En utilisant ce service et le contenu associé, vous acceptez l’utilisation des cookies à des fins d’analyse, de publicités et de contenus personnalisés.
Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Fnac Darty: le grand retour de Jacques Veyrat

logo de Challenges Challenges 17/07/2017 Nicolas Stiel

Ce proche de l’ancien PDG Alexandre Bompard, va prendre la présidence non exécutive du conseil aux côtés de l’Espagnol Enrique Martinez, actuel directeur Europe du Nord qui devient directeur général.

Jacques Veyrat © Fournis par www.challenges.fr Jacques Veyrat

Son nom fut évoqué pour la présidence de France Télécom, EDF, Veolia. Finalement, c’est Fnac Darty qui échoit à Jacques Veyrat. Déjà administrateur de l’enseigne, ce fils de cardiologue, proche de l’ancien PDG Alexandre Bompard, va prendre la présidence non exécutive du conseil aux côtés de l’Espagnol Enrique Martinez, actuel directeur Europe du Nord qui devient directeur général. Cette nomination marque le retour de l’ancien bras droit de feu Robert Louis-Dreyfus au sein d’un grand groupe français. Après le décès de son mentor en 2009, Jacques Veyrat pensait reprendre les rênes du géant du négoce et du transport maritime. Il apparaissait alors comme le dauphin naturel. C’est lui qui fut à l’origine de la fantastique aventure du groupe Louis-Dreyfus dans les télécoms avec LD Com qui au fil d’une quinzaine d’acquisitions deviendra Neuf Cegetel avant de se vendre à SFR en 2007 pour 8 milliards d’euros. Diplômé de Polytechnique dans la même promotion que Patrick Pouyanné, PDG de Total, et de Patrick Drahi, patron d’Altice, célébré par le ban et l’arrière ban de la place de Paris, Veyrat, proche d’Alain Minc, est alors au faîte de sa puissance. Mais la Roche Tarpéiène est proche du Capitole...  Le petit génie à la chevelure ébouriffée avait oublié un petit détail de trois lettres : MLD. MLD comme Margarita Louis-Dreyfus. D’aucuns pensaient que la veuve de Robert serait une potiche facile à manipuler. Grave erreur. L’ancienne hôtesse de l’air se révélera une adversaire extrêmement coriace. Et en 2011, l’impossible se produit, la « tsarine » triomphe et l’« ami de la famille » est débarqué.

Investissement à contre cycle

Jacques Veyrat part avec un portefeuille d’environ 350 millions d’euros, via notamment des participations dans l’électricien Direct Energie et le fournisseur de renouvelables Neoen. Il crée sa société d’investissement Impala avec l’ambition de profiter de la dérégulation du secteur de l’énergie pour reproduire ce qu’il a fait dans les télécoms. Son but: devenir le Free de l’énergie. Une gageure, car le marché des électrons n’est pas au même niveau de maturité que celui des télécoms. « L’innovation est pour le moment moins forte, mais il y a une histoire à écrire », nous disait-il au mois de mai. Les débuts sont difficiles. Mais grâce à la fin des tarifs réglementés, effective depuis le 1er janvier 2016, et la chute des prix du marché de gros, le marché s’éclaircit. C’est le moment que choisit Jacques Veyrat pour passer la surmultipliée. Profitant des surcapacités de production, Direct Energie rachète une centrale à gaz dans l’Allier au prix imbattable de 44 millions d’euros, soit près de dix fois moins que l’ancien propriétaire. Cet opportunisme est la marque de fabrique de Jacques Veyrat. Il recourra à la même démarche avec Neoen. Il y a deux ans, il se lance en Australie alors que le pays a tourné le dos aux renouvelables. Il rachète des actifs à bas prix cassés. Cet investissement à contre cycle se révèle aujourd’hui fructueux, car Canberra a changé de politique. Son nouveau premier ministre soutient à fond l’éolien et le solaire. Et l’Australie est désormais le premier pays de Neoen et ses actifs ont pris de la valeur.

Aujourd’hui, l’ex enfant terrible des télécoms ajoute une corde à son arc. Que va-t-il faire à Fnac Darty? Certains pensent qu’il est là pour favoriser une vente de l’enseigne à Carrefour qui sera dirigée à la rentrée par son ami Alexandre Bompard. Va-t-il lui-même racheter des titres Fnac Darty? Avec Impala, Jacques Veyrat veut devenir « l’actionnaire de référence de quatre à cinq entreprises.» Direct Energie qui vaut 2,2 milliards d’euros en Bourse et vise 4 millions de clients d’ici à 2020 est déjà une belle histoire. Neoen qui sera introduite en Bourse l’an prochain pourrait aussi devenir un grand du secteur. L’an dernier, Jacques Veyrat s’était intéressé à Morpho, l’ancienne filiale biométrie de Safran. Mais c’est Oberthur qui l’a finalement emporté. Mais en s’impliquant dans le deal, il a montré qu’il était à nouveau à l’affût. Reste maintenant à saisir les opportunités. 

Publicité
Publicité

Plus d'infos : Challenges.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon