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La justice new-yorkaise attaque le studio Weinstein

logo de Le Figaro Le Figaro il y a 6 jours Pierre-Yves Dugua

VIDÉO - Le procureur de l'État de New York a assigné en justice l'entreprise fondée par Harvey Weinstein et son frère Robert pour ne pas avoir protégé ses employés face au harcèlement sexuel. Le rachat imminent du studio est suspendu et sa faillite possible.

figarofr: Selon la justice, Harvey Weinstein usait de son autorité à la tête du studio pour ordonner à ses employés de faciliter ses relations sexuelles avec des actrices. © YANN COATSALIOU/AFP Selon la justice, Harvey Weinstein usait de son autorité à la tête du studio pour ordonner à ses employés de faciliter ses relations sexuelles avec des actrices.

Le procureur de l'État de New York a engagé dimanche une procédure au civil contre la Weinstein Company et ses fondateurs, les frères Harvey et Bob Weinstein. Arguant de violations répétées des lois de l'État et de la ville de New York contre le harcèlement sexuel, la violence sexuelle et la discrimination, Eric T. Schneiderman, procureur élu de New York, bloque de fait le rachat du studio de cinéma et de télévision qui devait être conclu dans les prochaines heures. «Toute vente de la Weinstein Company doit garantir que les victimes seront dédommagées, que les employés à l'avenir seront protégés et que ni les responsables ni ceux qui les ont assistés ne se seront injustement enrichis», explique ce haut fonctionnaire démocrate de 63 ans, largement réélu en 2008.

Depuis la révélation en octobre dans la presse américaine de multiples exemples et témoignages de harcèlements sexuels pratiqués pendant des décennies par Harvey Weinstein, le petit studio new-yorkais glisse vers la faillite. Bob Weinstein, le frère de l'accusé, a tenté désespérément de garder une forme de contrôle de la société qui détient encore les droits de 277 films. 

Quatre mois d'enquête

La procédure intentée par le procureur vise délibérément à dissuader tout investisseur d'acquérir le studio indépendant, derrière la production de centaines de films dont «Le discours d'un roi», «L'artiste», «La dame de fer» et «Django unchained». Après plusieurs tentatives vaines, le conseil d'administration de la Weinstein Company s'apprêtait à ratifier la vente du studio pour 500 millions de dollars à un groupe d'investisseur mené par Maria Contreras-Sweet, ancienne responsable de l'administration Obama, sans expérience dans la production de cinéma. Un des investisseurs finançant son projet n'est autre que Ron Burkle, vieil ami californien des Weinstein, milliardaire notamment grâce à ses investissements dans des chaînes de supermarchés et financier du Parti démocrate.

Après quatre mois d'enquête et la récolte de témoignages d'employés passés et présents du studio, Eric Schneiderman et son équipe estiment que le rachat de l'entreprise risquait de récompenser certains responsables qui avaient fermé les yeux pendant des années sur les agissements de Harvey Weinstein. Ils jugent aussi que les droits de victimes ne seraient pas respectés si la vente avait lieu. 

Injection d'un médicament contre le dysfonctionnement érectile

L'avocat de Harvey Weinstein dément que son client ait violé la loi et maintient que ses multiples relations sexuelles avec ses employés ou actrices du studio étaient consentantes. Le procureur en revanche pense prouver que Harvey Weinstein usait de son autorité à la tête du studio pour ordonner à ses employés, sous peine de sanctions, de faciliter ses relations sexuelles avec des actrices, elles-mêmes dépendantes de son bon vouloir pour exercer leur métier. Celles qui se plaignaient auprès du département des ressources humaines du traitement que leur infligeait Harvey Weinstein étaient généralement ignorées. Dans au mois un cas, la plainte d'une victime a été rapidement envoyée par mail à Harvey Weinstein lui-même.

L'enquête a par exemple révélé que le puissant producteur avait demandé à deux collaboratrices de lui fournir un médicament injectable pour combattre le dysfonctionnement érectile. L'une d'entre elles a dû procéder elle-même à l'injection et reçut un bonus pour ce service.

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