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Ouverture le dimanche: des pharmacies soulèvent le débat

logo de Challenges Challenges 21/04/2017 Delphine Dechaux

Ouvertes 24 heures sur 24, certaines pharmacies doivent fermer le dimanche pour respecter un arrêté préfectoral. L'Union des pharmacies 24/24 vient de se créer pour réclamer un statut à part, leur permettant d'ouvrir le dimanche. Elle se heurte aux syndicats, qui ne veulent pas d'exemption au système des gardes. 

Le débat sur l’ouverture le dimanche se propage aux pharmacies: chagrinées de ne pouvoir ouvrir le dimanche alors qu’elles le sont jour et nuit le reste de la semaine, une dizaine de ces grosses officines viennent de créer L’Union des pharmacies 24/24. Comme l’indique le nom de la nouvelle association, qui regroupe 13 pharmacies de taille importante, ces officines ont toutes pour particularité d’être ouvertes tous les jours de l’année, 24 heures sur 24. Et elles se mobilisent aujourd’hui pour obtenir des pouvoirs publics l’autorisation dérogatoire d’ouvrir le dimanche, en dehors du système des gardes.

Une pharmacie.: AFP © AFP AFP

Une carte de France hétérogène

La carte de France des pharmacies ouvertes le dimanche n’a rien d’homogène: dans certains départements, l’ouverture dominicale est interdite par un arrêté préfectoral, dans d’autres elle est tolérée. Certains arrêtés remontent aux années 1990, d’autres ont été adoptés très récemment, comme en Ile-de-France. Résultat: certaines pharmacies ouvertes 24h/24 se retrouvent dans des situations assez ubuesques: tenues de respecter la fermeture dominicale, elles baissent le rideau le dimanche à 8 heures après une nuit d’activité et le rouvrent à 20 heures. « Certains dimanches, deux cents personnes attendent devant notre porte la réouverture de l’officine », soupire François Ehrhart, titulaire de la pharmacie de la gare de Roissy-en-Brie, à l’initiative de ce mouvement. « Ces pharmacies, apporteraient une soupape aux pharmacies de garde désignées et un réel service aux usagers, médecins, commissariats », plaide la nouvelle association.

Ne pas perturber le système des gardes

Les arrêtés préfectoraux seraient-ils un signe de la tendance bien française à empiler les normes et les règlements? Dans le cas des pharmacies, le sujet est un peu plus compliqué que cela. Car l’ouverture du dimanche interfère avec le système très encadré des gardes: chaque dimanche de l’année, 1.200 pharmacies sont astreintes à une ouverture pour permettre à tout moment aux patients français de se faire délivrer une ordonnance. « Cela perturbe une obligation de santé publique », estime Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats des pharmacies d’officine (USPO), l’un des deux syndicats représentatifs chargés de gérer ces permanences sur tout le territoire. Les syndicats étaient donc montés au créneau pour demander aux préfets de réserver aux pharmacies de garde l'ouverture dominicale. Car dans certains départements, des abus avaient été constatés. « Certaines pharmacies ouvraient une partie du dimanche pour des raisons commerciales sans assurer la garde de la nuit. D’autres ne décidaient d’ouvrir que certains dimanches, quand cela les arrangeait. Les patients n’y comprenaient plus rien», explique Gilles Bonnefond. Un vrai sac de noeuds.

Que pense le syndicat de la revendication exposée par la toute jeune Union des pharmacies 24/24 ? La position de l’USPO est à la fois souple et ferme. « Nous ne sommes pas opposés à ce que ces pharmacies restent ouvertes le dimanche, mais à condition qu’elles s’intègrent dans le tour de garde ». Or, ce n’est pas tout à fait le souhait de ces dernières, qui souhaiteraient plutôt offrir un service « complémentaire » aux pharmacies de garde. Avec un argument économique: lorsqu’elles vendent des médicaments le dimanche, ces grosses pharmacies pratiquent les mêmes honoraires que les autres jours, contrairement aux pharmacies de garde, qui facturent à la Sécurité Sociale une majoration sur chaque ordonnance. « Pour ma pharmacie, je génère une économie de 250.000 euros par an pour la Sécurité sociale », calcule François Ehrhart. 

Un argument jugé fallacieux par le syndicat représentatif. « Ces pharmacies très commerciales ne sont pas complémentaires mais concurrentes des pharmacies de garde », tacle Gilles Bonnefond. Et de rappeler que les quelque 40 pharmacies ouvertes 24/24 ne pourront de toutes les façons se substituer à un réseau de 1.200 officines. En quel sens les autorités trancheront-elles?

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