxe. Visite de début de chantier.

immobilier: Vue d’artiste du futur programme depuis la première cour intérieure. © Vinci immobilier Vue d’artiste du futur programme depuis la première cour intérieure.

À Paris, le terrain constructible est tellement rare et précieux qu‘il faut parfois développer des trésors d’ingéniosité pour s’emparer des opportunités qui se présentent. À côté des terrains de la SNCF, de la RATP ou des hôpitaux, les emprises appartenant à des congrégations religieuses figurent parmi les quelques parcelles où l’on peut encore envisager des travaux de reconfiguration dans la capitale. C’est le cas au 310, rue de Vaugirard, dans le 15e arrondissement de Paris où les sœurs de charité dominicaines de la Présentation possèdent depuis 1872 un terrain de près de 6000 m².

Sur ce site baptisé la Maison Saint-Charles, véritable havre de paix de ce quartier animé qu’est Convention, avaient été installés un orphelinat après les grandes épidémies puis une école primaire et son internat, et jusqu’à tout récemment, c’est là que vivaient encore 27 sœurs dominicaines de la Charité. «Elles étaient très âgées, 85 ans en moyenne et les lieux étaient devenus très vétustes, malgré quelques travaux que nous avions faits», explique Véronique Margron, responsable pour la France de cette congrégation de sœurs. Il a donc fallu trouver une solution qui permettrait de conserver ce site avec «sa très grande valeur humaine et symbolique» tout en «ouvrant une nouvelle page avec d’autres partenaires», selon l’expression de Véronique Margron.

Tout sera démoli sauf la chapelle

C’est ainsi que les sœurs se sont rapprochées de l’association Habitat&Humanisme dont elles connaissaient bien le fondateur, le père Bernard Devert, et l’action en faveur du logement et de l’insertion des personnes en difficulté. Au terme d’une «aventure humaine» et d’une «rencontre improbable» avec le promoteur Vinci immobilier, s’est construite une surprenante opération mixte. L’ensemble du site doit être démoli à l’exception de la chapelle et d’une série d’arbres remarquables.

Sur une moitié de la parcelle qui reste propriété des Sœurs, on trouvera à l’été 2020, la nouvelle Maison Saint-Charles conçue par H2O Architectes. L’endroit comptera 45 logements sociaux dont 20 réservés aux sœurs, 10 pour des familles monoparentales et 15 pour de jeunes travailleurs et des étudiants. Par ailleurs, deux appartements partagés seront configurés pour une colocation intergénérationnelle et 15 chambres d’hôtes sont prévues pour un accueil à la nuit (pour un tarif «raisonnable» mais pas social, autour de 80 euros la nuit).

Au rez-de-chaussée seront installés les locaux communs à la congrégation et à la maison intergénérationnelle (cuisines, salles à manger, laverie, bibliothèque...). Quant à la chapelle, une fois rénovée, elle sera séparée sur deux niveaux: celui du bas accueillant 4 salles de réunion (après création de nouvelles baies vitrées) à usage des associations partenaires et des riverains tandis que le niveau haut (à partir des vitraux) conservera son rôle de chapelle. Il sera même accessible de plain-pied par les sœurs. Cette première série de bâtiments sera gérée par le bailleur social France habitation et leur propriété reviendra à la congrégation à l’issue d’un bail à construire de 42 ans.

Des 3 pièces de 100 m²

Quant à la seconde partie du terrain, celle qui finance toute l’opération, elle est destinée à un avenir radicalement différent et bien moins social. La parcelle a été vendue par les sœurs à un prix «conséquent» (on n’en saura pas plus) pour y installer un programme très haut de gamme. Afin d’éviter de s’enliser dans d’interminables procédures avec le voisinage, Vinci immobilier a accepté de réviser sa copie en réduisant la surface des logements en accession libre de près de 40%.

Au total, la résidence baptisée «Hors du Temps», dessinée par l’architecte Marie-Odile Foucras ne comptera que 37 logements familiaux pour près de 4000 m² habitables. Des logements très spacieux, Vinci évoquant des 3 pièces de 100 m² et des 5 pièces jusqu’à 203 m², et évidemment très coûteux. Les tarifs annoncés par le promoteur s’étalent de 14.000 à 19.000 euros le mètre carré, sans compter les parkings à 45.000 euros pièce. Et comment la cohabitation entre ces deux mondes va-t-elle s’articuler? Tout en soulignant que les acheteurs potentiels s’intéressent à la vocation sociale du lieu tout a été fait pour cloisonner ces deux univers: avec deux entrées spécifiques l’une au 310, rue de Vaugirard, l’autre au 312 pour la résidence «Hors du Temps», bénéficiant également d’un accès piéton exclusif, côté rue Blomet. Les deux cours sont bien distinctes et entretiennent simplement une «porosité visuelle» comme l’expliquent avec pudeur les architectes. Toujours est-il que c’est sans doute là la seule façon de mener à bien ce genre de projet ambitieux, une «opération exemplaire» selon les termes d’Olivier de la Roussière, président de Vinci immobilier.

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