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Les énormes gaffes d'un sénateur sur le bitcoin (et nos explications pour l'aider)

logo de Capital Capital 08/02/2018 Gregory RAYMOND
Les énormes gaffes d'un sénateur sur le bitcoin (et nos explications pour l'aider)t © Sénat Les énormes gaffes d'un sénateur sur le bitcoin (et nos explications pour l'aider)t

Alors que le Sénat organisait une table ronde sur le bitcoin, le sénateur Eric Bocquet s’est distingué en démontrant sa méconnaissance du sujet. Les acteurs du secteur redoutent la direction que prendra la régulation promise par le gouvernement.

Le Sénat a organisé mercredi 7 février une séance de tables rondes lors de laquelle plusieurs acteurs français de la blockchain et des cryptomonnaies ont pu présenter leur activité. Parmi eux, Gilles Fedak, cofondateur de l’entreprise iExec, Sandrine Lebeau, responsable de la conformité et du contrôle interne pour le courtier La Maison du Bitcoin et Simon Polrot, fondateur du site Ethereum France. Leur mission : donner des éléments de réponse aux sénateurs, alors que le gouvernement a lancé mi-janvier une mission en vue d’une future régulation.

Des représentants des autorités régulatrices (Trésor, Autorité des marchés financiers, Banque de France, Autorité de contrôle prudenciel et de résolution) ont également pris la parole, le plus souvent pour mettre en garde les parlementaires sur les risques de cette nouvelle économie. Le risque lié à la spéculation a occupé une part importante, notamment à cause de la forte chute des cours en janvier. Emmanuel Assouan, directrice des systèmes de paiement et des infrastructures de marché à la Banque de France, s’est montrée particulièrement hostile en remettant en cause l’utilité des cryptomonnaies (elle préfère le terme de “crypto-actifs” car la fonction de monnaie n’est pas remplie).

La table ronde, assez sportive dans sa seconde partie, a été marquée par l’intervention du sénateur communiste Eric Bocquet. Il a formulé une affirmation factuellement fausse, mais dont la teneur revient souvent dans les débats. Eric Bocquet a ensuite posé deux questions qui démontrent le manque de connaissance de certains parlementaires sur ce secteur. Nous proposons d'aider avec le maximum de pédagogie Eric Bocquet et tout ceux qui se posent les mêmes questions .

Eric Bocquet : “C’est une technologie cryptographique qui garantit l’anonymat”

On dit du bitcoin, à tort, qu’il permet de réaliser des transactions anonymes. C’est inexact car elles sont librement consultables sur la blockchain (le grand livre de compte en ligne). Mais vous n’y verrez aucun patronyme car les traces des transactions renvoient vers des adresses chiffrées reliées à des personnes physiques ou des entreprises. Un peu comme si vous laissiez trainer votre numéro de compte sur Internet. Sur ces adresses on trouve toutes sortes d’informations intéressantes : montant des transactions, destinataire des fonds, etc. Nous ne dirons donc pas du bitcoin qu’il est anonyme mais pseudonyme. Un expert pourra remonter les transactions. Le Monero, en revanche, est une cryptomonnaie qui offre un niveau de confidentialité très élevé. Vous pouvez en savoir plus sur celle-ci en cliquant ici.

Eric Bocquet : “Où la plateforme de gestion du bitcoin est-elle localisée ?”

Les transactions en bitcoins sont réalisées en ligne via un réseau. Ce réseau fonctionne de manière décentralisée grâce des dizaines de milliers d’ordinateurs à travers le monde. Pour fermer “la plateforme de gestion du bitcoin”, comme la décrit le sénateur, il faudrait débrancher simultanément ces ordinateurs.

Eric Bocquet : “Qui sont les actionnaires de Bitcoin ?”

Le bitcoin est un protocole informatique et non une entreprise. Se questionner sur ses actionnaires revient à demander qui sont les actionnaires d’Internet. On peut néanmoins s’interroger sur les personnes physiques ou morales qui ont le plus d’influence sur le réseau. Nous avons précédemment écrit un article sur le fait qu’environ 1.000 personnes détiendraient 40% des bitcoins en circulation. L’entreprise américaine Blocksteam pèse quant à elle très lourd dans le développement du protocole. De nombreuses personnes (notamment des partisans du Bitcoin Cash, une cryptomonnaie concurrente) critiquent son influence.


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